Histoire millénaire des Africains En Asie

Publié le par Munsa Nzinga Kandombe

 


 

 

 

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            Le titre du livre est à lui seul le résumé de son contenu. Aucun savant, aucun peuple ne peut contester depuis la fin de ce deuxième millénaire après Jésus-Christ que les ancêtres originels de l’espèce humaine aient évolué d’abord en Afrique pour ensuite migrer par vagues successives vers l’est. Il y a deux ou trois ans, j’ai vu le magnifique film montrant les ancêtres primitifs, les Homo erectus, quitter l’Afrique pour aller coloniser d’abord le Moyen Orient, puis l’Europe et l’Asie. Runoko Rashidi confirme que ce chapitre ne souffre d’aucune contestation scientifique.

            Mais quand on aborde les époques plus modernes à partir de quelques millénaires avant Jésus-Christ, malgré bien souvent la concordance des constats, les conclusions diffèrent et parfois de manière très surprenantes. Il apparaît clairement que chaque fois que les Européens se trouvent devant des résultats de fouilles archéologiques qui leur révèlent que les habitants d’un lieu ne sont pas – de l’avis général – Aryens, ils concluent qu’il y a problème. Tous les éléments noirs ou négroïdes découverts ne suffisent pas à les convaincre du passé nègre du site. Non, se disent-ils, il est impossible que les Noirs d’Afrique soient à l’origine de quelque grandiose civilisation de l’Antiquité.

            Ce livre est à la fois le résultat des lectures des travaux d’éminents anthropologues, de travaux d’archéologues et aussi des recherches personnelles de l’auteur sur le terrain au Moyen Orient, en Afrique et en Asie. Un grand voyageur Runoko Rashidi ; et ce sont les voyages qui ont confirmé ses recherches.

            La première partie du livre donne les preuves de la présence des Noirs au Moyen Orient  depuis plusieurs siècles. Runoko Rashidi démontre que contrairement à l’idée selon laquelle les grandes migrations des Noirs hors de l’Afrique se sont faites sous le joug de l’esclavage, la présence africaine en Irak et en Iran par exemple étaient vieille de plus d’un millier d’années avant les fameuses révoltes des esclaves Noirs au VIII è sicle (ap. J-C) et leur règne de quinze ans sur le sud de l’Irak actuel. Histoire très connue que rapporte également Malek Shebel dans L’Esclavage en Terre d’Islam. Puis il nous présente les Têtes-Noires de l’antique Sumer, le pays biblique de Shinear en Mésopotamie florissant au troisième millénaire avant Jésus Christ que certains chercheurs nomment abusivement des Eurafricains. Là-dessus, je ne vous en dis pas plus. 

            Il y a dans ce livre des pages parfois troublantes comme la colonisation du Sud de l’Arabie par les éthiopiens qui étaient des chrétiens au début du premier millénaire ; ou encore la présence des Noirs dans le sud du japon longtemps avant son peuplement par des peuples venus du Nord.                                       

            Quant à la présence des Noirs en Asie du sud, les preuves abondent aussi bien en monuments qu’en présence de traces de Noirs aux traits négroïdes. Ce qui prouve que longtemps avant les Ethiopiens et les Egyptiens aux traits fins, il y avait des peuples noirs des forêts d’Afrique qui ont gagné tous ces lieux de la terre. Si la majorité des peuples d’Asie d’aujourd’hui adorent des Bouddhas aux traits moins négroïdes, c’est tout simplement parce qu’ils ont senti le besoin d’ériger d’autres monuments aux traits proches des leurs plutôt que ceux négroïdes qu’ils avaient trouvés. Les ruines d’Angkor dont l’auteur publie quelques photographies parlent d’elles-mêmes. Tout semble confirmer la thèse de nombreux chercheurs selon laquelle les Noirs seraient les premiers habitants de l’Asie.

            Je finis cet article sur un documentaire vu à la télévision française (Arte) le 8 novembre. Les fouilles de Méroé au Soudan, dirigées par une archéologue allemande ont révélé une civilisation aussi épanouie que celle de l’Egypte Ancienne. Des pyramides, des bas reliefs et des inscriptions hiéroglyphiques attestent des règnes de reines noires. Certains monuments rappellent même par leurs ornements

la Grèce

antique aux dires de chercheurs. Troublant !

            Nous entrons dans l’ère de la connaissance de la vraie Histoire des Noirs. Je termine avec cette recommandation du Dr. Chancellor Williams : « Les populations africaines de Palestine, d’Arabie et de Mésopotamie doivent être étudiées avec plus de minutie. Tout cela nécessite une nouvelle race d’érudits, une érudition dont la seule mission sera de découvrir la vérité, et qui ne devra pas frémir de terreur si cette vérité venait à se révéler contraire à ce que l’on préférerait croire. » (in Destruction of Black Civilisation ; citée par Runoko Rashidi, p.15).

Raphaël ADJOBI         

Titre : Histoire millénaire des Africains en Asie

Auteur : Runoko Rashidi

Edition : Monde Global

Collection essais / Histoire des Diasporas

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