L'impasse Des Lions Herbivores-par Kheperu N Kemet

Publié le par Munsa Nzinga Kandombe

L'impasse Des Lions Herbivores

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Aujourd'hui comme hier, il existe au sein de notre communauté un besoin réel d'unité. Disons plutôt une soif insatiable d'unité et d'un désir d'en finir avec les tribulations que nous traversons depuis bien longtemps. La question qui est sur toutes les lèvres, de nos jours, se résume généralement à celle-ci: "
Pourquoi n'arrivons-nous pas à nous unir?" La question peut sembler simple mais la réponse est mystérieusement complexe et les solutions élaborées depuis lors pour résoudre cette énigme n'ont réellement abouti à rien jusqu'ici.

Mais alors quel est le problème? Ne devrions-nous pas plutôt dire quel est
NOTRE problème? Car il s'agit plutôt de NOTRE problème et non pas d'un problème qui pourrait être présenté comme une vérité générale touchant tous les peuples de la terre. Nous avons constamment le regard envieux envers les autres communautés qui semblent si soudées, si unies devant l'adversité et formant un seul corps pour défendre leur intérêt de civilisation. Mais au fond, qu'est ce qui fait d'eux des gens si "spéciaux" au point que l'on n'arrive pas, comme eux, à créer au sein de notre propre communauté des dynamiques d'unité viables? Eh bien, c'est parce qu'ils sont EUX-MÊMES. Sommes-nous nous-mêmes? La réponse est NON. Mais qu'est-ce que tout cela veut donc dire?

Faisons une analogie pour mieux cerner le problème. La nature nous montre que les lions sont carnivores par nature et leur mode de vie ne saurait être semblable à celui des gazelles. En clair, on sait instinctivement qu'un lion ne peut être herbivore. Si par la force des choses il arrive qu'un lion le devienne, il serait perçu comme malade par les autres lions qui sont restés eux-mêmes, soit carnivores. Pareil du point de vue des gazelles qui verraient ce lion comme un cas pathologique. Cependant, nous qui avons une signature culturelle radicalement différente des autres pour l'éternité, sommes-nous nous-mêmes ou comportons-nous comme ce lion herbivore?


Hélas, beaucoup d'entre nous sont prisonniers du même état d'esprit que ce lion herbivore. Lorsqu'il s'agira pour les lions d'élaborer une stratégie de chasse commune pour la prochaine saison, y aura-t-il entente entre les lions qui sont restés eux-mêmes et ceux qui sont devenus herbivores? Bien sûr que non! Entre temps il se peut même que certains d'entre les lions herbivores aient fini par
développer une solidarité envers les gazelles, qui sont comme on le sait, elles-mêmes herbivores. La solidarité entre gazelles naturellement herbivores et lions pathologiquement herbivores viendrait compliquer les ambitions de chasse des lions, carnivores, qui ont encore toute leur tête.

On voit bien ici que le désir d'unité parmi les lions est une mission impossible quoi qu'ils fassent. L'impasse s'installant ainsi dans la communauté des lions, l'unité devient donc impossible. Pour que les lions, demeurés carnivores, ne meurent pas de faim à la prochaine saison à cause des débats houleux avec les lions herbivores, ils sont contraints de faire camp à part et réfléchir de leur côté afin de sauver leur espèce de la disparition en attendant que les lions herbivores retrouvent toute leur tête par un processus de guérison qui pourrait, selon le cas, être long ou court. Mais alors, qu'est-ce qui explique cette différence dans la durée de la guérison des lions herbivores?
LA PEUR DE L'INCONNU alimentée par une amnésie culturelle entretenue par des préjugés sur les carnivores qu'ils se sont eux-mêmes inventés par aliénation ou les préjugés véhiculés par les gazelles, sur les carnivores, afin de renforcer la solidarité entre herbivores. L'habitude devenant une seconde nature, l'idée même de plonger dans l'univers des carnivores et de changer son régime alimentaire peut devenir inacceptable pour certains lions imperturbablement herbivores.

