Les aires ethniques d’Afrique Noire-par Kwanza Millenium

Publié le par Munsa Nzinga Kandombe

 

      

 

 

 

 

 

 

 

 

29AOÛT

Les idées reçues

Avant d’expliquer la carte ethnique du continent noir, je tiens à exposer les différentes idées reçues sur le peuplement Africain. Ces préconceptions, je les ai moi même pour certaines considérées comme vraies avant de m’intéresser de plus près au continent de mes origines, elles font aussi  partie de l’imaginaire collectif de la plupart des êtres humains peuplant cette terre, même en Afrique et leur simplicité témoigne d’un manque d’intérêt sans égal à l’égard de notre continent et de ses peuples.

-Les ethnies  africaines sont délimitées par les frontières actuelles, ainsi les sénégalais parlent le sénégalais, les congolais parlent le  congolais Brazzavillien en République du Congo et le congolais Kinois en République Démocratique du Congo et ce depuis toujours

-Les peuples d’Afrique sont au nombre de plusieurs milliers et n’ont aucun lien les uns entre les autres

-Tous les peuples d’Afrique et même tous les noirs sont exactement les mêmes, ils sont tous Bantous et le Créole Haïtien, le Nyakuza et le Bamiléké sont parfaitement inter-compréhensibles car il s’agit en fait d’un charabia que seul les noirs comprennent, de la même manière que tous les chiens comprennent l’aboiement qu’ils soient Chinois ou Brésiliens.

La liste est surement plus longue, vous pouvez même ajouter en commentaire les fantaisies que vous avez cru ou entendu, qu’on rigole un peu !

Revenons aux choses sérieuses

L’Afrique constitue, il est vrai, une mosaïque ethno-culturelle anarchique au premier regard, si cette diversité est une richesse on sait aussi que dans l’état actuel des choses elle entrave grandement la paix civile indispensable à la prospérité. Cette diversité, il est hors de question d’y mettre un terme pour créer un homme Africain standard acculturé, d’un autre côté pour simplifier la reformation des nations Africaines il semble indispensable de continuer le processus entamé avant la colonisation. A cet époque, de grands Etats étaient déjà formés et commencèrent à imposer leurs langues et leurs coutumes aux plus petites ethnies qui composaient leurs frontières, ce qui à terme aurait donné naissance à de grandes nations ethniques avec ici et là quelques particularismes régionaux chose commune dans le monde entier. Or la colonisation est venue substituer des concepts d’unité totalement étrangers à des peuples qui pour sûr ne se seraient jamais retrouvé sujets d’un même Etat, voyez vous si il est parfaitement possible d’unir des Anyins et des Séfwis à un pouvoir Ashanti, il est tout bonnement impensable d’unir des Anyins et des Senoufo à un pouvoir Français ou Francophone. Car ces peuples n’appartiennent pas à la même aire culturelle en parlant à grande échelle et parce que leur religion et leur histoire sont assez différentes, les Anyins et les Sefwi font partie du groupe Akan (un sous-groupe de l’ensemble Kwa proche de l’ensemble Benue-Congo occidental) historiquement proche de l’Empire Ashanti tandis que les Senoufos font partie du groupe Voltaïque et sont depuis toujours tournés vers les empires Mossis et Mandingues. Pour faire simple, les aires culturelles Africaines sont comparables aux aires européennes, les Anglais et les Néerlandais sont germaniques, les Français et les Italiens sont latins etc.

On distingue en Afrique actuelle super-ensembles culturels, liés les uns aux autres mais très différents sur bien des points:

-Les peuples Coushitiques

-Les peuples Nilo-Sahariens

-Les peuples Tchadiques

-Les peuples dits Nigéro-Congolais

Or de ces grands groupes subsistent quelques mystères ethnologiques, il s’agit des Kordofaniens en orange clair sur la carte vivant sur la rive occidentale du Nil, dans les monts Nuba, ils semblent être un mélange de tous les grands groupes Africains notamment Nigéro-Congolais et Nilo-Sahariens.

