La Nubie et l'Egypte anciennes dans leur contexte naturel Négro-Africain (2/2)

Publié le par Munsa Mâga

B.2. Le totémisme qui associe de manière complexe un animal donné(par exemple le faucon, la grue couronnée, le crocodile, le chat, ...) à un individu ou un groupe d'individus et qui donne lieu à un culte.

                              

             

                                                    Palette et repésentation de la tête de massue du pharaon Narmer (vers 3200 av. J.-C.) : noter les porte-enseignes.

 

                                                                                

Emblèmes totemiques au Nigéria

 

.B.3. La religion qui fait apparaître, par exemple, une réplique du panthéon égypto-nubien au B�nin, Togo et Nigéria chez les peuples Fon, Ewé et Yoruba.

 

 

                                            

                    Pectoreaux à tête de Bélier : Nigéria et Egypte ancienne (en haut à droite)                                       Zimbabwe : faucon et crocodile

 

 

                                                                                       

 

Néfret épouse du pharaon Sésostris II, Egypte Moyen Empire, vers 1890 av. J.C.       Masque, Nigéria, Smithsonian Institution - National Museum of African  

                                                                                                                                                                Art, Washington.

 

 

 

 

.B. 4.  La philosophie

 

.B.5. L'ethnonymie, c'est-à-dire l'étude des noms de groupes humains de l'Afrique actuelle qui conservent encore de nombreux noms attestés en Egypte ancienne : Atoum, Antef, Sek, Meri, Kara, Bara, Bari, Raka, Sen Sar, Kaba, Keti, Amenti, Kamara, Konare, Sankale, Sangare, Sankare, etc.

 

 

En 1984, L'UNESCO publie dans le cadre de la rédaction de l'Histoire générale de l'Afrique dans la collection associée, études et Documents (n° 6, 1984) tout un ouvrage consacré à cette question : Ethnonymes et toponymes africains. Signalons aussi l'étude "Quelques remarques sur les noms de personnes dans l'Egypte pharaonique" (in Annales de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines, n°13, Université de Dakar, 1983, pp. 141-153) de A. M. LAM ainsi que la thèse de doctorat d'état du même auteur : L'origine des Fulbe et des Haal-pulaar-en à Approche égyptologique (Université Cheikh Anta DIOP de Dakar, 1989, 2 volumes) publie en co-édition Présence Africaine/Khepera, sous le titre : De l'origine égyptienne des Peuls (1993). A.M. LAM approfondit l'éttude des relations entre l'Egypte ancienne et le reste de l'Afrique noire dans son livre intitulé Les Chemins du Nil, paru en 1997 (co-édition Présence Africaine/Khepera). Voir également le receuil d'articles : Le Sahara ou la Vallée du Nil ? Aperçu sur la probl�matique du berceau de l'unité culturelle de l'Afrique noire, de Aboubacry Moussa LAM, Dakar, IFAN-Publifan/Khepera, 1994.

 

Exemple : Le pharaon Montouhotep III, 2010-1998 av. notre ère. Son nom de couronnement est Sankhkara comme l'indique le premier cartouche ci-dessous :

 

       

 

.B.6. La royauté et ses attributs comme l'uraeus figurant respectivement sur les coiffes royales de Pharaon et de l'Oni d'If�.                     

                                   

                        Le pharaon Aménophis III                                                                                                                     L'Oni d'Ife

 

B.7. Le syst�me de transmission du savoir qui pr�sente dans l'ancienne Egypte et en Afrique sahélienne une caractéristique essentielle commune : le transfert de connaissance initiatique.  

                                 

. etc.

 

C. Les arguments d'ordre anthropologique relèvent aussi de domaines variés :

 

C.1. L'étude des textes égyptiens hiéroglyphiques fournit les termes par lesquels les habitants de l'ancienne Egypte se désignaient eux-mêmes comme Nègres.

 

 

C.2. L'étude des textes des historiens et philosophes grecs et latins permet de relever de nombreux témoignages sur le phénotype des anciens Egyptiens. Par exemple Hérodote (480 ? - 425 avant J.-C.), surnommé le "Pére de l'Histoire", grand voyageur et témoin oculaire écrit :

 

"Manifestement, en effet, les Colchidiens sont de race égyptienne ; mais des Egyptiens me dirent qu'à leur avis les Colchidiens descendaient des soldats de Sésostris. Je l'avais conjecturé moi-même d'après deux indices : d'abord parce qu'ils ont la peau noire et les cheveux crépus (à vrai dire, cela ne prouve rien, car d'autres peuples encore sont dans ce cas), ensuite et avec plus d'autorité, pour la raison que, seuls parmi les hommes, les Colchidiens, les Egyptiens et les Ethiopiens pratiquent la circoncision depuis l'origine."

 

Extrait du texte grec d'Hérodote, Livre II, Euterpe �104

 

Le type physique nègre des anciens Egyptiens était un fait d'évidence dans l'Antiquité : HERODOTE (Livre II), ARISTOTE (Physionomie. 6), LUCIEN (Navigation, � 2 et 3), APOLLODORE (Livre II, "La famille d'Inacus", � 3 et 4), ESCHYLE (Les Suppliantes, vers 719 � 720, vers 745), STRABON (Géographie, Livre I, chapitre 3, �10), DIODORE de SICILE (Histoire universelle, Livre III), DIOGENE LA�RCE (Livre VII, 1), AMMIEN MARCELLIN (XXII, �8, 24), TH�ODECTE et ONESICRITE cit�s par STRABON (Livre XV, chapitres I et IX).