À l'image des lions herbivores, le principal obstacle à l'unité dans notre communauté est la
SOLIDARITÉ RELIGIEUSE. En effet, comment des personnes regardant chacune dans des directions spirituelles opposées peuvent-elles se mettre d'accord sur des points stratégiques de survie qui, par ricochet, pourraient éclabousser dangereusement leurs coreligionnaires du camp d'en face et fragiliser durablement, voire rompre, cette solidarité religieuse?

À Kheperu n Kemet nous avons fait l'expérience suivante parmi celles et ceux qui se disent "Africains purs et durs", "Black Power" et autres. Les résultats ont été stupéfiants mais sans surprise. Nous les avons mis en situation dans le but de
prouver leur fidélité à notre Continent Mère et Terre Sacrée de nos Ancêtres. Par ce fait, nous avons voulu éprouver toutes leurs contradictions les plus intimes à travers la mise en situation suivante:

"
Supposons qu'un jour dans le cadre de l'Union déjà réalisée, on se retrouve en guerre contre l'Arabie Saoudite pour des raisons qui rendent le conflit armé inévitable et qu'on décide de rayer de la carte la Mecque en guise de représailles au cours d'une campagne militaire.

Dans quelle armée vous enrôleriez-vous pendant ce conflit? La nôtre ou la leur? La question est aussi valable pour le Vatican, Jérusalem et autres villes dites « saintes » appartenant aux religions que nous avons adopté, avec le temps, par le glaive et le canon.


Pour ceux qui auraient la mémoire courte, nous rappelons qu'au 7e siècle av.J.C. Cambyse le Perse a fait brûler notre ville sainte Waset (que les eurasiatiques appellent Thèbes) au cours d'une de ces campagnes militaires contre nous.


Voici de quoi mettre à l'épreuve la détermination d'UNITÉ dont on se réclame souvent et qui doit être logiquement effective dans les meilleurs moments comme dans les pires.


Maudits soient ceux qui aiment la paix lorsqu'on leur marche sur les pieds et malheur à leur descendance.
"

kandake Amanishakheto (-35 à 20),
kandake du royaume de Meroe.


Eh bien, là où on devait s'attendre logiquement à un ralliement patriotique instinctif de la part des "Black Power", ce fut plutôt la désertion massive des troupes. Chacun préférant rallier "
sa" ville sainte située en terre étrangère plutôt que de défendre sa "chère" Afrique "adorée". En quelques minutes, nous avions la confirmation de la thèse selon laquelle la solidarité religieuse est l'obstacle numéro 1 à notre unité. Dans cette mise en situation, on a vu que dans les pires moments où cette Afrique aurait pu avoir besoin de tous ses enfants pour la sauver de l'humiliation suprême, eh bien c'est bel et bien ses propres enfants qui seraient instinctivement prêts à la précipiter à sa fin afin de préserver leur allégeance aux idéologies des étrangers qui militent pour une vie qui vaut plus la peine d'être vécue dans leur Au-Delà que sur Terre et encore moins sur une terre, l'Afrique, où le nombre de "païens", de "mécréants", à "sauver" est considérable. Le parallèle peut être fait avec la solidarité entre les gazelles herbivores et les lions herbivores qui fut un obstacle majeur aux ambitions de chasse des lions carnivores restés psychologiquement eux-mêmes, donc sains d'esprit.

Dans notre expérience, nous avons remarqué qu'il n'y avait aucune émotion dégagée par rapport à la destruction de notre ville sainte Waset, mais les émotions étaient à leur paroxysme à l'idée même de rayer de la carte la Mecque, le Vatican ou Jérusalem. Le parallèle peut être fait avec les lions herbivores qui n'en avaient rien à faire du besoin en viande des lions restés eux-mêmes, soit carnivores. Seul le désir de saboter les ambitions de chasse envahissaient les esprits de ces lions herbivores.


