Le manifeste de la révolution africaine-par africamaat.com

Publié le par Munsa Nzinga Kandombe

La Révolution Africaine s’impose comme une rupture définitive et irréversible d’avec la société africaine actuelle : la société postcoloniale.

Le manifeste de la révolution africaine

 

INTRODUCTION

L’Afrique est le berceau de l’Humanité et de la civilisation. Les Africains sont, (si l’on accepte d’abandonner la conception fantasmée de la genèse de l’univers) les premiers Hommes apparus sur Terre. Tous les autres peuples et ethnies de l’Humanité descendent des Nègres d’Afrique. C’est peut être pour cette raison que certains d’entre eux, obéissant au complexe d’Œdipe, ont cherché à tuer le père à travers les Africains, qui apparaissent sur le plan symbolique comme une caste de fondateurs de l’Humanité actuelle.


Ainsi, des siècles d’esclavage et, de colonisation, ont engendré une pauvreté structurelle et des maladies innombrables qui handicapent l’être humain et le rendent incapable et improductif, puis le décime en grand nombre. Ce passé exceptionnellement inhumain a provoqué des traumatismes qui ont castré l’Homme Noir, et rendu la société postcoloniale profondément irrationnelle. Sa logique interne : despotique, arbitraire, prédatrice et chaotique, reproduit à l’identique le contenu de la Traite Négrière et de la colonisation, empêchant ainsi l’Afrique de se développer et les citoyens africains de s’épanouir. C’est pourquoi on peut considérer que la communauté africaine a désormais touché le fond, et occupe le dernier rang sur l’échelle humaine. Elle n’a pas d’autre choix aujourd’hui que de se remettre radicalement en cause.


Notre époque se caractérise justement par une prise de conscience collective par les Africains de l’injustice radicale qui les frappe impitoyablement, et les maintient dans une situation de médiocrité totale, pour mieux les asservir ; alors que les ressources colossales de l’Afrique auraient dû leurs permettre d’aspirer à un meilleur destin. Il en découle une aspiration puissante au changement. C’est pourquoi, désormais ceux qui se considèrent comme les véritables patriotes africains, ne doivent plus se contenter de palliatifs et de demi mesures du genre NEPAD, ou de projets mal conçus comme l’Union Africaine, qui n’est qu’une mauvaise copie de l’Union Européenne. Ils doivent s’organiser politiquement et exiger un changement véritable et radical qui vise à inverser la logique même de l’Histoire de l’Afrique : c’est la Révolution Africaine. Acte de volonté historique majeur qui prépare et va rendre possible la Renaissance Africaine et la construction d’un Etat Fédéral Africain viable.

Nous, exposons dans ce texte, les raisons pour lesquelles cette Révolution doit se produire nécessairement, et quelle stratégie adopter pour la réaliser avec un maximum d’efficacité, afin d’aboutir à la création d’une nouvelle société africaine, la Société Initiatique, dans laquelle triomphera la mentalité pharaonique, grâce à une socialisation généralisée à la l’Initiation, c’est-à-dire à la MAAT : l’idéologie africaine.


I SITUATION ACTUELLE DE LA COMMUNAUTE AFRICAINE

La communauté africaine est l’ensemble des femmes et des hommes, qui à travers le monde entretiennent au moins un type de relation sur quatre avec l’Afrique :

 relation historique

 relation ethnique

 relation affective

 relation idéologique


Les membres de la société africaine postcoloniale ne représentent qu’une partie de la communauté africaine. Néanmoins, l’Afrique Noire constitue la pierre angulaire de cette communauté, son noyau dur, parce qu’elle entretient avec l’Afrique la totalité des relations précitées.


La communauté africaine dans sa totalité a subi et continu de subir une domination radicale, sur tous les plans : social, culturel, économique et politique, des nations qui dominent actuellement le monde, ou des peuples qui ont réussi au cours de l’histoire à s’emparer des territoires sur le sol africain profitant de l’inorganisation, de la faiblesse militaire ou de la stupidité des populations autochtones. C’est le cas de l’ensemble de l’Afrique du Nord et notamment de l’Egypte, pays à l’origine créé par les Nubiens. Nous savons que l’ancienne Nubie, est le berceau de la civilisation africaine. Aujourd’hui, la persécution et le génocide que subissent une partie de la population soudanaise au DARFOUR, organisées par une infime partie de sa population, sa partie arabe, témoigne, de l’humiliation et de l’impuissance même de de toute la communauté africaine. Elle est profondément ressentie par chaque africain comme une humiliation raciale, qu’il est urgent et nécessaire de réparer. Ainsi quels que soient les sacrifices, quel que soit le temps qu’il faudra y consacrer, le futur Etat Fédéral Africain doit se donner pour objectif de libérer le Soudan, pour refaire de ce pays, ce qu’il était à l’origine, la Terre Sainte Africaine, symbole de l’identité culturelle africaine.


Chacun sait que, l’Homme Noir se sent exclu de l’Humanité actuelle. On constate que, partout dans le monde, où l’on peut rencontrer une communauté africaine, ou noire, celle-ci subie toujours une exclusion sociale impitoyable, laquelle donne lieu inévitablement : au chômage, à la précarité, à l’injustice, à une éducation au rabais, donc à la misère, à la pauvreté, à la délinquance, à la violence et donc à une conscience éternellement malheureuse. En fait la hiérarchisation sociale dont le Nègre est systématiquement la victime, n’est que la traduction d’une hiérarchisation raciale discrète, mais toujours perfide et très efficace. En Afrique même, dans des pays comme le Soudan, la Somalie, la Mauritanie, ou le Niger, des Africains sont non seulement humiliés, réduits en esclavage à cause de leur appartenance ethnique, mais aussi subissent une véritable ségrégation sociale et même sont massacrés comme au DARFOUR, du seul fait d’être Noirs. Ainsi, si à l’extérieur de l’Afrique : en Europe, en Asie, ou Amérique, le Nègre est regardé comme un sous-homme, auquel s’applique difficilement les droits de l’Homme, en Afrique même, chez lui, il est obligé d’accepter et de supporter l’humiliation d’être un paria. Cette situation extrême, implique d’elle-même une réponse extrême. Dans un premier temps, l’exclusion radicale qui pèse sur le Nègre impose l’unité entre tous les Noirs du monde par nécessité. C’est-à-dire la mise en place d’une solidarité massive entre tous les Nègres du monde entier pour se protéger de l’adversité extérieure .Donc le racisme, l’exclusion, la ségrégation, et de l’injustice que subissent les Noirs partout où ils se trouvent dans le monde aura au moins une conséquence positive : la création d’une Communauté Africaine Mondiale. Mais pour donner à celle-ci une structure, une architecture et une conscience, il faut l’institutionnaliser, et la séculariser. L’institution qui convient le mieux à la situation, est la création de l’Etat Fédéral Africain. Or pour le constituer, une Révolution est inévitable. Cette Révolution doit s’appliquer à l’Afrique Noire qui est le noyau dur de la communauté africaine mondiale. Cependant il faut se rendre compte, que la création d’un Etat, entraîne celle d’une nation, avec un contenu identitaire. Cette préoccupation est déjà présente au sein de la communauté africaine actuelle avec la problématique de la Renaissance Africaine. Il nous appartient d’expliquer que cette aspiration des Africains pour une Renaissance, n’est rien d’autre que le besoin de construire une identité culturelle africaine, donc un besoin de renouer avec le contenu positif de l’héritage culturel et historique de l’Afrique, malgré l’émergence de la problématique de la globalisation et de la mondialisation qui suppose la domination de la culture occidentale sur la culture des autres peuples de l’humanité. Nous considérons que pour survivre dans un monde où les frontières culturelles ont disparu, il faut justement être capable de défendre sa propre culture pour qu’au contact des autres, elle puisse se maintenir et s’enrichir. Autrement dit, plus nous serons forts, plus, nous survivrons. Cette vérité est aussi vieille que l’humanité elle-même.


C’est à travers la poursuite de cet objectif, que l’Union Africaine actuelle, va être confrontée à son niveau d’incompétence. En effet, si l’aspiration profonde et véritable des Africains est de construire un Etat et une Nation, quels sont les pays africains actuels qui voudront ou ne voudront pas en faire partie ? Qui est prêt à transférer à l’Etat Africain ses prérogatives de puissance publique ? Qui est prêt à assumer les valeurs afrocentristes ? Nous présumons que ce ne sera sans doute pas le cas des pays dans lesquels les Africains continuent à être traités comme des esclaves. C’est pourquoi, seule la Révolution Africaine, peut donner naissance à une Union Africaine saine. Elle est le facteur discriminant qui va juger objectivement du degré de sincérité d’adhésion au projet de la Renaissance Africaine.


