Haïti:le maintient de l'agonie d'un Peuple

Publié le par Munsa Nzinga Kandombe

 

Rien n'a changé ou presque à Port-au-Prince, un an après le tremblement de terre dévastateur du 12 janvier 2010.


On ne saurait imaginer symbole plus tragique du malheur haïtien que le palais national, au coeur de Port-au-Prince. Frappé, à l'instar de centaines de bâtiments de la capitale, par le tremblement de terre du 12 janvier 2010, l'édifice d'inspiration Renaissance s'est partiellement affaissé, comme un soufflé trop cuit. Depuis, rien n'a changé. Un an plus tard, les pelouses qui entourent la résidence du chef de l'État sont toujours soigneusement entretenues, mais la ruine est restée telle quelle.

 

Où sont passés les 11 Milliards de dollars  promis par la Communauté internationale lors  de sa réunion de Mars 2010 à New York???

Selon des sources diplomatiques, 30 % de cette somme auraient été engagés. C’est peu, au regard de l’urgence de la situation un an après. C’est beaucoup, quand on constate les minces résultats auxquels cet argent a abouti. Pourquoi la reconstruction est-elle si lente ?
« Les bailleurs de fonds attendent le résultat de l’élection présidentielle », explique Bernice Robertson, senior analyst de l’organisation Crisis Group, en poste à Port-au-Prince. Ils préfèrent savoir qui dirigera le pays avant de mettre en place le gros des financements. Le deuxième tour est prévu pour la mi-janvier.

 

 

Etrange réponse. Attendrait-on la nomination d'un président choisi par les soins de l'Occident avant de débourser un seul centime?... Impression de déjà vu... Surtout lorsque l'on sait que c’est la Commission intérimaire de reconstruction, coprésidée par Bill Clinton et le Premier ministre haïtien Jean-Max Bellerive, qui doit décider de l’affectation de l’aide. Cet été, elle n’avait toujours pas fini de recruter son personnel!

La semaine dernière, une réunion était prévue à Port-au-Prince. Bill Clinton a préféré éviter le choléra savamment introduit par les Casques Bleus [1] et les troubles politiques. Il a déplacé l’assemblée en République dominicaine. Résultat : elle s’est tenue sans les représentants d’Haïti.

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Mi-Janvier nous y sommes. Pourtant, toujours rien... Et pour cause. Les experts de l'Organisation des Etats américains en Haïti, sur place depuis le 30 décembre 2010, n'auront pas rendu leurs conclusions avant le 16 janvier 2011, date prévue pour le deuxième tour des présidentielles, qui est donc reporté. Ils enquêtent sur le déroulement du scrutin du premier tour des présidentielles qui s'était déroulé le 28 novembre dernier, et recomptent les voix. Les résultats avaient suscité la controverse au moment de leur publication le 7 décembre 2010: de violents affrontements avaient alors éclaté dans les rues de la capitale Port-au-Prince. Un responsable du Conseil Electoral Provisoire (CEP) a déclaré que le second tour pourrait se tenir un mois après la publication des résultats définitifs du premier tour, en Février 2011.[2]

 

Et tout Port-au-Prince est à l'unisson : ravagé et laissé en l'état, comme si le séisme avait aussi arrêté le temps. On s'est contenté de ceinturer la cathédrale, ou ce qu'il en reste, de grillages. Les gravats des maisons qui se sont effondrées n'ont que rarement été déblayés. Les immeubles qui ont basculé sur leur base continuent à dresser leur silhouette de tour de Pise du pauvre en attendant la démolition, tout comme ceux qui, en apparence, sont intacts mais dont la structure irrémédiablement fragilisée ne résisterait pas à une nouvelle secousse et qui ont donc été désertés.

Un an sous une tente

 

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Les raisons évoquées pour justifier cet effarant attentisme sont multiples : désorganisation des services officiels, disparition des propriétaires ou destruction des documents administratifs dans la catastrophe, incapacité des habitants à assumer les frais de déblaiement, arrivée tardive des fonds promis par la communauté internationale etc. Sans oublier que La crise économique mondiale a «freiné la générosité». Par exemple, la France qui avait proposé de reconstruire le palais présidentiel, a fait machine arrière.

Et comme il ne saurait être question de reconstruire avant que les ruines soient évacuées, (l’enlèvement des décombres est évalué à plus de 50 dollars la tonne. Soit plus de deux milliards au total) les habitants de Port-au-Prince attendent depuis un an sous leur tente de fortune avec le fatalisme de ceux à qui on ne la fait plus.

