Le professeur Théophile Obenga a-t-il pété les plombs ? par Congopage, publié par Papy Olenga

Publié le par Munsa Mâga

Le professeur Théophile Obenga a-t-il pété les plombs ? par Congopage

vendredi 22 mai 2009
Dans sa livraison du 05 mai 2009, la Semaine Africaine, un des plus anciens hebdomadaires d’Afrique, étalait un portrait pour le moins étrange de l’homme fort du Congo signé, tenez vous bien, par un des disciples les plus en vue de Cheikh Anta Diop, le Professeur Théophile Obenga. Le Président Denis Sassou Nguesso : un nouvel épithalame pour le Congo. C’est le titre de ce billet qui se voulait un hommage à l’homme et à l’action du dictateur président. C’est peut être le plus pharaonique, dithyrambique des portraits jamais conçu dans les colonnes d’un journal du Continent en l’honneur d’un dictateur au pouvoir, par une des figures majeures de l’afro-conscience. Le conférencier de la « conscience noire » le plus écouté des salles parisiennes est-il devenu fou ? Comment expliquer un tel revirement de la part d’un homme qui jusqu’à présent n’a cessé de prêcher la Maât, un concept très prisé par les afrocentristes, qui n’est autre que le principe de l’équilibre du monde, de l’équité, de la paix, de la vérité et de la justice ? A mille lieux donc du modèle président de notre Professeur ?

Alors qu’une magistrate française, Françoise Desset, vient de juger recevable une plainte de l’Organisation non gouvernementale Transparency International France, en ordonnant une information judiciaire sur les propriétés, comptes bancaires et limousines détenus par Omar Bongo (Gabon), Denis Sassou Nguesso (Congo), Teodoro Obiang (Guinée équatoriale) et leurs proches, le plus respecté des pèlerins de la conscience noire vient subitement de se détourner du chemin qui l’a lui-même balisé en trente ans de carrière pour les jeunes générations. L’afrocentriste serait-il devenu un « affreux centriste » de la cause des présidents dictateurs ? L’éclaireur de conscience a-t-il définitivement éteint sa bougie de réhabilitation de l’homme noir ? En tout cas, l’hagiographie, qu’il vient de pondre pour Denis Nguesso dans la feuille de chou brazzavilloise, demeurera dans les annales du « reniement de soi », un modèle affligeant de conte-vérité. Son feu compagnon de route, l’éminent Cheikh Anta Diop doit aujourd’hui se retourner dans sa tombe. Au grand dam de tous ceux qui ont cru à la bonne parole du professeur, celui là même qui écrivait récemment dans une contre-offensive antisarkozienne dans l’Afrique répond à Sarkozy, ces mots d’un réalisme visionnaire : « Quand un peuple, une nation, un Etat perd partiellement ou totalement sa mémoire culturelle, son sens historique, la conscience de sa civilisation, alors il perd, non moins dramatiquement, le sens du devoir dans l’histoire de l’humanité ». (…) L’espoir africain ne peut provenir que des Africains eux-mêmes, de leur sueur, de leur travail. Cet espoir africain confère le sens du devoir, lequel augmente le sens de responsabilité au vu des intérêts africains majeurs, vitaux. Il n’y a pas de civilisation sans devoir ni responsabilité ». Comble de l’ironie, sa muse de président est celui là même qui a érigé au cœur de la capitale de la France libre pendant l’occupation un somptueux monument de 10 milliards de FCFA (15 millions d’euros) à la gloire du colon Savorgnan de Brazza. Avec ce dithyrambe, on saisit peut être mieux les explications du phénomène colonial du Professeur.

Quelle mouche tsé tsé a donc piqué le docteur en linguistique ? Est-ce un retour aux sources tribales, à cette cuvette congolaise d’où il vient, qui le conduit à se comporter de la sorte ? Les liens tribaux sont-ils plus forts que la Maât ? Il est vrai qu’Obenga est mbochi comme son président, tous les deux sont issus des régions du Nord du Congo-Brazzaville, cette proximité tribale peut-elle expliquer ce revirement qui s’apparente à un véritable coup de Jarnac ? En tout cas, sa plume n’y est pas allée de main morte comparant l’actuel dignitaire à un « twéré » comme il l’explique lui-même « un mot de l’idiome mbochi qui signifie tout à la fois sage, pondéré, attentif, méticuleux, réfléchi, serein et endurant ». Après avoir savamment annoncé la couleur de son épithalame à la gloire du dictateur, le professeur enfonce le clou dans ce panégyrique digne du temps de Mobotu : « sa personnalité (en parlant de Sassou) est aussi faite de méthode rigoureuse, de détermination sinon de volontarisme. Il apparaît froid sévère, imperturbable et même imperméable. Cependant l’homme est profondément sensible, plein de compassion, généreux, affable, tendre et affectueux. Il sait pardonner, récompenser ou sanctionner avec clairvoyance et justice. Il relativise le mal qu’on lui fait, car il s’estime responsable numéro un du pays, et il ne doit que faire prévaloir l’intérêt général. (…)Comprenons. Quand la dite « bêtise humaine » manifeste « becs et crocs » avec une aveugle intransigeance, Sassou Nguesso, lui montre au contraire, au grand jour, l’ « intelligence humaine. (…) La position du twéré est historiquement la meilleure et la seule avantageuse pour le Congo ». Mais ce numéro de courtisan de l’intellectuel afrocentriste à la cour du dictateur ne s’arrête pas là.