En Afrique de l’ouest deux peuples se retrouvent absolument inclassables, il s’agit des Dogons sur les rives du Niger, au Mali et des Ijaws, dans le delta du même fleuve au Nigeria. Il est possible que leurs langues soient des survivances des premiers peuples ayant habité l’Afrique occidentale dans l’antiquité.

Les peuples Coushitiques

Femmes Boranas

 

Ces peuples vivent dans la corne Africaine ils sont représentés en bleu ciel sur la carte , bien qu’indigènes d’Afrique le métissage est très important parmi ces populations on retrouve ainsi des individus au physique typiquement Africain au Kenya ou dans l’ouest de l’Ethiopie, alors que le métissage se fait plus grand en Somalie ou en Érythrée donnant à certains individus des traits caucasiens proches des populations de la péninsule Arabique. Au centre de l’Éthiopie, de le Gondar vivent également des Sémites, les Amhariques venus d’Arabie et ayant installé le Christianisme orthodoxe dans la région. On retrouve également des régions très arabisées comme la Somalie. Tout ce metissage tant génétique que culturel fait de la corne Africaine la région la moins noire d’Afrique noire malgré tout on retrouve de grands peuples très Africains tels que les Oromos, les Borana et les Afars

Homme Somali

Les Peuples Nilo-Sahariens

Les Chevaliers Zarmas, branche du peuple Songhaï au Niger

Représentés en rouge sur la carte, les Peuples Nilo-Sahariens peuplent un croissant allant du centre de la savane Tanzaniennes jusqu’aux rives du fleuve Niger en passant par les rives du Nil. Leur expansion, est discontinue, les Songhaïs se retrouvent enclavés par différentes aires culturelles Africaines alors que les Nubiens (Kenuzis Dongolas et Nobiins) sont en plein centre d’une zone Arabe. Cette expansion étrange est due à la migration tardive de ces peuples ayant commencé à quitter les rives du Nil à la fin du premier millénaire après Jésus Christ jusqu’à la fin du XVIIIème Siècle. Redoutables guerriers, ils étendirent leurs possessions en dirrection du sud et de l’ouest et créèrent de grands Etats tels que le Songhaï et le Darfur. Les peuples Nilo-Sahariens se divisent en plusieurs branches dont la classification ne fait pas encore l’unanimité mais la traduction des textes méroïtiques apportera surement des informations sur l’agencement de cette famille ethno-linguistique. Religieusement parlant, la quasi-totalité des peuples Nilo-Sahariens a adopté l’Islam, cependant la partie méridionale de cette aire culturelle pratique une religion traditionnelle très proche des croyances antiques d’Egypte et de Méroë rappellons également qu’à l’instar des coptes de nombreux nubiens sont chrétiens orthodoxes. Les peuples les plus importants de cette aire culturelle sont les Songhaï, au Mali, les Kanuris, au Nigeria, les Toubous (Dagazas et Tedaga) ainsi que les Saras au Tchad, les Dinka et les Nuer au Soudan, les Acholis en Ouganda, les Luo et les Kalenjin au Kenya et enfin les célèbres Massaïs au Kenya et en Tanzanie.  Notons que l’étymologie du nom du peuple Sara est très intéressente puisqu’elle signifie Sa-Ra autrement dit Fils de Ra le dieu Egyptien.