Une partie de l’argent dépensé passe dans le fonctionnement. Les salaires versés par certaines grandes ONG sont parfois jugés « scandaleux ». Leur train de vie irrite d’ailleurs la population, lasse de les voir fréquenter les bons restaurants, rouler dans de coûteuses voitures et loger dans des maisons inaccessibles pour elle.


Selon l'organisation internationale pour les migrations (OIM) 810.000 personnes réparties dans quelque 1.100 camps vivent ainsi sous des bâches fournies par l'ONU ou des ONG. Jardins publics, parkings ; tous les espaces libres ont été mis à profit, à commencer par le Champ de Mars, la place principale qui fait face au palais national. Il faut imaginer, à Paris, la place de la Concorde, les jardins du Luxembourg, l'esplanade du Trocadéro, les bois de Boulogne et de Vincennes, saturés de campeurs malgré eux, pour imaginer ce que vivent depuis le début de l'année dernière ceux des habitants de Port-au-Prince qui ont perdu leur logement.

 

La communauté internationale et les autorités haïtiennes semblent miser sur un pourrissement de la situation dans le but de vider les camps. La commune de Pétion-Ville a mis en oeuvre un « plan de déguerpissement » : 15 000 gourdes (environ 300 €) à chaque famille qui accepte de quitter la place Saint-Pierre. La somme ne permet pas de se reloger, mais ceux qui refusaient ont quand même été contraints de s’en aller [3]


Survivre est un but en soi

Dans cette ville enfiévrée par la promiscuité, la chaleur, le manque d'hygiène et l'oisiveté, survivre est déjà un but en soi pour ceux qui ont tout perdu. Ils n'y parviennent bien souvent que grâce à l'aide internationale, l'État haïtien étant impuissant face à l'ampleur de la tâche. De la lutte contre le choléra à la scolarisation des enfants en passant pas la distribution de nourriture pour les plus démunis, les organisations humanitaires financent à peu près tout, mais leur action relève toujours du domaine de l'urgence. La plupart des experts sont d'ailleurs d'accord sur un point : il ne faut pas espérer un retour à un semblant de normalité avant au moins dix ans. Voilà qui arrage bien les affaires des grandes puissances nécrophages.

 

Pour couronner le tout les ONG internationales, décidément sur la sellette, travailleraient chacune de leur côté, sans concertation avec les autres. Faute de coordination, leur action est moins efficace.  

« Elles mettent au point un service, le délivrent, et après : débrouillez-vous avec ! », résume ce cadre d’une grande agence. « Elles occultent le tissu associatif haïtien, comme s’il n’existait pas », renchérit cet ecclésiastique français.



Et pendant ce temps-là, la guerre des âmes fait rage. Dans ce pays profondément religieux, où le catholicisme et le culte vaudou ont fini par cohabiter tant bien que mal, les églises évangéliques et méthodistes américaines se livrent à un prosélytisme effréné pour conquérir ce qui semble s'apparenter, à leurs yeux, à de nouvelles parts de marché. Succès garanti auprès d'un peuple qui ne sait plus à quel saint se vouer.

 

IL EST GRAND TEMPS QUE NOUS, AFRICAIN(E)S, PRENIONS NOS RESPONSABILITES AU NIVEAU CONTINENTAL AFIN DE NOUS DEBARRASSER UNE BONNE FOIS POUR TOUTES DU VAMPIRISME OCCIDENTAL.

 

SEUL UN RETOUR MASSIF, SAVAMMENT ORGANISE ET DEFINITIF DE LA DIASPORA MONDIALE EN AFRIQUE PERMETTRA LA MISE EN PLACE EFFECTIVE D'UN GOUVERNEMENT FEDERAL D'AFRIQUE NOIRE QUI, UNE FOIS OPERATIONEL, SERA EN MESURE DE CONTROLER TOUS SES TERRITOIRES ET DE CONTRER EFFICACEMENT TOUTE INFILTRATION QUELQU'EN SOIT LA NATURE.

 

KATHIOPA EST À UN TOURNANT MAJEUR DE SON HISTOIRE, IL EST DE NOTRE DEVOIR ABSOLU DE LA REBÂTIR ENSEMBLE AFIN QU'ELLE RETROUVE SA SOUVERAINETE, SA DIGNITE, SA LIBERTE.

 

 

 

[1] http://www.pawollapale.com/spip.php?article4259

[2] http://www.terrafemina.com/societe/international/articles/1934-haiti--le-deuxieme-tour-des-elections-presidentielles-reporte.html

[3] http://www.haiti-info.com/?Ou-sont-passes-les-milliards-de-l

 

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