En d'autres termes, quand on en vient à prier le Dieu de son envahisseur c'est qu'il y a fondamentalement un problème. Pourtant 1400 ans d'esclavage sans interruption auraient dû nous interpeller sur le fait que les religions des envahisseurs ne sont pas faites pour nous. Comment peut-on prétendre mieux comprendre ou mieux prier le Dieu de ceux-là même qui ont fait preuve de banditisme chez nous depuis le début de la rencontre? Comment ceux-là même qui sont responsables de crimes de guerres et de génocides peuvent-ils nous apporter un message spirituel qui est supposé être de portée universelle? Il y en a même, parmi nous, qui donne l'impression d'avoir mieux compris cette "Bonne Nouvelle" que les envahisseurs eux-mêmes. C'est à croire que toutes réflexions logiques n'habitent plus leurs têtes. Cette attitude de schizophrénie culturelle ne peut donc pas favoriser un climat d'unité dans notre communauté
car elle ne sert pas nos intérêts.

Il existe un argument, très rependu, qui veut que "
les gens fuient notre spiritualité ancestrale car plusieurs s'en servent pour faire du mal aux autres" et c’est cela qui motiverait donc ces mêmes gens à se tourner vers les religions dites "révélées". À cela, nous répondons que c'est une "sage décision" pleine de "bon sens". Mais alors, pourquoi ceux qui défendent cet argument, lorsqu'il s'agit de notre spiritualité ancestrale, ne prennent-ils pas tout aussi la même sage décision de quitter, voire fuir, ces mêmes religions auxquelles ils ont adhéré et dont on pourrait retourner les mêmes griefs, à savoir "l'usage de ces mêmes religions pour faire du mal aux autres"? En effet, la liste qui incrimine ces religions et leur usage est longue.

Par exemple:


  • le 8 janvier 1454, le pape Nicolas V autorisa, dans sa bulle papale Romanus Pontifex, le roi du Portugal d'aller nous réduire en esclavage, esclavage qui rappelons-le est fondamentalement le mode de production des sociétés eurasiatiques ("usage de la religion pour faire du mal");

  • le génocide culturel des missionnaires dans leur tentative de gommer en nous notre identité en tentant par tous les moyens d'européaniser le "sauvage" ("usage de la religion pour faire du mal");

  • les multiples scandales de pédophilie qui éclaboussent régulièrement l'Église Apostolique et Romaine ("usage de la religion pour faire du mal");

  • les razzias judéo-chrétiennes pendant 400 ans en vue de nous réduire en esclavage sous le prétexte d'être païens ("usage de la religion pour faire du mal");

  • les razzias arabo-musulmanes pendant 1400 ans en vue de nous réduire en esclavage sous le prétexte d'être mécréants ("usage de la religion pour faire du mal");

  • le génocide culturel arabo-musulman dans leur tentative de gommer en nous notre identité en voulant par tous les moyens nous arabiser ("usage de la religion pour faire du mal");

  • et la liste est kilométrique en faveur de TOUTES les religions dites "révélées" pour leur usage en vue de faire le mal.



Lorsque de telles évidences accablantes sont mises sur la table contre ces religions, ceux-là même qui argumentaient fuir notre spiritualité ancestrale, pour l'usage criminel que certains en font, n'arrivent plus à être logiques avec eux-mêmes lorsqu'il s'agit des griefs similaires contre les religions. Pris en souricière, l'argument magique devient donc le suivant: "
il s'agit des hommes et non de la Parole de Dieu. Ce sont les hommes qui ont perverti la Parole de Dieu". Que d'indulgences et de compréhensions lorsqu'il s'agit de prendre la défense de l'univers spirituel de ceux-là même qui les méprisent et qui rêvent de les anéantir.

Un tel trouble du comportement est bien connu des psychiatres et est généralement catalogué comme étant le
syndrome de Stockholm. Ce syndrome a ceci de particulier que la victime, ayant été vaincue psychologiquement par une cohabitation prolongée avec son bourreau, finit par se ranger dans le camp de son oppresseur et le défendre âprement contre toutes accusations criminelles. La victime devient en quelque sorte le meilleur avocat de son bourreau. Ce comportement paradoxal se remarque bien souvent dans des situations de prises d'otages où la victime développe inconsciemment à la longue une sympathie envers son bourreau dans le cadre d'un réflexe de survie. En effet, en s'attirant une sympathie progressive de son bourreau, la victime s'éloigne petit à petit du danger qui pourrait lui être fatal en cherchant contrôler les sauts d'humeur de son agresseur. Il est clair que ce comportement est dicté par la PEUR de la victime d'être anéanti par son bourreau.