Il est clair, dans ces circonstances, que l’Union Africaine ne se fera pas au départ avec les Maghrébins, car leur attitude envers les Africains, est par trop archaïque. Dans des pays comme le Maroc, la Mauritanie, l’Algérie, la Libye, la Tunisie, l’Egypte, on considère l’esclavage des Noirs, comme normal, et comme un acquis historique. Des Négriers Touaregs reconnaissent même, que c’est le Coran qui autorise une telle pratique. L’attitude que ces pays développent envers les clandestins africains qui tentent de gagner l’Europe, par sa dureté et son inhumanité, ne nous rassure pas. En tout cas de telles pratiques seront considérées comme criminelles par l’Etat Fédéral Africain, et condamnées de la manière la plus impitoyable qui soit. La communauté africaine doit donc mettre en place une procédure d’inclusion et d’exclusion, qui impose un véritable rite de passage impitoyable à l’entrée de cette nouvelle société africaine.


Mais, n’oublions pas que les Africains ont gardé des traumatismes profonds et très graves des siècles de violences impitoyables provoquées par les dominations esclavagistes et coloniales. Il en résulte que l’Homme Noir est devenu un Homme castré, stupide, médiocre et servile ; incapable d’exploiter le gisement des capacités humaines pour s’épanouir. Non par quelque disposition congénital, mais justement, parce qu’un passé chargé de violences systématiques, induit inévitablement des conséquences graves sur le psychisme humain. La psychanalyse affirme que, dans ce domaine, ce qui est vrai pour l’individu, l’est aussi pour le groupe social. C’est pourquoi, ce serait commettre une très grave erreur historique, que de créer une nouvelle société africaine, sans faire table rase du passé. Autrement dit il serait insensé de créer une nouvelle société dans laquelle esclaves et négriers risquent de se retrouver sous le même rapport de force.


Prenant au sérieux le poids de l’Histoire sur les Hommes, nous sommes conduit à affirmer que la société africaine postcoloniale est une société cliniquement malade. En effet, toutes les violences et toutes les humiliations infligées aux Africains sur près d’un millénaire, n’ont pas laissé l’Homme Noir intact. Au contraire, il en a résulté des traumatismes qui ont gravement affecté sa structure mentale. Aussi, pour nous, la véritable crise de la société africaine postcoloniale, comme celle de toute la communauté africaine actuelle, est fondamentalement la crise de l’être ou de la personnalité africaine. Phénomène non mesurable et non quantifiable, mais dont la réalité s’impose à nous.


Les crises : sociale, politique, et économique, qui d’emblée attirent l’attention des experts en développement, ou en Négrologie, ne sont pour nous en vérité que des crises secondaires, des manifestations de surface d’une crise plus profonde : la crise de la personnalité africaine. Il est donc nécessaire de traiter en premier celle-ci pour espérer obtenir une résorption de celles-là ; au risque de recommencer éternellement le même effort. En attendant, la société africaine postcoloniale demeure le théâtre de toutes les manifestations des carences et des lacunes engendrées par le passé tourmenté et chaotique de l’Afrique. C’est pourquoi cette société nous impose un spectacle hallucinant de médiocrité sans fond.


Ainsi par exemple : les hommes politiques africains, à travers leur conduite arbitraire, autoritaire et prédatrice ne font que reproduire à l’identique le comportement d’autres autorités qui ont régné autrefois en maîtres absolus sur l’Afrique : les Négriers et les Colonisateurs. En même temps, les citoyens africains continuent à reproduire le comportement servile et soumis de leurs ancêtres esclaves et colonisés ; lorsqu’ils se trouvent confrontés à une situation arbitraire.


Entre ces deux extrêmes, il y’a toujours eu heureusement à chaque époque, des Africains patriotes ayant conservé la mentalité initiatique pharaonique, prêts à : s’insurger, résister et contre-attaquer, quand les intérêts de la communauté africaine sont menacés. C’est le cas de la nouvelle génération des intellectuels africains, qui sans le savoir, se conduisent comme des adeptes de l’Initiation, et sont ainsi idéologiquement protégés par la puissance de la MAAT, la science initiatique, qui leur permet de s’affranchir de la tyrannie de la pensée et de la culture dominantes.


En somme, produit d’une histoire violente et malsaine, l’Africain actuel est en règle générale un être carencé et castré : incapable de s’assumer comme n’importe quel autre être humain au monde. La société postcoloniale elle même paraît animée par une logique irrationnelle, suicidaire et auto-destructrice. En effet, elle est conduite à piller ses propres ressources au bénéfice d’un petit groupe de parasites, qui ayant réussi à accéder au pouvoir de façon légale ou illégale, entend par la suite s’y maintenir par tous les moyens : la force, l’intimidation, la corruption, la violence ou la terreur.


Tous les secteurs de la société postcoloniale sont infectés par cette logique qui surdétermine l’action des acteurs sociaux à tous les niveaux. Il en découle une mentalité, voire une idéologie que les Etudes Africaines ont pu qualifier de « politique du ventre » : comportement prédateur, qui soumet au pillage systématique toutes les ressources disponibles dans la nation. Cette logique prédatrice, irrationnelle, qui maintient toute la société postcoloniale dans la médiocrité, la misère, et l’instabilité, constitue l’identité même de cette société : sa logique sociale. Si, elle disparaît, c’est la société postcoloniale elle même qui s’écroulerait.


C’est pourquoi peut-on affirmer que la société postcoloniale qui manifestement est cliniquement malade, ensuite parce qu’elle ne satisfait pas aux critères du postulat social, n’est pas réformable non plus. C’est la raison pour laquelle la démarche incrémentaliste du genre NEPAD, qui depuis les indépendances a essayé au coup par coup, par des politiques ciblées, de sortir l’Afrique du sous-développement, a toujours buté sur la logique interne de la société postcoloniale : la prédation ; aberration héritée du passé décomposé de l’Afrique, conséquence de la crise de la personnalité africaine. C’est cette pathologie qui l’a complètement gangrenée, qui rend la société postcoloniale irréformable.


Par ailleurs, incapables de penser par eux-mêmes, les responsables politiques africains s’épuisent à singer les occidentaux. Ainsi : l’Union Africaine, qui n’est que la pâle copie de l’Union Européenne, nous donne à voir un exemple frappant de rédintégration. Or les problèmes de l’Afrique, n’ont évidemment rien à voir avec ceux de l’Europe. La copie devra donc être sévèrement corrigée, ou jetée à la corbeille. Néanmoins, ce mimétisme aveugle nous renseigne sur l’étendue de la débilité mentale de nos dirigeants actuels.


En outre, par la volonté de ses élites de vouloir se maintenir au pouvoir à n’importe quel prix, la société postcoloniale génère la violence et récolte systématiquement une instabilité chronique. Celle-ci constitue un très sérieux handicap au développement de l’Afrique, en perturbant la continuité de l’effort, et donc le processus d’accumulation primitive. Ainsi en apparence fort à cause : de son autoritarisme, de sa violence, et de sa corruption, l’Etat postcolonial est en réalité un Etat faible à cause de son inefficacité économique et politico-administrative chronique, qui induit son incapacité à atteindre les buts qu’il se fixe. Ainsi donc faible de l’intérieur, l’Etat postcolonial l’est aussi à l’extérieur.


Du point de vue de la théorie politique, il n’a d’ailleurs d’Etat que le nom. Dans ses relations notamment avec les puissances occidentales, il apparaît nettement comme un Etat-client à la solde des Etats-patron tout-puissants qui lui dictent sa conduite.


En définitive, incapable de promouvoir le développement, l’Etat postcolonial est aussi incapable de défendre les intérêts des populations africaines sur le plan international. Il donne l’impression d’une entité politique qui se maintient artificiellement en place notamment par la terreur et la corruption, avec un seul objectif, servir les intérêts de la faction au pouvoir et de ceux qui la soutiennent de l’intérieur comme de l’extérieur.