Après l’avoir érigé en modèle de la Maât, il le pare ensuite d’oripeaux de sauveur en pleine crise économique à l’approche du scrutin présidentiel de juillet dont on sait d’avance que les dés sont pipés : « Les êtres humains vivent leur vie. La paix, la confiance en soi- ce que les philosophes appellent la « certitude de soi » et l’espoir sont des valeurs qui ne passent pas. Elles amènent le changement, mais elles ne s’altèrent point. Pour juillet 2009, tous les candidats à ce qu’il me semble sont, expérimentés, valables, dévoués, compétents et patriotes. Mais il y a ersatz et ersatz. Ainsi toute élection surtout une élection présidentielle requiert pondération, jugement et choix motivé. La ré-élection du Président Denis sassou Nguesso surtout en ces temps durs dans le monde entier serait encore le meilleur choix. Un magnifique nouvel épithalame pour le Congo ». Le tout emballé dans un discours sophiste, ronflant de termes savants pour le commun des mortels. A l’en croire, Sassou c’est presque la manifestation du divin au Congo. Il y a de quoi suffoquer d’indignation au regard des trois millions et demi de congolais plongés dans le chaos indicible de la prédation des richesses nationales au profit d’un clan, d’une famille dont le train de vie dans les capitales occidentales laisse coi.

Il est vrai qu’en regardant le parcours, du modèle-président de notre Professeur, après 25 années passées à la tête du Congo (1979 à 2009, en excluant l’intermède de 5 ans de Lissouba de 1992 à 1997)), le sens du devoir et de responsabilité a été amplement au rendez-vous. Avec un taux de chômage des jeunes avoisinant les 80 %, presque tous les diplômés sortant du système scolaire congolais sont de chômeurs déguisés (occupant une activité informelle de survie, de débrouillardise) : ils sont chauffeurs de taxi, mécaniciens, dockers, crieurs de foula foula, vendeurs de babioles, parfois pasteurs dans les nouvelles églises. Alors que la capitale Brazzavilloise est l’une des mieux loties en Afrique en cours d’eau et sources, l’eau courante est quasiment un produit rare voire de luxe. Les congolais ne se lavent qu’à raison de deux jours par semaine dans un pays où les températures avoisinent les 40° C. Il serait trop long d’égrener cette liste de petites choses que recommande le bon sens avant d’évoquer celui du devoir ou de la responsabilité




Ossembe Lusulu Lodi
Ossembe Lusulu Lodi
La question qui me vient à l'esprit est celle de savoir si il croyait à ce qu'il prêchait ? Je ne serai pas étonné que nous allions de surprise en surprise !
Seku Mâga
Seku Mâga
http://sekumaga.blogspot.com/
Il faut oublier ces hommes et surtout ne pas les pendre comme mod
èles. Théophile Obenga est un savant, un excellent chercheur, linguiste et égyptologue que je j’admire pour ces travaux sur lesquels d’ailleurs je me fonde en grande partie, car grâce à son œuvre scientifique, nous apprenons à connaitre notre histoire et notre civilisation. Cependant Obenga demeure malheureusement un simple citoyen de l’état congolais, état issu des frontières artificielles de la colonisation occidentale et dont le nom de la capitale est en toujours honteusement en honneur de Brazza un colon. Par son attitude de vénération devant ce président franc-maçon à la botte de l’occident et de la France, il nous nous montre qu’il n’a jamais trouvé la bonne attitude politique ni l'idéologique pour nous mener au salut. Cessons désormais de vouloir faire de nos célébrités et spécialistes dans des domaines divers, des héros ou des leaders de la révolution kamite. Cessons d’être naïfs, car les hommes comme Obenga se foutent de « notre gueule » et se moquent de notre souffrance. Définissons plutôt les critères qui déterminent un vrai leader et un véritable révolutionnaire et jugeons ces hommes pour ce qu’ils sont sans leur attribuer des honneurs auxquels ils n’ont pas droit. Il en est de même pour Cheikh Anta Diop fidèle compagnon de Théophile Obenga, c’est indéniablement un grand savant et nous l’admirons pour cela, mais ses tentatives en politique notamment par la création de ses partis politiques au Sénégal ont montré ses insuffisances idéologiques à pouvoir nous offrir un modèle cohérent pour une pensée révolutionnaire efficace et adaptée aux nécessités de la révolution Kamito-nubienne.
Kewuzâbe Leila Brumier
Kewuzâbe Leila Brumier
Je suis vraiment plus que surprise par les propos du Pr. Obenga ... Etonnée ... Et déçue en même temps !!!
 
Réflexion Café
Réflexion Café
Un peu pommée...
Roz

à suivre...
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Pakamitdutoumèmboshi 06/11/2010 16:16



C'est à croire qu'il y a un un transfert identitaire entre la déïfication pharaonique et celle mboshi. Après avoir endormi ses élèves pendant des années le prof. montre la vraie raison de sa
passion pour l'égyptologie... Cette ressemblance avec ses croyances mboshi. Bientôt il va dire que son peuple déscend du Nil... ça bouillonne sous le couvre-chef, dites donc : après avoir
réscucité les momies, on devra bien pouvoir déterrer les cadavres ou sortir ceux cachés dans le placard, non ? En tout cas, pas besoin d'un remake de Thriller pour faire la Nuba en Afrique.



yo 17/05/2010 12:30



alors comme sa le professeur teophile obenga cet eminent chercheur conscient appui et soutient un dictateur !! on voit rapidement les limites de lafrocentrisme et de tous ceux qui se fonde sur
cette ideologie pour soit disant relevé l afrique ! demandé d ou vennait ses subventions pour son centre de la civilisation bantou .... allez voir qui va a new york pour la reunion du new black
panthers parti ... toutes ces personnes sont malhonnète et le probleme c 'est qu'il a toujours des cretins pour croire o belles paroles comme quand bechir parlait d imperialisme aau soudan pour
denoncer sa midse en accusation de vant le tpi en l espce de 5 mn il est passé du statut d homme oni a celui qui se bat pour l independance des peuples ! simplement ridicul!