Il en est de même pour ceux qui pointent constamment d'un doigt accusateur nos traditions comme source de tous nos maux tout en restant muets sur les contradictions des religions qu'ils embrassent. À ceux-là, nous disons ceci:


  • les arabes accusent-ils leur tradition pour les actes de banditisme qu'ils ont pu perpétrer chez nous sur plusieurs siècles? En sachant qu'ils n'ont jamais pris la peine de s'excuser pour les actes de génocide, de kidnapping, et de barbarie liés à l'esclavage;

  • les Européens accusent-ils leur tradition pour ce qu'ils ont fait et continue à faire chez nous?

  • les Chinois accusent-ils leur tradition pour leurs ambitions à l'échelle de la planète et tout ce que l'on peut leur reprocher?


La réponse est
NON. Cette façon de s'autoflageller ou d'être solidaire des crimes des autres, dans le style du "Nous aussi on a fait tels crimes et autres crimes...", est tout simplement pathologique.

On devrait plutôt faire preuve de bravoure et cultiver la même assurance qu’un jeune lion à l’image des femmes de Nder, du royaume du Walo (Sénégal actuel), qui en 1819 préférèrent se sacrifier collectivement au lieu de tomber entre les mains des esclavagistes arabes. Cet acte de bravoure fut privilégié afin que l’histoire retienne d’elle
la dignité au lieu de l’humiliation et la soumission dans l’esclavage. Cette épisode de notre histoire est raconté dans le livre de Sylvia Serbin, "Reines d’Afrique et héroïnes de la diaspora noire" aux éditions Sépia dont les bribes sont reproduites dans l’article "Résistantes sénégalaises à l’esclavage arabe : Les femmes de Nder" du magazine en ligne Grioo.com à l’adresse suivante: http://www.grioo.com/info7048.html

Heureusement l'histoire humaine nous enseigne qu'il existe
deux types d'individus: Ceux qu'on suit et ceux qui suivent. Au stade actuel, il ne s'agit donc pas de faire l'unité des moutons ou avec les moutons mais d'organiser l'unité des bergers, ceux qu'on suit, afin de mettre sur les rails la locomotive de notre Renaissance. Notre communauté à donc besoin de constituer un leadership fort selon nos propres intérêts d'abord avant de s'éparpiller dans quelconques aventures. Aujourd’hui, c’est l’absence de ce leadership qui nous handicap.

Les Tiédos (royaume du Walo): restés longtemps "tristement" célèbres dans la mémoire des esclavagistes judéo-chrétien et arabo-musulman pour leur résistance et leur opposition farouche aux tentatives d'islamisation et de christianisation.


Par ailleurs, ceux et celles qui arrivent à franchir le cap en rompant avec le Dieu des envahisseurs négligent souvent un dernier point, et non le moindre, à savoir :
rompre définitivement avec le vocabulaire d'emprisonnement hérité de plusieurs siècles de barbarie. En effet, le vocabulaire relié à notre identité et à notre environnement, que nous utilisons généralement, a été conçu par l'Occupant dans l'unique but de nous enfermer dans des prisons identitaires et de réduire notre perception de l'environnement dans lequel on évolue. En effet, comment comprendre le Monde avec une langue où l'on a placé des pièges lexicaux spécialement conçus contre nous?

Souvent, le vocabulaire utilisé pour nous décrire se résume à ceci:


  • des peuples ou rivalités "ethniques", "tribales";

  • des minorités "culturelles" (on ne parle pas de majorité culturelle), des minorités "visibles" (cela suppose qu'il existe des "invisibles");

  • des arts "premiers" (à défaut de dire "primitifs");

  • des noirs, des blacks (bien que dans nos langues ancestrales ces allusions à la biologie n'existent pas!);

  • des systèmes de pensée;

  • des dialectes;

  • des indigènes;

  • la brousse;

  • des villageois et des paysans;

  • et bien d'autres…



Pour l'Occident, on utilise volontiers un
vocabulaire parfumé.
Ainsi, on a:

  • des langues et non des dialectes;