La nature humaine étant ce qu’elle est, c’est à dire foncièrement égocentrique, il faut s’attendre à ce que, contre le bon sens, et contre toute logique, la bande de prédateurs adeptes de la politique du ventre (que nous baptisons : ventripotents), qui pour les populations qu’elle terrorise et exploite, ne soit perçu que comme un groupe d’étrangers au service des étrangers ; continue à s’accrocher par cupidité au pouvoir ; pour conserver des avantages acquis et des positions avantageuses, au mépris de l’écrasante majorité de la population africaine, qui elle, végète, plongée dans la misère absolue.


Il tombe donc sous le sens que, parce qu’elle s’oppose consciemment et activement à l’épanouissement et à la satisfaction des besoins élémentaires des populations africaines, la société postcoloniale n’a plus qu’un destin : celui d’être abolie par une authentique Révolution Africaine. Cette société malade doit disparaître pour qu’à sa place les patriotes africains puissent établir une société apte à satisfaire les besoins fondamentaux de la communauté africaine. La Révolution Africaine apparaît ainsi nettement comme une thérapie, ou une réponse ciblée à la crise précise de la communauté africaine : la crise de l’être ou de la personnalité africaine.



II LA NECESSITE HISTORIQUE DE LA REVOLUTION AFRICAINE

La Révolution Africaine s’impose comme une rupture définitive et irréversible d’avec la société africaine actuelle : la société postcoloniale. Car cette société n’est que le prolongement et la reproduction de la traite et de la colonisation. Elle maintient les Africains dans une médiocrité générale et individuelle. En outre c’est une société immature, qui ne peut exister que dans la dépendance matérielle et psychologique de l’étranger, au lieu d’utiliser le gisement inépuisable des ressources naturelles, humaines et culturelles de l’Afrique. C’est donc une société qui infantilise volontairement les Africains, par l’absence de qualités morales et d’ambition de ses élites.


Nous invitons les membres de la communauté africaine à prendre doublement conscience de leur situation actuelle.


Dans un premier temps, de constater que cette situation est catastrophique et désespérée, qu’elle relève de l’exploitation, de la domination, de l’aliénation puis de la soumission aveugle envers l’occident et désormais, envers des pays comme la Chine (qui montre qu’elle n’a aucun scrupule à traiter les Africains comme l’ont fait autrefois les négriers et les colonisateurs), l’Inde, ou certains pays arabes. Et que la situation actuelle de la communauté africaine a été créée et maintenue par l’occident puis utilisée par ces nouveaux venus pour satisfaire leurs propres intérêts égoïstes, au dépend des Africains. Profitant de cette situation d’infériorisation collective de la communauté africaine, les voisins immédiats de l’Afrique, les pays Magrhebins arabes, à travers une attitude ambiguë, (qui prône tantôt la fraternité et tantôt le mépris et souvent l’esclavage et l’assassinat), tentent de leur côté de maintenir leur domination sur une partie de la communauté africaine, à travers l’Islam, (utilisé comme idéologie) ou en maintenant des relations de maître à esclaves là où elles existent depuis des sciècles, comme au Soudan, en Mauritanie, en Somalie, au Niger, au Maroc, en Egypte etc. Conscient de cette opportunité, l’Europe à travers son projet d’Union méditerranéenne, veut faire des pays du Maghreb, la dernière frontière sud de l’Union Européenne, contre les masses misérables africaines qui cherchent par tous les moyens à l’envahir pour des raisons économiques. Quel va être l’attitude des dirigeants arabes des pays Nord-africains, à cette proposition flatteuse, qui sans leur permettre d’entrer dans le club des riches, leur permettra au moins de jouer pour leur compte, le rôle de chiens de garde ? En tout cas nous voyons s’y profiler l’ancien mythe hamitique, bien nourri de préjugés évolutionnistes, qui relève du mécanisme de l’éternel retour. On veut construire un monde dont le sommet sera toujours occupé par l’occident, qui sera rejoint progressivement par des puissances émergentes. On veut confier la surveillance des limes de ce monde prospère à des gens que l’on méprise, mais qui sont jugés utiles pour la circonstance, car ils permettront de tenir en respect la partie de l’Humanité que l’on exècre : les Nègres ! Que faire devant cette monté de périls ?


Dans un deuxième temps, les Africains ont le devoir de prendre conscience du fait que, malgré les catastrophes et les périls actuels, le bon sens nous indique que la situation historique actuelle de la communauté africaine est provisoire. Au fond il s’agit d’une période intermédiaire, comme l’Egypte des pharaons en a connu trois fois au cours de sa longue histoire. L’Afrique postcoloniale aussi peut s’en sortir, à condition de poser un diagnostic implacable de sa situation actuelle, puis de se référer à des valeurs sûres et de se donner un projet de société puissant. Car l’Afrique n’est pas seulement le deuxième continent le plus vaste au monde, mais elle sera aussi dans peu de temps le plus peuplé devant l’Inde et la Chine. Mais surtout, elle possède les ressources naturelles les plus colossales du globe terrestre : information que toute la communauté africaine doit désormais prendre très au sérieux, et que les peuples qui espèrent satisfaire leur besoin de puissance et de domination à nos dépends, ont intérêt à méditer.


En outre depuis quelques décennies, les Africains ont pris conscience de l’importance historique de leur civilisation. Les plus instruits d’entre eux, n’ignorent plus qu’ils sont les descendants des pharaons, et que l’Afrique elle même est non seulement le berceau de l’Humanité mais aussi de la civilisation. Il en découle une fierté légitime, qui contribue à redresser un peu l’ego meurtri de l’Homme Noir.


Un décalage monstrueux apparaît ainsi nettement entre la surabondance des ressources tant naturelles que culturelles de l’Afrique et la pauvreté et la misère qui l’écrasent de façon absolue.


La Révolution Africaine s’impose alors irrésistiblement comme une réponse fonctionnelle aux problèmes fondamentaux de l’Afrique. Puisque la société postcoloniale ne peut être reformée. Elle prévoit non seulement la remise en cause d’une situation qui infériorise le Nègre et le maintient dans la médiocrité, mais elle préconise aussi l’abolition de la société postcoloniale elle même, qui est le facteur et l’instrument de cette infériorisation.


Concrètement, la Révolution Africaine doit donner naissance à un Etat Africain, c’est son objectif suprême. Car l’Etat Africain est la seule entité capable de maîtriser et de redistribuer les ressources de l’Afrique de façon équilibrée. Seul l’Etat Africain aura les moyens de créer un climat de paix sociale durable et de stabilité politique, nécessaires au développement de l’Afrique.


En outre seule une puissance de cette envergure, est en mesure de défendre avec fermeté les intérêts de la communauté africaine sur les plans : local et international. Mais aussi, la seule présence de cette entité politique agira positivement sur la psychologie des Africains, car elle sera en mesure de réparer en profondeur les mécanismes saccagés de la personnalité africaine, par toutes les violences et les humiliations, subies historiquement par l’Homme Noir.


Ainsi, l’Etat Africain, par sa puissance et par son rayonnement peut littéralement ressusciter la communauté africaine, agir sur la structure des relations qui existent actuellement entre les Africains et le reste du monde, pour les transformer radicalement. Et enfin sauver la diaspora africaine du fatalisme induit par sa situation particulière : sans espoir. Par nécessité donc, cet Etat est appelé à être dans un premier temps, un Etat fort.



III CONTENU DE LA REVOLUTION AFRICAINE

La Révolution Africaine, se ramène donc à la création d’un Etat Africain, et d’une nouvelle société africaine que nous avons baptisée, la Société Initiatique (dont nous exposons les principes fondamentaux dans le dernier paragraphe de ce texte. Voir aussi le Tome IV de la Théorie de la Révolution Africaine : « L’édification de la Société Initiatique »). La seule existence de cet Etat provoquera un bouleversement considérable dans la psychologie des Africains. Cet événement donnera le coup d’envoi de la Renaissance Africaine : processus à long terme de redressement de chaque Nègre et de réhabilitation de toute la communauté africaine. Autrement dit : il n’y aura pas de Renaissance Africaine, sans la création préalable d’un Etat Africain par la Révolution.


Une fois créé, l’Etat Africain abolira les frontières politiques qui existent actuellement entre les pays africains, pour ne conserver que des contextes politico-administratifs, nécessaires à la gestion d’un Etat fédéral. C’est aussi cette réponse volontariste qui marquera le vrai retour de l’Afrique à son intégrité. C’est l’occasion de refermer définitivement la parenthèse de la période coloniale, qui deviendra alors un souvenir enfoui au fond du subconscient de la communauté africaine.


