BWEMBA BONG : QUAND L'AFRICAIN ETAIT L'OR NOIR DE L'EUROPE

Publié le par Munsa Nzinga Kandombe

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Au sortir du fracas des razzias négrières, ce génocide a laissé la place à des ruines où des siècles plus tôt, il y avait un peuple, il n’y avait plus désormais que des populations destructurées en peuplades. En effet, quand, en 1848, l’Europe déclama abolie la « Traite Négrière », le Peuple Noir n’était, depuis longtemps déjà, plus qu’une ombre ; il avait été exterminé pendant les quatre siècles des razzias négrières ; non pas physiquement comme le fut le Peuple Indien, par exemple, mais spirituellement ; car il avait perdu tant sa conscience historique que sa mémoire collective.

L’Afrique Noire elle-même n’était plus que le plus gigantesque centre psychiatrique de la planète, avec des unités de traumatologies lourdes tout aussi gigantesques. Aussi, où qu’ils se trouvassent désormais, les Noirs n’étaient plus que des coquilles vides ambulantes : des morts-vivants, des Zombies.

Ce génocide fait aujourd’hui du Peuple Noir, un Peuple amnésique et plus que malléable, dont les composantes se comportent comme étrangères et hostiles les unes aux autres, parce qu’ignorantes de leur Passé historique, conséquence de la rupture de leur Histoire pourtant commune dont les Racines s’enfoncent au plus profond de la Vallée du Nil, dans l’Egypte pharaonique. Comme l’a si bien noté Cheikh Anta DIOP : « La conscience historique, par le sentiment de cohésion qu’elle crée, constitue le rempart de sécurité culturelle le plus sûr et le plus solide pour un peuple. C’est la raison pour laquelle chaque peuple cherche seulement à bien connaître et à vivre sa véritable histoire, à transmettre la mémoire de celle-ci à ses descendants ».

Toute l’Histoire des razzias négrières transatlantiques tourne autour de cette réalité des rapports entre l’Europe d’hier, l’Occident d’aujourd’hui et l’Afrique Noire. C’est dire que la réponse qui en découle tout naturellement, éclaire de mille éclats de la Vérité, cette page tragique de l’histoire de l’Afrique et du Peuple Noirs. Ce génocide sur lequel, jusqu’alors, l’Occident s’est, par les diverses formes de terrorisme dont il l’art du secret et le secret de l’art, réservé le monopole de la narration. Un Droit de Regard exclusif par lequel il s’est institué Juge, Partie, Jury et au surplus Exécuteur testamentaire pour la partie du Peuple Noir qu’il a déportée pendant quatre siècles comme bêtes de somme, par l’une des terribles violences, pour son bien-être et son confort.




Il s’agit ici du premier volume d’une contribution majeure à la compréhension de l’Afrique d’aujourd’hui et de sa diaspora déportée.

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