  • des rivalités "linguistiques", des guerres "économiques", une guerre "froide" et un rideau de fer (à défaut d'être "ethnique" et "tribale");

  • des villages mais pas de "villageois" ni de "paysans";

  • des campagnes sans "campagnards";

  • la philosophie (et non des systèmes de pensée);

  • le bois (et non la brousse);

  • des Bretons, des Québécois, des Basques (sans dire ethnie basque ou bretonne à l’instar de l’ethnie tutsi ou autres, pas d'indigènes);

  • la communauté internationale (quand 3 ou 5 pays "occidentaux" se réunissent et quand 40 chefs d'états africains se réunissent, on parle de chefs d'états africains et non de la communauté internationale);

  • et bien d'autres…


Voici donc les deux facteurs qui rendent l'unité impossible, dans notre communauté, et qui pavent la voie à la schizophrénie culturelle : la
solidarité religieuse et le vocabulaire d'emprisonnement que nous utilisons au quotidien. La solidarité religieuse car elle ne sert les intérêts que de ceux qui hébergent les villes saintes de leur religion respective. Le vocabulaire d'emprisonnement car il favorise dans nos esprits une perception étroite de notre identité, de nous-mêmes, et de l'environnement dans lequel nous évoluons.

Cet état de
schizophrénie culturelle ne nous permet même pas de remarquer des évidences qui sauteraient aux yeux de n'importe quel individu sain d'esprit. Par exemple le fait que l'Europe, chrétienne dans son essence, perçoit comme une menace le désir d'adhésion de la Turquie musulmane au lieu de la voir comme un enrichissement. On peut faire le même constat dans la péninsule arabique notamment en Arabie Saoudite où les non-musulmans ont intérêt à se faire très petit, la Chine où le prosélytisme religieux est perçu comme une atteinte à la sureté de l’État, les communautés juives, etc. Tous les indicateurs montrent clairement et sans ambigüité que le monde est ainsi organisé ailleurs sauf chez nous où nous sommes un déversoir de toutes les idéologies spirituelles de la planète. On s'oppose entre nous en fonction des oppositions des propriétaires de ces idéologies. Quand les autres sont contre les Juifs, par pur suivisme nous devenons subitement contre les Juifs, etc. Cet état de cécité intellectuelle due à une schizophrénie culturelle avancée, nous fait donc croire naïvement que tous ces enjeux spirituels et linguistiques ne sont que secondaires.

Par conséquent, à l'image des lions demeurés carnivores par nature, ceux qui se réclament de la Tradition (non polluée) de leurs Ancêtres, dans notre communauté, doivent faire camp à part et former cette unité tant désirée car le fait de partager ce socle commun permet forcément de regarder dans la même direction et servir de façon décomplexée nos propres intérêts. En effet, c'est la constitution de ce noyau dur qui garantira la survie de notre identité, de ce que nous sommes et de ce que nous comptons demeurer pour l'éternité en attendant la guérison effective de ceux et celles qui traversent les terres arides de la schizophrénie culturelle (solidarité religieuse + vocabulaire d'emprisonnement) et qui se laissent guidés par
la PEUR de leur propre patrimoine culturelle. Ainsi, la période utopique du "tout noir ensemble" doit prendre fin dans le but de constituer une masse critique de leaders jaloux de leur patrimoine culturel afin de nous sauver de la disparition programmée, de la chronique d'une mort annoncée. Jusqu'à ce jour, l'obsession du "tout noir uni et ensemble" a éparpillé les énergies de ceux et celles qui sont restés eux-mêmes. Ces derniers, au lieu de rechercher d'abord leur propre unité afin de constituer ce socle à partir duquel notre Renaissance se fera et s'organisera, ils ont malencontreusement perdu beaucoup d’énergie et de temps à essayer de rassembler celles et ceux qui de toute les façons, par instinct, suivent et admirent les règles du plus fort.