Grâce à ces ressources colossales, qui à la suite de la Révolution Africaine, serviront enfin au développement de la l’Afrique, l’Etat Fédéral Africain, dotera l’Afrique d’une infrastructure qui la placera au sommet de la modernité. Nous avons imaginé la construction sur un siècle d’une centaine de villes totalement nouvelles qui représenteront le fer de lance du développement économique de l’Union Africaine, qui feront définitivement oublier aux jeunes africains la vieille Europe qui ne veut pas d’eux.


L’Etat Africain frappera sa propre monnaie. Il procédera à la création d’une nationalité africaine, dotant chaque citoyen africain d’un même passeport.


L’Etat Africain sera le seul dépositaire de la diplomatie africaine. Il aura sous ses ordres : une armée fédérale, une police fédérale et des services secrets fédéraux.


De tout cela résultera une mobilité sociale puissante et une puissance politique colossale. Grâce à quoi, la psychologie des Africains sera en mesure de changer radicalement. L’Etat Africain créera un contexte où les Africains pourront enfin donner la mesure d’eux-mêmes. Ils pourront ainsi s’épanouir et développer au plus haut degré toutes les qualités humaines.


L’Etat Africain visera à inculquer à chaque Africain, la mentalité pharaonique, qui est faite de : l’esprit d’entreprise, l’esprit de bâtisseur, l’esprit de conquérant et de qualités morales très élevées. A la base de cette mentalité, il y’a une aspiration puissante et permanente à l’excellence et à la perfection dans tous les domaines. C’est là, le contenu essentiel de la Renaissance Africaine.

IV STRATEGIE REVOLUTIONNAIRE

Si, nous acceptions que la Révolution Africaine ait pour objectif fondamental l’éveil de la conscience africaine, le redressement du Nègre, la réhabilitation de la communauté africaine ; qu’elle s’adresse d’abord à l’être du Nègre, à la crise de sa personnalité ; il est évident, que pour nous, elle représentera d’abord une thérapie collective qui doit préparer l’avènement d’une nouvelle société africaine, que nous baptisons : la Société Initiatique. Cette société représente le contenu concret de la Renaissance Africaine, qui vise à inculquer à chaque Africain la mentalité pharaonique. Pour cette raison, la communauté africaine a besoin d’une année ZERO, à partir de laquelle tout sera reconstruit sur de nouvelles bases.

 

1°)-PHILOSOPHIE DE LA RÉVOLUTION AFRICAINE

Par conséquent, la Révolution Africaine n’est pas et ne sera pas dirigée contre un peuple, une ethnie, une race, ni contre une religion, une catégorie socio-professionnelle, une classe, ni même contre la classe politique qui a dirigé l’Afrique depuis les indépendances jusqu’aujourd’hui (malgré sa médiocrité et sa corruption généralisée). Car celle-ci est aussi la victime du même passé traumatique que les autres Africains, des mêmes violences, et des mêmes humiliations qui ont castré la communauté africaine, et l’ont rendu servile et imbécile. C’est pourquoi donner à la Révolution Africaine la violence comme moyen serait contre productif. Si la violence doit jouer un rôle ici, ce sera par défaut.


Les hommes politiques africains actuels ont un rôle historique important à jouer dans le processus révolutionnaire. Ils doivent faire taire « les exigences de leur ventre » et procéder à une véritable libéralisation politique de leur régime. Ils tiendraient ainsi compte de l’intérêt supérieur de la communauté africaine, contre les intérêts catégoriels, égoïstes qui représentent pour notre communauté une menace permanente d’éclatement ; afin de rendre la Révolution possible. Leur rôle historique sera le moment venu, de donner la priorité à l’Afrique, c’est-à-dire aux intérêts fondamentaux de la communauté africaine. C’est le prix à payer pour faire oublier leur prestation calamiteuse à la tête des Etats africains post-coloniaux afin d’entrer quand même dans l’Histoire par la grande porte.


La Révolution Africaine n’étant pas dirigée contre eux, il faut espérer qu’ils saisiront cette chance d’absolution devant DIEU et devant l’Histoire, afin de ne pas faire l’expérience de la terreur révolutionnaire. D’éviter que le cas échéant, elle ne s’exerce contre eux, en représailles contre leur comportement arbitraire, irrationnel et égocentrique actuel.


Ainsi, dans sa démarche fondamentale, la Révolution Africaine exige la participation de tous les Africains, et considère la participation de chaque Africain au processus révolutionnaire, comme indispensable à sa réussite. Car, elle ne prend pas appui sur des divisions de classe, de races ou d’ethnies, pour atteindre son but. Elle ne peut réussir que si la communauté africaine réalise son unité. C’est-à-dire si les Africains font l’effort de se hisser au dessus de leurs querelles tribales et factionnelles, qui menacent de façon permanente la stabilité de la société. A cette condition seulement, la Révolution Africaine sera le plus grand événement historique de tous les temps, depuis la naissance de l’Humanité. Elle permettra à l’Homme Noir de regagner et de rétablir sa dignité à jamais.


Si, comme nous l’avons déjà indiqué, elle n’a pas besoin de violence pour s’accomplir, il faut préciser que, tous ceux qui, pour défendre leurs intérêts catégoriels, voudront s’y opposer, se regimber, ou ceux qui par lâcheté ou par couardise trahiront sa cause, subiront la terreur révolutionnaire et les châtiments les plus impitoyables.


On verra que, l’aboutissement ultime de la Révolution Africaine sera non seulement le remplacement de la société postcoloniale par une nouvelle société africaine, la société initiatique, mais cette rupture fondamentale suppose aussi une inversion de logiques sociales. La nouvelle société africaine au contraire de la société antérieure, entend mettre à la disposition de tous les citoyens africains, habités par la mentalité pharaonique, les ressources de la future nation africaine pour permettre à chacun d’exprimer grâce à la pédagogie initiatique ses véritables capacités d’entrepreneur de bâtisseur et de conquérant. Car, sur le plan économique, la priorité de l’Etat Africain sera de transformer chaque citoyen en entrepreneur, dans l’intention de créer de toutes pièces, une génération d’hommes d’affaires et d’entrepreneurs africains capables de soutenir par leur action, la croissance économique et le développement de la nation africaine.

 

2°)-PSYCHOLOGIE DU RÉVOLUTIONNAIRE AFRICAIN

Historiquement, toutes les révolutions politiques se ressemblent dans leur principe. Toute révolution recherche une cassure irréversible et définitive d’avec la société antérieure.


Dans ces conditions, le révolutionnaire est toujours un homme intègre, inébranlable, stable, intransigeant et ferme sur les principes qui guident son action et sa vie. Cette attitude exclut la peur et la compromission. Elle suppose une conduite audacieuse et héroïque.


Il est à prévoir que la Révolution Africaine créera nécessairement une situation de confrontation psychologique, intellectuelle, sinon physique entre les Africains et tous ceux qui ont intérêt à ce que la situation actuelle de la communauté africaine se perpétue. Et contre ceux qui sont habitué à obtenir du Nègre une soumission sans condition à leur volonté, une adhésion sans débat, sans critique, de leurs opinions. Cette confrontation étant inéluctable, le révolutionnaire africain doit se préparer mentalement et physiquement à l’affronter, avec la certitude de gagner, car c’est cette victoire qui va contribuer à forger une nouvelle personnalité africaine de base et à donner à l’Africain sa véritable place dans le monde : parce qu’elle contribuera à réparer au plus profond de son être, dans son inconscient même, les dégâts causés par toutes les violences et toutes les humiliations subies par la communauté africaine dans le passé, et qui l’handicapent aujourd’hui.


Car, prendre ouvertement position contre la Révolution Africaine, c’est vouloir prolonger et reproduire la mentalité et le comportement, arbitraire et arrogant du Négrier et du Colonisateur, ou faire preuve de stupidité. Or la Révolution Africaine vise au delà de l’Histoire à casser le lien psychologique qui existe toujours entre la communauté africaine et tous ceux qui prétendent la dominer.


Le modèle historique de la Révolution Africaine sera la Révolution sud-africaine ; qui a montré à la fois comment la fermeté constante sur les buts à atteindre a conduit à une révolution de velours, dont les résultats sont désormais irréversibles.


