D'un groupe à l'autre, notre monde est composé de diversités existetielles, religieuses. Qu'en pensez-vous?

Publié le par Munsa Mâga

9 Septembre 2009
Par: Ousmane Ndiaye

Ils passent d’un groupe à l’autre, dénouant la complexité des identités, refusant l’assignation identitaire pour s’inventer ou s’émanciper d’une société qui tient tant à ses cases. Portraits de destins improbables, au-delà des différences.

Kamissa Koné, musicienne, étudiante
Un Je d’alchimie

Femme dans un milieu macho. Noire au milieu des blancs. Gothique dans la culture hip-hop. Malienne en France. Française au Mali. Kamissa navigue entre ses différentes identités. Légère comme un papillon. En équilibre comme une funambule. Ne cédant rien. Assumant tout. « Je suis un être donc indissociable », sourit-elle.

A 24 ans, elle fuit les identités de groupes pesantes. Marre des caricatures du hip-hop, des diktats de la mode, marre des fiertés partout, la Parisienne (19e) se cherche une liberté en gothique. « C’est une contre-culture avec une grande liberté d’appropriation. Demain si je veux, je peux m’inventer une tenue africaine gothique. La culture gothique, c’est le non jugement », affirme-t-elle. Kamissa est inclassable comme sa musique…

www.myspace.com/lesjumellesfaceaface

Franck, président du Beit Haverim
Ecce Homo !

Homo. Juif. Immigré. « Je suis une combinaison de minorités mais aussi de fiertés et de forces, donc », déclare Franck. A 45 ans, il est président du Beit Haverim, le groupe gay et lesbien juif de France, une association fondée en 1977.

Originaire de Tunisie, Franck arrive à 17 ans en France. Brillantes études, brillante carrière. Après douze ans en couple hétéro, il décide d’assumer son homosexualité sans renier sa judaïté. « Etre juif, c’est d’abord une culture. Beaucoup de juifs ne respectent pas le shabbat ; sont-ils pour autant exclus du judaïsme ? », argumente-t-il. Depuis juin 2008, le Beit Haverim a une maison. Un lieu de convivialité et d’échanges. Elle décerne aussi un prix du mieux vivre-ensemble.

www.beit-haverim.com

Guershon Nduwa, Fraternité judéo-noire
Judaïque négritude !

« En France, depuis Napoléon, le juif est séfarade ou ashkénaze. Donc blanc. Nous, on n’existe pas. Où sommes-nous dans la communauté ? Nulle part ! » Guershon est un juif en errance. « Nous avons des difficultés pour entrer dans les synagogues. On nous demande de nous justifier… » Las d’être ignoré ou suspecté dans sa foi, Nduwa a décidé de fédérer 250 familles juives noires pour créer leur propre synagogue. « Nous aurons un rabbin noir et nous accepterons tout le monde. »

Congolais d’origine, né animiste, il découvre le judaïsme en allant étudier en Israël. Il apprend l’hébreu et se forme théologiquement… Alors, futur premier rabbin noir de France ? L’homme sourit…

www.fjn-fr

 

 

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Munsa Mâga

Publié dans Objectivité

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