Les enjeux en présence sont tellement déterminants qu'on ne peut se permettre le luxe de s'en remettre aux hésitations de ceux qui sont dominés et contrôlés par leur propre instinct de
PEUR et d'angoisse maladive de leur patrimoine culturel. Ils sont devenus des bombes psychiques téléguidées dont on excite les émotions avec des mots-clés savamment choisis tels que "vodu", "mfumu", "bokono", etc. Bref tout ce qui a un rapport direct avec leur patrimoine culturel ancestral. Il devient donc facile à comprendre que ceux qui se fuient désespérément font plus partie du problème que de la solution. En clair, on ne construit pas une nation avec des émotions. Et d'ailleurs, les chrétiens disent ceci: "Ainsi, parce que tu es tiède, et que tu n'es ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche." Apocalypse 3:16. Il est clair que même dans leur propre idéologie, les gens tièdes sont considérés comme faisant partie du problème et non de la solution.

Pour finir, l'état d'alerte maximale est ainsi donné, pour l'éternité, au sein de celles et ceux qui tiennent à cœur la Tradition (non polluée) et la Parole Juste (par opposition au vocabulaire d'emprisonnement) en attendant la guérison effective de celles et ceux qui nagent dans les eaux troubles de la
schizophrénie culturelle. Pour ces derniers, les enseignements de Cheikh Anta Diop et de ses suivants doivent leur servir d'exorcisme tout en considérant ces enseignements non pas comme un sujet d'études mais un nouveau mode de vie. Donc, l'unité de tous les "Nègres" sous le prétexte qu'il suffit d'être "Nègre" pour entrer dans les rangs est une idée grotesque, irresponsable et suicidaire comme l'est la réunion des lions carnivores et herbivores dans le but de déterminer une stratégie de chasse commune. À ce stade, la psychologie retenue est une psychologie dont la tactique est asymétrique sur la longue et très longue durée et ce de génération en génération. C'est la méthode retenue afin que notre fureur de vaincre ne prenne pas une seule ride dans le temps.

Dahomey: Vétérantes des troupes d'élites royales


C'est le moment pour ceux qui ont l'habitude de critiquer nos chers dictateurs à longueur de journée pour leur manque de patriotisme,
de prouver le leur. C'est effectivement au pied du mur que l'on reconnait le vrai maçon.

"
Pour eux, nous dévoilerons la mascarade qu’est ton rugissement.
Pour eux, nous serons les bergers qui te feront paître, toi le lion herbivore.

Pour eux, nous te sortirons de ton distrait et maléfique envoûtement.

Ils ne veulent entendre d’autres chants que ceux de ton repentir.

Nous jouerons donc, des sons démentant toutes déclarations te haussant

au rang de martyr.

Nous plaquerons des accords qui révéleront ton ignorance, ton ignominie.

Nous serons la frontière de ce torrent que tu es.

Nous incarnerons la contrainte qui dévoilera ton esprit.

Eux veulent que l’élue de ton cœur l’ouvre.

Nous voulons que la peur révèle tes craintes.

Eux veulent que la vérité t’accorde sa pitié.

Nous voulons que l’humilité soit ton salut. Nous unirons nos voix pour que

leur insondable harmonie te rende ce cœur fraternel perdu pour avoir cru

qu’il suffisait de se frotter à une pyramide pour égaler la hauteur de son sommet.
"
En mémoire des Ancêtres (2006), poème de Fulele Do Nascimento.

Nous ne pouvons pas clôturer cette démonstration sans présenter, enfin, un aspect important du comportement humain dont on doit prendre garde car malgré tous les remparts érigés pour nous mettre à l'abri de l'adversité, l'ennemi capitalise toujours énormément sur un trait de caractère qui interpelle tous les humains:
la cupidité.

Voici donc ce qui nous a perdus au contact des envahisseurs:
http://www.dailymotion.com/video/xcnly4_voici-ce-qui-nous-a-perdu-comment-u_news

En attendant que chacun fasse son examen de conscience, celles et ceux qui tiennent à cœur la Tradition (non polluée) et la Parole Juste (par opposition au vocabulaire d'emprisonnement) attendent l'adversité les pieds fermes.


Chevalier, Nigeria (1820)


Que ceux qui ont des oreilles pour entendre entendent et ceux qui ont des yeux pour voir voient.




Kheperu n Kemet
email: medu@uhem-mesut.com
web: http://uhem-mesut.com
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