Nelson MANDELA apparaît ainsi comme le modèle du révolutionnaire africain. Il en totalise toutes les qualités : l’abnégation, le courage, l’audace, l’héroïsme, l’intégrité, mais aussi l’humanisme et la fraternité. Sa vie représente un véritable mode d’emploi de la psychologie du révolutionnaire africain.



La Révolution Africaine étant réputée résoudre les problèmes fondamentaux de la communauté africaine, les révolutionnaires africains doivent jusqu’à la victoire finale et totale, demeurer intègres et stables dans leurs convictions. C’est cette fermeté sans faille qui persuadera nos ennemis, que nous ne reculerons jamais devant aucune contrainte, ni aucune menace. Bien au contraire nous ne cacherons pas notre volonté d’aller jusqu’au sacrifice suprême pour obtenir la victoire totale.


Psychologiquement, les adeptes de la MAAT, c’est-à-dire les Initiés, autrement dit les révolutionnaires africains, vivent par anticipation dans la Société Initiatique, car ils ont le devoir de donner le bon exemple par leur conduite personnelle, aux masses de la communauté africaine mondiale. En effet, adhérer aux valeurs de la MAAT, c’est pratiquer l’Initiation, afin d’acquérir la mentalité pharaonique, qui se décompose en esprit d’entrepreneur, en esprit de bâtisseur et en esprit de conquérant ; c’est vivre déjà dans la Société Initiatique. La pratique de la MAAT, est donc la condition pour réussir non seulement la réalisation de la Révolution Africaine, mais aussi l’édification de la Société Initiatique, qui en toute rigueur, représente le contenu de la Renaissance Africaine.


Quel doit être la conduite quotidienne de l’adepte de la MAAT dans la situation révolutionnaire actuelle, notamment face aux forces contre-révolutionnaires, aux provocateurs, aux ennemis du peuple, aux individus qui tiennent à garder sur le Nègre une attitude rétrograde de Négrier et de colonisateur ?


Face à cette catégorie d’individus, l’adepte de la MAAT, doit demeurer calme et serein. Mais aussi distant et méprisant. Car aucun membre de la communauté africaine, quelque soit son statut personnel dans la société, quelque soit son niveau d’instruction, ne doit jamais accepter de se laisser insulter en tant que Nègre, ou laisser insulter à travers lui l’Afrique. Un tel affront demande dans l’immédiat réparation en justice ou au besoin impose l’usage de ses poings. Car la Révolution Africaine a aussi pour objectif de réhabiliter la communauté africaine, de lui donner sa vraie place dans le monde et de redresser l’image du Nègre. Par conséquent dans ce contexte la question de la dignité africaine occupe une place centrale.


En outre parce qu’il sait intimement que la Révolution Africaine sera sanctionnée par la victoire de la communauté africaine. Et, qu’il s’en suivra, la création d’un Etat Africain, et l’édification de la Société Initiatique, le membre de la communauté africaine ne doit plus accepter à son égard la condésendence, le paternalisme ou des consensus mous. Une telle conduite étant incompatible avec la mentalité pharaonique.


Par ailleurs, face aux amis de l’Afrique, car il y en a et il y’en aura de plus en plus, l’adepte de la MAAT doit afficher un comportement attentif, ouvert, mais sans tomber dans la naïveté. Parce que dans notre cas, c’est de nos amis, qu’il faut surtout se méfier, car l’excès d’affectivité qu’ils pourraient nous témoigner, est de nature à fausser notre jugement ou d’affaiblir notre volonté, en attendant la victoire de la Révolution.


Enfin, en règle générale, en tenant compte de la situation globale, de l’exclusion que subissent les Africains partout dans le monde. Le réflexe de chaque membre de la communauté africaine, doit être d’établir avec tous les Africains du monde, une fraternité massive et indestructible.

Ce qui doit se traduire en Afrique même, qui est le noyau de la communauté africaine mondiale, par la volonté de renouer avec les valeurs fondamentales de la civilisation africaine, ce que les intellectuels africains appellent l’afrocentricité. Cette aspiration n’est rien d’autre que le besoin de construire un


Etat Africain et une Nation Africaine. Autrement dit, tous les antagonismes entre Africains, entre ethnies africaines, entre Etats africains actuels, ont vocation à passer au second plan ou à se dissoudre dans le très haut idéal de création d’un Etat Africain, et de l’édification de la Société Initiatique.


C’est pourquoi en son temps, l’excellent théoricien révolutionnaire russe Georges PLEKANOV, avait montré que dans certaines circonstances, la superstructure peut être en avance sur l’infrastructure. Autrement dit les idées et les croyances ont vocation à précéder les transformations révolutionnaires.


3°)-ETAPES DE LA RÉVOLUTION AFRICAINE

Nous distinguons trois étapes dans le processus révolutionnaire africain.

a)-L’étape de la révolution philosophique ou étape de la conscientisation.

b)-L’étape de la révolution nationale démocratique et afrocentriste ou étape de la prise du pouvoir.

c)-L’étape de l’intégration politique panafricaine ou étape de la création de l’Etat Africain.

 

Dans sa phase finale, toute révolution ayant intérêt à s’accomplir dans un délai très court, nous avons fixé la durée de chaque étape à une année.

 

a)-Etape de la Révolution philosophique ou étape de la Conscientisation

Cette première étape se fonde sur la sensibilisation, l’éducation politique et la mobilisation du peuple. Elle débouche sur la conscientisation.

 

Au commencement, toute personne convaincue par la nécessité d’une rupture décisive d’avec la société postcoloniale, tout individu sensible à la problématique du changement radical dans les sociétés africaines actuelles, doit prendre ses responsabilités, en prenant la parole sur la place publique, pour mettre en cause et condamner notre situation actuelle.


Au départ donc, la Révolution Africaine est amorcée par l’instauration d’un débat général au sein de chaque société africaine. C’est ce contenu qui donne à la première étape de la Révolution sa dimension philosophique.


On imagine que ce débat sera ouvert et animé par les véritables patriotes africains. Ceux qui n’ont jamais accepté l’idée d’une déchéance définitive de la communauté africaine, et par conséquent, possèdent une haute idée de son destin. Parmi eux, les initiés vont constituer le véritable moteur de la révolution. Car, se sont les hommes les plus intègres parmi nous. Ils sont les dépositaires des traditions, de la connaissance, de la sagesse, de la spiritualité et des rites africains Ce débat aura pour but de faire le bilan : historique, culturel, politique, économique et social de la situation actuelle de la communauté africaine. Chaque Africain : du paysan à l’intellectuel, de l’ouvrier au plus haut fonctionnaire aura son mot à dire, car étant chacun diversement atteint et concerné par la situation générale.


Cette discussion sur la situation de la communauté africaine va non seulement faire apparaître de nouvelles élites, de vrais patriotes, mais aussi, par la discussion, chaque Africain prendra conscience de l’étendue de la catastrophe dans laquelle l’Afrique se trouve plongée.


Cette période doit nécessairement se terminer par la création d’un parti révolutionnaire panafricain, qui guidera le processus révolutionnaire. Ce parti sera implanté dans chaque pays africain. A cette étape, la tâche du parti sera de former des révolutionnaires professionnels, c’est à dire : de donner une éducation politique conséquente aux populations africaines en général, et une formation idéologique approfondie aux militants en particulier.

A la fin de cette première étape, les Africains devraient être prêts à couper les ponts définitivement avec la société postcoloniale.

 

b)-L’étape de la Révolution Nationale, Démocratique et Afrocentriste ou Etape de la prise du pouvoir

La Révolution Africaine s’entend être une révolution démocratique. N’étant pas dirigée contre une partie de la population africaine, elle n’a aucune raison de basculer dans la violence et dans la folie. Pour se réaliser elle s’appuiera donc sur les mécanismes démocratiques de chaque régime politique africain. A priori, elle ne devrait même pas troubler l’ordre public de chaque Etat africain.


Elle exige donc de la société postcoloniale et de son régime politique néopatrimonial, avant leur abolition, une franche ouverture à la pluralité politique et idéologique, pour permettre une participation politique active et totale des acteurs sociaux. Car le parti révolutionnaire ne peut livrer toute son efficacité et atteindre son objectif, que dans un tel contexte de respect des libertés publiques et individuelles.


En cas d’obstruction de la part du régime en place, la démarche pacifique de la Révolution Africaine passera sans transition de la non-violence à la terreur révolutionnaire, jusqu’au renversement du régime en cause.


