Kwame-Nkrumah triomphera - par Nsaku Kimbembe

Publié le par Munsa Nzinga Kandombe

 

 samedi 10 juillet 2010, 07:57

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Les célébrations du Cinquantenaire des territoires émiettés ne nous intéressent pas, nous les disciples de Kwame-Nkrumah. Des Pères de l'Indépendance ont rêvé de l'unité de l'Afrique. Ils ont compris que l'unité était préférable à l'émiettement imposé aux peuples par les colons en 1884-1885. L'unité conduit à la puissance. Lorsque les états (s'ils existent ) s'unissent, ils deviennent puissants.

Des Pères de l'Indépendance ont lancé l'idée. Les pays d'Afrique doivent comprendre que le moment est venu de faire une unité plus vaste et plus large. La philosophie de la séparativité imposée par les barbares européens et qui règne encore en Afrique ne nous apporte que des malheurs. La base ; le peuple l'a compris. La Conférence de VUVA.MU à Kinshasa en témoigne. Le peuple comprend. L'élite politique croupit dans la peur. La peur de perdre le pouvoir et les privilèges. Chacun tâche de travailler uniquement pour lui-même et sa famille. Ces Africains jouissent du pouvoir pour le pouvoir. Cette tendance des élites politiques africaines créera éternellement des conflits ; car il y aura toujours les intérêts des uns et des autres qui seront lésés.


Comment faire pour arriver à convaincre les différents régimes du continent d'accepter de s'unir ? Tous les Africains vivront mieux : libres de voyager, de se rencontrer, de se réjouir, de créer. Les dirigeants politiques s'imaginent trop souvent que le destin d'un pays est entre leurs mains. Pendant un temps, ils peuvent avoir cette illusion. Mais cela ne dure pas. Ils deviennent des cauchemars publics et nationaux. Tous ceux qui ont cru que tout dépendait d'eux ont mal fini. Les tyrans finissent toujours mal. Les loges ne les en protègent pas aussi efficacement qu'on le croirait. Ils font tomber des têtes, et un jour, c'est la leur qui finit par tomber d'une façon ou d'une autre. Même les sociétés secrètes qui s'imaginent dominer le monde, elles n'y sont jamais arrivées. Beaucoup d'entre elles ont déjà disparu. Ce genre de sociétés installent leurs adeptes au pouvoir et chassent ceux qui leur sont hostiles. Les idées des Pères de l'Indépendance (de la ligne de Kwame-Nkrumah) n'ont jamais disparu ; même s'ils ont été piétinés (Kwame-Nkrumah, Modibo-Kéita, Ben-Bella, Nasser) et massacrés (Lumumba, Boganda). Leur projet était le salut de l'Afrique, sa libération et son bonheur ; et il se réalisera !


Il est monstrueux que des Africains se massacrent. Il est insensé qu'un Africain pointe son arme contre un autre Africain. Les Africains ne peuvent pas continuer à se détester, à se séparer et à se massacrer. Les frontières coloniales sont une ignominie (Bundu dia Kongo). Elles ne profitent qu'aux dirigeants politiques et serviteurs zélés des intérêts étrangers. Nous avons une même Mère : l'Afrique. Il n'est pas logique que des enfants d'une même mère se canardent et se séparent pour des religions qui ne sont pas les leurs (lions herbivores et lions carnivores). Un Noir qui tue un autre Noir pour enrichir un Blanc est une contradiction formidable ! L'Afrique demeure l'Afrique. Lorsque les Afro-américains reviendront sur leur terre ancestrale, qui seront-ils : des Congolais, des Sénégalais, des Maliens ? Ils seront Africains ; nous aussi, demeurons africains (Nkusu). Tout Noir doit se sentir fils et citoyen de l'Afrique. Exiger à un Afro-américain un visa d'entrée en terre africaine (sa terre) est une aberration. Sommes-nous obligés d'obéir au "maître" à ce point ? C'est tout simplement une honte. Honte aux gouvernants africains qui empêchent ces frères de rentrer chez eux. Ouvrir l'Afrique à tout Noir qui veut rentrer chez lui est une démarche salutaire et souhaitable. Certaines façons devoir les choses sont périmées.


Il y a 100 ans, un Français qui aurait osé préconiser une réconciliation avec l'Allemagne aurait été fusillé. Et vice versa. Aujourd'hui, c'est une idée acquise ; l'on parle désormais de couple franco-allemand. On ne fusille plus ni les Français, ni les Allemands. Pourquoi la suppression des frontières coloniales constituerait-elle un délit grave pour les Africains ? L'Afrique a besoin d'une unité plus vaste pour pouvoir échapper à tous les dangers politiques et économiques qui la guettent. Sinon, rien ne la sauvera. Kwame-Nkrumah avait raison. A sa suite, je suis fier de me sentir Africain de culture ou de sensibilité Kongo. Congolais ? ça ne me dit rien. Et pourquoi, diable, l'Afrique des hommes honnêtes (Kwama-Nkrumah, Boganda, Lumumba, Sankara, Modibo-Kéita, Nasser, Olympio, Sekou-Touré, Kaunda, Ben-Bella, Kenyatta) a toujours perdu et l'Afrique des hommes détestables (Houphouët-Boigny, Senghor, Mobutu, Bongo, pour ne parler que des morts...) a toujours triomphé ? Regrettable que la mauvaise herbe prospère facilement.
Nsaku Kimbembe

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