 

C.3. L'étude de la Bible, des traditions juive et musulmane qui conservent la mémoire de la descendance de Cham, ancêtre biblique des Noirs : en particulier Kush (Kouch) et Misraém (L'Egypte).

 

 

C.4. L'iconographie (sculptures et peintures)

                                                              

Le pharaon Khéops (vers -2550) IVe dynastie   Le pharaon Pepi Ier (vers -2290) VIe dynastie          Le pharaon Mentouhotep Ier (vers -2100 ) XIe dynastie

  

                                

                             La reine Ahmès-Nefertari                                      Le pharaon Amenhotep III                                                La reine Tiyi   

                                (XVIIIe dynastie)                                                          (XVIIIe dynastie)                                                      (XVIIIe dynastie)

 

 

Représentation des peuples dans le tombeau de RAMSES III. Les graphies hiéroglyphiques désignant les différents peuples ont ét reproduites par

l'égyptologue allemand Lepsius (sur la reproduction du dessous). Les graphies indiquent que l'égyptien est le premier personnage (à partir de la gauche),

le second est un européen, le troisième un nubien et le quatrième un sémite.

 

 

                               

Le dieu Osiris (Livre des Morts, Papyrus Nebqed, vers 1400-1350 av. J.-C., Musée du Louvre)    Le dieu Amon (Deir-el-Bahari, XVIIIe dynastie, Musée de Louxor)

 

 

                                        

      Buste sculpté du pharaon Aménophis IV - Akhenaton (1350-1334 av. J.C.).                Buste anonyme, individu appartenant au � Group A � Nubie, vers 3500 av. J.-C.

 

 

 

L'art occidental fournit aussi des témoignages iconographiques multiples :

 

    

Hercule combattant Busiris et des prêtres égyptiens                                  Culte d'Isis (Herculanum, peinture murale, 1er siècle après Jésus-Christ

(Vase peint, Peintre de Pan, Athènes, cir. 460 av. Jésus-Christ)                (Musée National de Naples)

 

                                                                                                                   

Céramique romaine représentant Pharaon                                                                           Sarah est amenée à Pharaon et Pharaon rend

                                                                                                                                               Sarah � Abraham,Octateuque, XI�me si�cle

 

     

C.5. L'anthropologie physique et la biologie moléculaire, avec l'étude des mensurations ostéologiques des squelettes, l'étude des groupes sanguins et de la pigmentation de la peau des momies (la mélanine, corps chimique responsable de la couleur de la peau, se conserve dans le temps et elle ne doit pas être confondue avec les produits de momification comme le bitume), etc., révèlent la parent des anciens Egyptiens avec les populations négro-africaines.

 

                                                                     

    

   Mélanine : molécule responsable de la pigmentation de la peau                                          Tête de la momie de Toutankhamon

 

 

Cf. Cheikh Anta DIOP, Pigmentation des anciens égyptiens � Test par la mélanine, in Bulletin de l'IFAN, Tome XXXV, série B, n� 3, Dakar, 1973). Il y indique l'existence de plusieurs méthodes possibles de dosage de la mélanine. Il met en oeuvre l'une d'entre elles (technique des coupes minces observèes en lumière ultra-violette ou naturelle) pour étudier la pigmentation de la peau de quelques momies égyptiennes conservées au laboratoire d'anthropologie du Musée de l'Homme de Paris.

 

En février 1974, il présente les résultats de ses analyses au Colloque du Caire sur Le peuplement de l'Egypte ancienne et le déchiffrement de l'écriture méroétique (cf. Histoire Générale de l'Afrique - études et documents 1, UNESCO, Paris 1978, et Histoire G�n�rale de l'Afrique, Tome II, Paris, Jeune Afrique/Stock/UNESCO, 1980).

 

Depuis une vingtaine d'années, des techniques de la biologie moléculaire, plus précisément celles mises en oeuvre pour l'étude des gnes anciens ou archéogénétique (analyse de l'acide désoxyribonucléique (ADN), ...) ont été développées et sont appliquées à l'étude des momies égyptiennes (travaux de Svante P��BO, Munich).

 

             

L'ADN : Crick et Watson caractérisent en 1953 la structure de l'ADN - ADN et chromosomes

 

Paradoxalement, peu de résultats issus de ces analyses biologiques sont publis.

 

. etc.

.

D. Les arguments d'ordre historique qui fondent l'antériorité de la Haute Egypte par rapport à la Basse Egypte : l'origine de la civilisation égyptienne qui est  rechercher en Afrique, vers le Sud, et non vers le Nord dans les pays du Proche-Orient asiatique. Cette argumentation s'appuie sur :

 

D.1. L'étude des textes hiéroglyphiques égyptiens, qui montre par exemple que l'Egyptien s'orientait face au Sud, soit la direction de la terre d'origine de ses ancêtres qui avaient au fil du temps remonté le cours du Nil "divinisé". Et, en effet, pour l'Egyptien le soleil se levait sur sa gauche et se couchait sur sa droite.

 

D.2. La tradition historique que rapporte par exemple Diodore de Sicile (vers 90-20 av. J.C.) :

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