Supposons donc un processus se déroulant dans des conditions idéales.

Le parti révolutionnaire qui s’est constitué au cours de l’étape précédente, dite de la « conscientisation », guidé par les meilleurs serviteurs de l’Afrique : les initiés ; « ouvreurs de chemins » et « gardiens des secrets du ciel », depuis l’Egypte pharaonique, et la Nubie impériale, en passant par l’héritage mystique des empires précoloniaux, réhabilite les traditions sacrées africaines, les mythes fondateurs, les épopées, les rites oubliés, la sagesse et la connaissance initiatique notamment, de laquelle il tire son idéologie afrocentriste : la MAAT, la science initiatique. Laquelle, sanctionne le retour de la communauté africaine au contenu positif de l’héritage historique et culturel de la civilisation africaine.

Imprégné d’une telle idéologie, le parti révolutionnaire peut se présenter sans crainte à toutes les consultations électorales provoquées dans chaque pays africain, pour la circonstance, à tous les niveaux : cantonal, communal, régional, législatif, présidentiel...


Nous supputons, qu’il les remportera sans coup férir, grâce à la sensibilisation, la mobilisation, et la conscientisation qu’il aura fait subir au peuple à l’étape précédente. Après quoi, le contenu afrocentriste de son idéologie doit donner naissance à une politique d’africanisation méthodique. A ce niveau, les pays africains où le parti révolutionnaire a triomphé ; sont prêts pour une ultime étape.

 

c)-L’étape de l’unification politique panafricain ou étape de la création de l’Etat Fédéral Africain

L’idée de créer un Etat Africain a toujours rempli de terreur ceux qui y ont pensé. Ses partisans comme ses adversaires. Tous estiment finalement qu’il s’agit d’un but impossible à atteindre, et que cette idée doit demeurer suspendue en l’air.


Les premiers sont victimes de l’atavisme et de l’idiosyncrasie de la société africaine postcoloniale : reproduction de la traite et de la colonisation. En effet, la société postcoloniale inspire à ses membres la médiocrité et la servilité : pathologies qui s’expriment par des carences et des lacunes tant intellectuelles que somatiques.


Certains Africains ont ainsi appris à réagir par la peur et la soumission lorsqu’il s’agit de s’attaquer aux véritables problèmes de l’Afrique. Ils essaient par la suite de masquer leur manque récurrent de courage et de performances intellectuelles par une phraséologie creuse et fumeuse, qui ne peut cacher leur médiocrité intellectuelle sans fond.

Les seconds, éprouvent à l’idée d’un Etat Africain, une panique incontrôlable. Car, pensent-ils, celui-ci, ne manquera pas de mettre en cause leur position sociale avantageuse, ou de supprimer leurs intérêts stratégiques ou catégoriels. Ce en quoi, ils ont parfaitement raison. La victoire du parti révolutionnaire aux élections dans tous les pays africains, ouvre la voie à la création du plus grand Etat du monde, dans tous les temps.


Cet Etat, nous le voulons en remplacement du système politique néopatrimonial postcolonial, un Etat de droit : démocratique, et libéral. En phase avec son temps, ouvert sur le monde, mais en même temps solidement enraciné dans l’histoire et la civilisation africaines : doté d’une idéologie initiatique, la MAAT, qui est le noyau dur de la culture africaine.

Une polémique, sans véritable intérêt théorique voudrait que nous choisissions entre deux possibilités :

a) une sorte de confédération africaine, d’empires coloniaux ressuscités et,

b) un Etat fédéral.

 

Nous plaidons ici pour le choix d’une formule fédérale. Car, ce qui est en jeu, c’est la Renaissance de l’Afrique. Ce qui suppose le redressement mental du Nègre, la réhabilitation de son image, le changement radical de la nature des relations entre la communauté africaine et les autres peuples du monde ; sans compter bien entendu l’efficacité de la formule politique choisie à mobiliser les gigantesques ressources de l’Afrique, pour les mettre au service de son propre développement. Ajoutons aussi la capacité du régime de la nouvelle société africaine à se défendre, à résister et à s’opposer avec vigueur et fermeté à toutes les formes de déstabilisation politique par coup d’Etat ou autres.


Il est évident que seule une direction politique et administrative unique, pourrait triompher de toutes les contraintes précitées.

Les ensembles régionaux actuels : CEDEAO, CEMAC, SADEC, etc... dont nous programmons d’ores et déjà le démantèlement, ne sont que le reflet de la mentalité des hommes politiques qui gouvernent actuellement l’Afrique. D’une part leur démarche subordonnée aux diktats de l’occident, manque nécessairement d’ambition pour notre immense continent. D’autre part, elle manque aussi de visibilité historique. Car, il faut redouter la cristallisation de ces ensembles géopolitiques, qui ne manquera pas de renforcer les divisions entre les Africains et de créer des déséquilibres économiques et sociaux sur l’étendue du continent.


Il nous faut avoir le courage de réaliser l’unité politique, pour que l’Afrique devienne un seul pays, afin que le milliard d’Africains, actuellement divisés en ethnies innombrables, souvent antagonistes, ne forment à terme qu’une nation d’Africains. C’est dans cette convergence vers une volonté historique commune, que réside à la fois notre force et notre salut : la capacité pour la communauté africaine de renaître et de faire des Africains un grand peuple.

Le choix de la formule fédérale est donc la garantie pour les Africains de dépasser une bonne fois pour toutes, les divisions artificielles qui leurs ont été imposées historiquement, et qui participent au chaos et à l’instabilité politiques actuels, dans la totalité des pays africains. C’est aussi pour nous, la possibilité de faire l’expérience de la puissance, qui nous protégera de tentatives futures de réduction en esclavage. C’est l’ouverture d’un marché gigantesque, qui sera avec le temps, le plus vaste au monde, élément indispensable à notre développement. C’est aussi l’unification économique et monétaire avec la création d’une monnaie africaine, qui nous donnera une grande marge de manœuvre dans la conduite de notre politique économique. C’est donc conséquemment, la suppression des barrières douanières et politiques entre pays africains, qui sont des handicaps inutiles à la mobilité sociale et géographique.


C’est enfin, la perspective de créer un espace culturel commun qui permettra à l’unité culturelle de l’Afrique de remonter à la surface afin de permettre aux Africains de s’épanouir et à l’Afrique de devenir une véritable puissance culturelle.


Or cette démarche n’altère en rien la spécificité du mode d’organisation des Négro-Africains : le communautarisme, qui grâce à la marge d’autonomie que permet le fédéralisme pourra s’épanouir librement ; puis connaître ses propres évolutions et ses propres transformations en s’appuyant sur sa trajectoire de développement spécifique, qui conduit au dépassement du système communautaire et à l’édification de la société initiatique fondée sur la fraternité universelle. Donc le point final, sur lequel nous devons éviter toute confusion, c’est le besoin fondamental de la communauté africaine de rechercher une formule politique qui lui garantisse la défense efficace de ses intérêts : politiques, économiques, sociaux, et culturels, tant sur le plan local que sur le plan international. La future société africaine, ne peut être spectatrice de l’Histoire et de la mondialisation. Elle doit y contribuer activement. Pour cela, l’unité s’impose à notre génération comme une exigence historique, et un impératif moral.


Par ailleurs nous ne devons jamais oublier, que les relations internationales ne sont pas fondées sur l’amitié ou sur la fraternité, mais sur des rapports de force. Nous devons y peser autant que possible dans l’intention de dégager notre place sous le soleil. C’est ici que la mentalité pharaonique, et notamment sa composante offensive, l’esprit de conquérant, doit entrer en activité, pour permettre à la communauté africaine de changer son image, et imposer au reste du monde de nouvelles relations.


On peut ici méditer cette phrase de C. A DIOP : « Nous devons dépendre des autres autant qu’ils dépendent de nous ». L’Etat fédéral dans les conditions actuelles n’est pas seulement la meilleure des formules pour l’Afrique, mais c’est la solution qui nous permettra d’atteindre à la fois l’unité et la prospérité ; puis de parler au monde d’une seule voix ferme et puissante. La situation actuelle exige même que ses prérogatives de puissance publique soient renforcées.


Quant au gigantisme de l’Afrique, qui fait pousser à certains de hauts cris, et les incite à douter de notre capacité à piloter une entité politique aussi colossale, ne traduit qu’un vieux préjugé tenace, qui a la peau dure : celui de la Malédiction du Nègre, et qui ne mérite aucun commentaire, à part un mépris complet. Sur ce point on peut d’ailleurs affirmer avec Karl MARX, que c’est la pratique qui sera le critère de la vérité (Sic !).


