La civilisation Africaine-par Kwanzaa Millenium

Publié le par Munsa Nzinga Kandombe

La civilisation Africaine

31AOÛT

Oui, elle existe !

Pour introduire cet article, nous allons tenter de définir ce qu’est une civilisation en se détachant des conceptions européennes. Avant de donner un sens à ce terme, il est indispensable de rappeler que la fondation d’une civilisation ne représente pas le summum de l’humanité l’Allemagne nazie était indéniablement un pays civilisé ce qui ne l’a pas empêché d’atteindre les sommets de l’inhumanité. La civilisation est en effet née du besoin de concilier fortes densités humaines et ordre ainsi il fut inutile pour les peuples d’Amazonie, de Sibérie ou de la forêt équatoriale Africaine de développer une société civile élaborée. Donc en étant objectif, on peut reconnaitre que civilisation n’a pas d’autre sens  que celui de société  civile. Les éléments constitutif d’une civilisation sont nombreux et ne se valent pas forcement. Premièrement, une civilisation développe un mode de vie sédentaire et agricole à la différence des sociétés archaïques (sans connotations péjoratives) nomades et vivant de chasse et de cueillette. Ensuite, une société civile est régie par des codes moraux ou légaux desquels découle un ordre social, l’anarchie est donc anti-civilisationnelle. Après avoir évoqué les deux éléments fondamentaux constituant la civilisation, la société civile, il nous faut maintenant définir ce qui constitue une civilisation dans le sens de bloc civilisationnel.  Une civilisation se définit par un ensemble de sociétés civiles partageant des traits similaires dans divers domaines, similaire ne voulant pas dire identique; l’anglais qui mange du bacon au petit déjeuner appartient bien à la même civilisation que l’italien avec son croissant à la fleur d’oranger. Avant d’évoquer les caractéristiques de la civilisation Africaine pure, sans prendre en compte la pollution européenne, post-coloniale, américaine et arabe, il y a une caractéristique qui est commune à toutes les civilisations humaines. Une civilisation est profondément égocentrique, elle ne se considère pas seulement comme le centre du monde, elle se croit aussi supérieure à ce qui ne lui ressemble pas. Une civilisation saine ne se remet pas en question, elle se considère comme standard de l’humanité ce qui ne la rend pas forcément agressive, comparons pour exemple la différence entre les civilisations Arabo-Musulmanes et Judéo-Chrétiennes aux civilisations Africaines, Indiennes ou Précolombiennes.

Voyons maintenant ce qui caractérise la civilisation Africaine.

Socialement parlant, la civilisation Africaine est communautaire (ce que les européens appellent tribal), le groupe y prime toujours sur l’individu qui y est pleinement intégré. La parenté est l’élément principal de l’intégration sociale, en Afrique, la famille est vue au sens très élargi dans le sens d’un ancêtre commun qui peut être soit très lointain ou même mythique. Au sein de la famille, on distingue les lignages rassemblant les descendants d’une personne particulière et représentant le cercle familial le plus étroit mais toujours très éloigné du schéma parents enfants ou même grands parents, parents, oncles, neveux. La fraternité n’est pas un sentiment réservé aux enfants nés des mêmes parents, elle s’étend à tous les individus d’une même génération. La famille fait naître un sens de la solidarité extrêmement poussé qui aujourd’hui rentre en conflit avec le besoin d’individualisation criant de la société Africaine post-coloniale en proie au capitalisme et à la mondialisation, les conséquences sociales sont dramatiques et n’ont pas fini de s’aggraver tant cet élément est essentiel à la société Africaine.

Au sein de la famille, c’est l’homme le plus âgé qui occupe le rôle de chef, si la société africaine est dans son ensemble matrilinéaire, elle est profondément phallocratique, les anciens y jouissent d’un très grand prestige, l’âge détermine grandement la place de l’individu dans la hiérarchie sociale.

Si on sort du cercle familial, la société est déterminée par des castes définies par l’activité professionnelle, ou par la naissance. Ces castes sont héréditaires mais l’individu peut parfois changer de caste à la suite d’un rituel d’initiation. L’initiation est la cléf de la société Africaine traditionnelle, même au sein de sa famille l’Africain traditionnel évolue dans un monde d’ésotérisme  et de confréries qui peuvent-être de tous types et ont pour certaines un rôle politique très important dans le sens où elles font respecter la morale et la tradition.

Au niveau étatique, l’Afrique traditionnelle a connu diverses formes de gouvernement, le plus courante d’entre elles étant la monarchie avec contre-pouvoirs relativement décentralisée. La civilisation nègre a également connu le despotisme, la théocratie, ou encore la république.

En matière de spiritualité, le grand point commun entre les cultures Africaines est la présence d’un dieu créateur unique et impalpable se manifestant rarement directement dans la vie des hommes. Les africains vénèrent un concept inconnu en Europe correspondant aux Neterus de l’Égypte antique, ces, génies, semi-dieux ou archanges sont des attributs du dieu unique, ce qui a conduit à considérer à tort la spiritualité Africaine comme polythéiste. Dans la spiritualité Africaine, le profane n’existe pas, presque tout est sacré, les manifestations surnaturelles sont nombreuses et le lien privilégié entre monde terrestre et monde céleste est le culte des ancêtres dont les âmes habitent le monde. L’Afrique noire depuis la plus haute antiquité a un rapport plutôt intimiste à la religion, les cultes voisins peuvent-être assez variables dans la forme même au sein d’un même Etat, l’exemple le plus flagrant est l’Égypte où chaque ville avait un culte particulier. On peut donc plus parler de spiritualité personnelle que de religion portant un message universel.

Pour ce qui est de la mémoire collective, l’histoire, la civilisation Africaine se distingue des autres par un inversement des valeurs qui lui est propre, La tradition orale y a bien plus de crédit et d’importance que les écrits et symboles réservés aux confréries ésotériques, ils n’ont donc pas de vocation vulgaire mais initiatique. La civilisation Africaine est donc à très forte dominante orale.

Les individus composant la civilisation Africaine sont de race noire, locuteurs des langues négro-égyptienne et ont entretenu durant des millénaires des liens culturels et économiques gâtés par les diverses intrusions étrangères conduisant au désastre identitaire que connait aujourd’hui cette civilisation en danger.

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