LA PLACE DU TOUT - par Franck Toy

Publié le par Munsa Nzinga Kandombe

 

 

 lundi 22 août 2011, 17:43

Nzambi

 

 

Tout a commencé lorsque l'être humain a décidé de se considérer en entité individuelle, individualiste et indépendante de toute autre entité. Tout a commencé quand le politique a voulu prendre la place du sacré. Tout a commencé lorsque nous nous sommes dit : « Mais que vient faire Mampungu dans nos affaires ?! » Or Mampungu est tout. Il est l'Univers. Et nous ne pouvons nous comporter comme si nous vivions à l'écart de tout, indépendamment de tout précisément parce que nous dépendons de Mampungu, nous dépendons du Tout.

 

Comment cela s'est-il répercuté ? Dans un changement au niveau de l'organisation, au niveau des institutions. Oui, l'importance des institutions est qu'elles permettent à l'individu d'être en relation avec les échelles supérieures. Or, lorsque celles-ci poussent l'homme à se comporter en individu indépendant du Tout, alors nous arrivons au résultat que nous connaissons aujourd'hui.

 

L'individu n'est qu'une partie du Tout, et ça, nos ancêtres l'avaient bien compris. En effet, chacun d'entre-nous, tel qu'il soit ne vit en vérité que pour le Créateur. Nous ne sommes rien en dehors de Lui. Alors, ils le répercutaient dans chaque domaine de leur vie. Chaque décision prise ne considérait pas seulement un individu. Elle ne considérait pas non plus uniquement le groupe d'individus concerné par la décision. Elle prenait en compte l'environnement, elle prenait en compte l'univers. Au moment d'aborder un problème l'univers devait être en équilibre, et après résolution du problème l'univers devait à nouveau être en équilibre, en harmonie.

 

Tout a donc commencé lorsque nous avons décidé de prendre nos décisions pour nous et uniquement pour nous, lorsque nous avons décidé que pour régler un problème, il fallait le décomposer et régler chacune de ses parties indépendamment des autres. L'un des résultats les plus palpables parce que sur-médiatisé, c'est bien le traitement « inhumain » pour le coup infligé à notre mère bien aimée, cette planète qui a bien voulu nous aider à apprendre à nous élever vers le Père. Cet enjeu qui aujourd'hui a pris le nom de « développement soutenable » fut l'un des réflexes de nos ancêtres. Ne nous y trompons pas, ce n'est pas par manque de savoir-faire que nos ancêtres n'ont pas déployé autant de technologie qu'aujourd'hui. Nous commençons à peine à découvrir toutes les possibilités que leur offrait leur savoir à l'époque. Non, c'est bien par respect de l'équilibre, par respect de l'harmonie. Une harmonie entre chacune des parties qui composent le tout, un équilibre entre visible et invisible, matériel et spirituel.

 

Or, pendant longtemps, et particulièrement depuis la révolution dite industrielle, nous avons décidé notamment pour notre confort de vivre dans un système qui met le matériel au dessus de tout, un système qui pousse au « développement » désordonné. Et nous avons parlé de progrès. Est-ce réellement un progrès ? La question mérite d'être posée aujourd'hui, surtout lorsque nous voyons que tout se bloque petit à petit. Il est clair que nous ne pourrons pas nous jouer des lois divines indéfiniment. A un moment ou à un autre, le retour de bâton sera inévitable. Non pas uniquement pour les fautifs, mais pour nous tous car nous aurons été complices de cela en laissant faire.

 

Revenons à cette notion de progrès car il est vital qu'elle soit (re)définie. « Le progrès existe-il réellement ou alors n'est-ce qu'une illusion? » Voici une question qui revient dans beaucoup de têtes aujourd'hui, et à raison. Le progrès existe en effet, mais il n'est pas là où nous le pensons. Pour parler de progrès réel, il faut prendre en compte des objectifs fixés, les moyens d'atteindre ces objectifs et la relative capacité à atteindre ces objectifs. Le progrès ne ressort que lorsque la capacité à atteindre les objectifs d'une période à une autre est de plus en plus avérée. Mais pour qu'il y ait vraiment progrès, il est indispensable que les objectifs fixés mènent à une avancée, mènent à une évolution d'ensemble, et non pas à une auto-destruction caractérisée comme c'est le cas aujourd'hui. Quels sont nos objectifs aujourd'hui ? Que doivent-ils être ? Sachons qui nous sommes afin de savoir où nous allons. Cette phrase prend tout son sens ici. Nous faisons partie de la chaîne évolutive (autant physique que spirituelle) ; Par notre avancée, nous participons au cycle de l'évolution mis en place par Mampungu. Alors, le progrès pour nous sera notre capacité à participer de manière efficace et juste à ce processus. Il est donc primordial que chacune de nos décisions autant au niveau individuel que collectif prenne en compte non plus l'individu, mais le tout.

 

La meilleure manière de prendre en considération le tout en permanence dans nos vies est de le mettre au milieu de nous. Or, le tout est le Créateur. Vous l'aurez compris, il est indispensable qu'Il reprenne la place qui Lui revient au milieu de nous. Il est temps pour chacun d'entre nous de revoir avec sagesse ses objectifs, il est temps pour nous tous de revoir avec amour nos objectifs collectifs afin de redéfinir notre avancée et de nous mettre en route pour le progrès véritable, car Nyambè est sagesse et amour.

 

 

 

NB: Mampungu=Nyambè= le Créateur

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