L’étape de l’unification politique panafricaine s’ouvre par une consultation référendaire. Dans chaque pays africain, où le parti révolutionnaire aura triomphé, une ultime consultation du peuple s’impose. Nous l’imaginons sous la forme d’un référendum, pour obtenir du peuple le droit de créer l’Etat Fédéral Africain.


Si cette consultation est positive pour les révolutionnaires, le processus politique se poursuivra avec : la proclamation officielle de la naissance de l’Etat Fédéral Africain, puis, l’organisation de l’élection du président de l’Etat fédéral au suffrage universel.

Charge au président élu de l’Afrique, pharaon, empereur des Africains, et successeur des pharaons, de construire en pratique l’Etat fédéral avec l’aide de toute la classe politique, de la société civile, bref avec toutes les forces vives de la nation et de lancer enfin le processus de la Renaissance Africaine dans tous les domaines.

 

 

V QU’EST CE QUE LA SOCIÉTÉ INITIATIQUE ?

L’Etat Fédéral Africain, représentera au niveau panafricain le système politique de la Société Initiatique. Cette société est avant tout la négation de la société postcoloniale qui représente pour les Africains la reproduction de la Traite Négrière, de la Colonisation et du néocolonialisme, elle est donc le symbole même de leur humiliation, et de leur aliénation. En outre, elle organise leur exploitation, leur domination et en même temps leur exclusion des affaires du monde. Par conséquent la Société


Initiatique est à la fois un concept et une réalité qui représente le retour des Africains au contenu positif de l’héritage historique et culturel de la civilisation africaine. Elle donne un contenu concret à l’aspiration qui affecte aujourd’hui toute la communauté africaine : la Renaissance Africaine. La Société Initiatique soumettra chaque Africain à la rigueur de la Maât, pour que les plus hautes qualités humaines puissent éclore dans son psychisme, pour engendrer ce que nous avons qualifié de Mentalité Pharaonique. Le prototype de la Société Initiatique fut expérimenté pendant vingt ans sous le règne du pharaon AKHENATON. C’est le stade le plus élevé du développement de la société africaine, dans laquelle l’action sociale et l’action historique sont entièrement dominées par la pratique de la Maât, la science initiatique. C’est cette pratique qui a conduit à la découverte de la première religion monothéiste de l’histoire : la religion solaire, le plus pur exemple de monothéisme d’après FREUD, et qui a engendré par la suite les trois grandes religions du monde abrahamique : le judaïsme, le christianisme, et l’Islam. Nous consacrons le tome IV de la « Théorie de la Révolution Africaine : l’Edification de la Société Initiatique » à l’exposé de cette nouvelle société africaine. Nous demandons donc au lecteur de bien vouloir s’y reporter. Ici, nous nous limiterons à tracer un tableau synoptique, qui en donne un aperçu sommaire.


Les trois principes fondamentaux de la société initiatique sont :

- La pratique de la MAAT
- La circulation des richesses
- La construction d’une infrastructure d’intégration panafricaine

 

1°)- LA PRATIQUE DE LA MAAT

La MAAT est le degré le plus élevé atteint par le développement de l’idéologie africaine : l’Initiation. C’est ce que l’on appelle la science initiatique. La pratique de la MAAT a permis à l’Egypte pharaonique de devenir le berceau de la civilisation mondiale. Elle est en réalité le facteur, ou le moteur de la transformation, puis du développement de la société africaine elle-même. Elle est ainsi responsable d’un schéma conceptuel de développement, particulier à la société africaine, que l’Egypte ancienne, de même que la NUBIE ou AXOUM, qui ont atteint le niveau III de ce schéma n’ont fait qu’expérimenter, car partageant avec les autres sociétés africaines, la même idéologie et donc les mêmes symptômes de développement. Ce schéma conceptuel de développement, que nous avons déjà exposé dans le tome I de la Théorie de la Révolution Africaine (pp.68 à 89), organise la transformation de la société africaine en trois étapes. Au premier niveau se trouve la société communautaire de base, que nous appelons Type I du système communautaire, vient ensuite le Type II (Société communautaire en transition), et enfin le Type III ou société communautaire développée. Au-delà de ces trois catégories de développement, on trouve enfin la Société Initiatique, la forme la plus évoluée de la société africaine, qui sociologiquement, n’est plus une société communautaire, c’est pourquoi nous ne l’appelons pas Type IV du système communautaire. Seule l’Egypte de la XVIIIè dynastie, sous le règne du pharaon AKHENATON [1], a connu cette forme particulière de la société africaine pendant vingt ans.


Cette société fonctionne sous la domination totale du paradigme initiatique. C’est-à-dire à ce niveau, l’Initiation qui jusqu’ici, n’était que l’idéologie de la société africaine, devient en totalité sa culture. C’est au cours de cette expérience que le monothéisme a été inventé pour la première fois dans l’Histoire de l’humanité. Dans le contexte actuel de la société africaine postcoloniale, la MAAT, est la réponse la plus adaptée à la crise de cette société, ainsi qu’à la crise générale de la communauté africaine mondiale, puisque (Cf. Tome I et Tome II de la Théorie de la Révolution Africaine), nous avons pu montrer qu’au-delà des manifestations apparentes : politiques, économiques, financières, sociales etc., la vraie crise de la communauté africaine affecte d’abord la structure mentale du Nègre. Elle est la conséquence des dominations et des violences systématiques subies pendant des siècles par les sociétés africaines, de la part des négriers et des colonisateurs de tous acabits. La réponse initiatique à cette crise est la plus fonctionnelle, c’est-à-dire la plus appropriée. Car le mental humain, est le domaine de compétence de l’Initiation. C’est son action sans rupture d’effort sur le psychisme humain, qui permet de faire émerger en l’Homme des qualités supérieures, une aspiration puissante à l’excellence et à la perfection, bref la fameuse mentalité pharaonique. Aussi la Société Initiatique africaine contemporaine, à l’opposé de la Société Initiatique africaine antique, sera une construction qui relève à la fois de la logique, c’est-à-dire la compréhension des mécanismes de la crise africaine, puis du volontarisme des nouvelles élites africaines, le désir de construire une nouvelle société africaine sur la base du contenu historique et culturel de la civilisation africaine. Ainsi, par la même action de la pédagogie initiatique, on obtient sur le plan social, la stabilité, qui permet à la société de durer et d’atteindre des objectifs de longue durée et de dimension pharaonique. Sur le plan économique, la pratique de la MAAT, rend l’agent social rationnel et le transforme en entrepreneur, en bâtisseur et en conquérant, constructeur d’empires et capable de prendre des risques élevés. Sur le plan politique la pédagogie initiatique, engendre l’intégrité et l’efficacité des acteurs politiques. Par ailleurs, l’action de l’initiation sur l’ensemble du système social, exerce une contrainte sur la structure sociale qui lui donne la forme d’une pyramide. Au sommet de cette pyramide viennent s’installer les individus qui grâce à la pratique assidue de la MAAT, ont réussi à faire éclore en eux-mêmes un centre spirituel, ou Nature Divine, qui représente les qualités les plus élevées. Le tronc de cette pyramide sera occupé par les initiés, et la base par les adeptes de l’initiation. Dans un tel système politique, la circulation des élites au pouvoir est fluide, car la dévolution du pouvoir échappe au chaos, engendré par la mentalité prédatrice, par l’égocentrisme, et l’irrationalité propre à la nature patrimonialiste de la société postcoloniale. Enfin la pratique de la MAAT donne à la société initiatique une dimension universelle. En agissant sur la structure du psychisme humain, elle lui impose l’autorité de la Nature Divine de l’Homme qui est solaire et désintéressée, sa dynamique engendre une parentalisation cosmique des rapports sociaux. En effet, la socialisation à la MAAT, élargit la conscience de l’Homme aux dimensions de l’univers. Il échappe ainsi à la coercition de la conscience tribale et communautaire, pour entrer dans la Fraternité Universelle. Il ne se considère plus comme étant uniquement le frère des membres de son clan, de son ethnie ou de sa nation. Mais, habité par la Nature Divine, il se sent lié intimement, à tous les êtres de la Création.

 

2°)- LA CIRCULATION DES RICHESSES

Il est établit que l’Afrique est un continent riche, mais peuplé de pauvres. Pour simplifier rappelons, qu’elle détient le tiers de toutes les ressources naturelles prouvées de notre planète. Ainsi Dieu n’a pas déshérité les Africains. Or, on sait qu’à l’horizon 2030, l’Afrique, c’est-à-dire l’Afrique Noire, sera la région la plus peuplée du monde : environ 2 milliards d’habitants. Elle passera ainsi devant l’Inde et devant la Chine. En 2050, un habitant sur trois de notre planète, sera Noir. Tirons quelques conséquences de ces informations. Au sens propre du mot, l’Afrique apparaît bien comme une bombe thermonucléaire de plusieurs mégatonnes, à retardement. Avec une telle population, le chaos, voire même l’apocalypse, menace le berceau de l’Humanité. Il faut craindre non seulement la malnutrition, mais aussi la famine, les maladies et les pandémies, mais aussi tout simplement la pauvreté, et les inégalités sociales qui en découlent. En même temps l’exploitation cynique par les puissances étrangères des ressources naturelles de l’Afrique risque de maintenir les Africains dans la misère et le désespoir pendant qu’elles contribueront à enrichir d’autres continents et d’autres peuples. Nous pouvons contrarier ce destin, l’empêcher de se produire. D’abord par la Révolution Africaine, qui confiera le destin de notre continent à une nouvelle élite, qui sous l’éclairage de la MAAT, saura imposer à chaque Africain l’obligation de donner le meilleur de lui même. Grâce à la création d’un Etat fédéral doté de ressources politiques suffisantes pour fonctionner, une monnaie africaine, une structure juridique africaine, un gouvernement africain, une armée, une police fédérale,... l’Union Africaine sera capable de faire naître un marché gigantesque, et susciter une puissante émulation collective. C’est dans ce contexte, par la création d’organismes financiers adaptés à la situation, qu’on donnera les moyens à chaque citoyen, la possibilité d’expérimenter la mentalité pharaonique. C’est ici, que les ressources réputées colossales de l’Afrique, doivent jouer le rôle qu’elles auraient dû jouer depuis les indépendances : circuler parmi toutes les couches de la société pour éradiquer la pauvreté qui résiste, et qui dure. Concrètement il s’agit de mettre le citoyen africain au centre de la stratégie de développement de la Société Initiatique, en concevant une politique de crédit, et de subvention volontariste destinée à l’épanouissement de ses capacités d’entrepreneur, de bâtisseur et de conquérant, le tout encadré, par une politique de formation permanente, et d’éducation extrêmement ambitieuse. Le grand projet de la Société Initiatique sera ainsi, de transformer chaque citoyen en entrepreneur, pour fabriquer de toutes pièces, une génération d’entrepreneurs et d’industriels qui auront la vocation de supporter la croissance économique de la Nation Africaine.


3°)- LA CONSTRUCTION D’UNE INFRASTRUCTURE PANAFRICAINE D’INTÉGRATION

La nouvelle société africaine, issue de la Révolution Africaine, matrice de la Renaissance Africaine, doit frapper puissamment l’imagination et marquer chaque Africain jusque dans son inconscient, et en même temps impressionner le reste du monde au point d’obliger les autres peuples à changer leur attitude et la nature de leurs relations avec la communauté africaine. C’est une démarche fondée sur le triomphe de la volonté.


L’Union Africaine s’imposera un objectif, qui laissera l’Humanité entière ébahie. La construction de cent villes nouvelles, y compris sa capitale, sur une période d’un siècle. Ces métropoles, qui seront chacune à la pointe de la technologie et de la modernité, auront clairement pour mission de faire oublier aux

Africains, la vieille Europe, où l’on ne veut plus d’eux, où toutes les politiques anti-immigration sont conçues, pour leur rendre la vie, la plus dure et la précaire possible. Ces villes, seront le fer de lance du développement économique de la Société Initiatique. Leur construction tiendra compte des exigences actuelles et futures en matière d’écologie et d’environnement. Pensées d’avance méthodiquement, elles intégreront toutes les technologies et offriront aux Africains, le cadre adéquat de leur épanouissement. Chaque nouvelle ville aura pour mission d’exploiter une filière économique, industrielle, technologique, culturelle ou scientifique, et permettre à l’Afrique de la dominer au niveau mondial. Cette centaine de nouvelles métropoles se comporteront comme cent soleils, qui brilleront de mille feux pour combler les aspirations de chaque Africain, lui donner les moyens d’exprimer sa créativité, de se retrouver confiance en soi, Ainsi, au lieu de quitter l’Afrique pour vouloir émigrer en Occident, les Africains, partiront des villes-mouroir héritées de la colonisation pour migrer vers la Société Initiatique. En cherchant à fuir l’Afrique pour l’Occident, les Africains montrent inconsciemment que le centre sociologique de l’Afrique se trouve encore à l’extérieur de l’Afrique. Avec la Révolution Africaine, nous allons le « rapatrier au village » et l’y ancrer définitivement. Cette infrastructure sera enfin le moyen concret par lequel l’Etat Fédéral Africain va intégrer dans une seule Nation Africaine, l’ensemble des peuples africains. C’est aussi l’image capable de faire rêver chaque Africain, de le persuader qu’avec nos ressources colossales, la création d’une nouvelle société africaine radicalement différente est possible, et faisable.

Au désespoir absolu actuel, succédera une aspiration puissante de triompher de tous les obstacles.

CONCLUSION

Les trois étapes de notre stratégie révolutionnaire sont réalisables en trois ans, en raison d’une année par étape. Nous l’affirmons contre tous ceux qui croyant faire preuve de sagesse, en renvoyant aux « calendes grecques », une décision qui doit être prise ici et maintenant, ne font que patauger dans le marécage mental de la société postcoloniale, sans même s’en douter. En fait, rien n’empêche, ni ne retient les Africains de s’engager sur la voie grandiose que nous venons de baliser. Ils ne courent au total qu’un risque majeur : celui d’être libérés de la servitude et de la servilité, de l’exploitation et de la médiocrité. Certes, aucune révolution dans l’Histoire des Hommes, ne s’est accomplie en faisant l’économie de victimes. Et, nous ne promettons pas l’impossible aux Africains. Bien au contraire, nous devons nous préparer au pire. Mais, nous croyons, en fin de compte, pour paraphraser SOCRATE, que la Révolution Africaine, comme l’Eternité, est un beau risque à courir (Sic !).


C’est pourquoi nous demandons à tous les adeptes de l’Initiation, aux Initités et aux partisans de la MAAT, de prendre le pouvoir, dans toute la communauté africaine.

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Références bibliographiques:

[1] En réalité, tout en acceptant que les Africains ont toujours eu la vision d’un Dieu Créateur du monde, qui se place au dessus d’une hiérarchie de divinités, leur conception du monde s’oppose néanmoins à la conception abrahamique, d’un Dieu qui se tient hors du temps et du monde, et qui impose d’en haut de l’extérieur à la nature des lois et des decrets pour la diriger. Dans l’univers mental africain, Dieu est lié à la nature et cohabite avec elle. La révolution religieuse d’Akhenaton, a consisté par une pratique intensive et constante de la MAAT à éliminer tout le panthéon égyptien pour ne conserver que le culte d’un Dieu unique. L’utilisation ultérieur que le monde abrahamique a fait de cette mutation de la spiritualité africaine, n’engage que lui. Mais on peut dire qu’Akhénathon a inventé au sens moderne le monothéisme. Dans le tome II, je montre qu’il n’avait pas forcément raison d’agir comme il l’a fait. Il a même commis des erreurs de sémiologiques. Mais c’est cette version que le monde abrahamique a hérité par l’intermédiaire de MOISE.


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JPK 15/04/2010 23:58



Chère Soeur,


Ton blog  est réellement magnifique. Je compte le fréquenter sans modération. Mais je regrette seulement que tu aies oublié de signaler le nom de l'auteur du "Manifeste de la Révolution
Africaine" que tu as la gentillesse de publier sur ton ton blog.


Vie, Force, Santé.


JP KAYA (kaya.jp@gmail.com)


 



Munsa Nzinga Kandombe 09/05/2010 01:46



Mon Frère,


Mille excuses pour cet oubli totalement involontaire que je m'empresse de réparer!


Je te remercie de l' intéret que tu portes à mon Blog.


 


Ankh Udja Seneb