Femme Sara

Les peuples Tchadiques

Allégorie du peuple Haoussa, par Bode Fowotade

En rose sur la carte, les peuples Tchadiques se sont établis au centre du sahel, au nord du Nigeria et au sud du Niger notamment mais aussi un Nord du Cameroun, au sud du Tchad et dans une moindre mesure à l’ouest de la République Centrafricaine. Leur indéniable origine nubienne leur vaut souvent d’être rattachés au groupe Afro-Asiatique comprenant les peuples sémites. Cette classification est bien évidemment ridicule étant donné l’invalidité maintes fois prouvée de cette famille. Le plus grand représentant de cette famille ethno-culturelle est le peuple Haussa comptant presque 40 millions d’individus, tout comme les autres peuples Tchadiques, les Haoussas ont quitté la Nubie vers le VI ème siècle après J.C. leur culture est le résultat d’un mélange entre tradition Nilotique et Nok dans un premier temps puis Arabo-Musulmane dans un second temps et enfin Peule plus tardivement. Ils ont également été très influencés par leurs voisins Kanuris un peuple Nilo-Saharien fondateur du grand empire du Kanem-Bornu. On peut citer comme autres peuples Tchadiques, les Mousgoum héritiers de la civilisation antique des Saos et du Royaume de Kotoko, connus pour leurs étranges maisons-obus.

Maisons Mousgoum

 

Les peuples Nigero-Congolais

Cette super-famille ethno linguistique est la plus grande au monde par le nombre de langues et d’ethnies qu’elle comprend, par son nombre d’individus elle se classe sans aucun doutes dans les 5 premières au monde et devrait devenir la première vers 2050. Cependant, sa classification est assez in certaine, c’est pour cette raison qu’il est préférable de l’ignorer et de s’intéresser aux différents groupes ethno-linguistiques qui la comprennent.

Les Peuples Atlantiques

un noble Wolof et son griot au début du XXème siècle

Représentés par un bleu-gris indéfinissable sur cette carte, ces peuples habitent la côte atlantique de l’Afrique occidentale de manière discontinue (la carte ne montre pas les différentes régions Mandingues à l’embouchure des grands fleuves)  ils constituent une grande partie de la population du Sénégal, des Guinées Bissau et Conakry, sont islamisés depuis le moyen-âge et ont depuis cette même époque lié leur destin à leurs voisins Mandingues, si certains d’entre eux sont restés dans la région comme c’est le cas des Wolofs ou des Balantes, les Peuls ou Fulani à partir de la fin du XVIIIème siècle entammèrent une série de conquètes, les Djihads qui leur permirent durant tout le XIXème siècle de contrôler l’ensemble du Sahel c’est la raison pour laquelle on les retrouve disséminés de manière éparse du Sénégal au Tchad en passant par le Nigeria et le Mali

Peule Sénégalaise

Les peuples Mandingues

Masque Malinké

En bleu pâle sur la carte, les Mandingues peuplent la région du Haut Niger, au Mali notamment mais aussi certaines régions côtières de l’océan Atlantique. Islamisés dès le Moyen-Age ils furent les maîtres du Sahel durant la majeure partie de l’histoire impériale du continent Africain. Ils occupaient également une place de choix dans les échanges trans-shariens ce qui a donné une remarquable tradition commerçante et influença grandement les cultures régionales. Les peuples Mandingues sont  extrêmement liés, l’ethnie la plus influente est très probablement l’ethnie Bambara, néanmoins les Malinkés ou encore les Soninkés sont très présents dans le paysage Mandingue sans oublier que la langue Dioula est utilisée comme langue véhiculaire au sud du pays Mandingue, en concurrence avec le Français.

Musiciens Bambaras

Les peuples Voltaïques

L'Alphabet Basaa

En vert clair sur la carte, les peuples Voltaïques se divisent en 4 branches, à l’ouest on retrouve les Gur présents au Libéria et à l’ouest de la Côte d’Ivoire, les plus célèbres d’entre eux sont les Basaas  élaborateurs d’un alphabet non ésotérique aux origines très anciennes s’étant même répandu aux Amériques en raison de la traite négrière. à l’ouest du Burkina-Faso et au nord de la Côte d’Ivoire, on retrouve les Sénoufos, seuls représentants de leur branche du groupe Voltaïque. Dans un territoire recouvrant la quasi-totalité du Burkina-Faso ainsi que le nord de la Côte d’Ivoire, du Bénin, du Togo et du Ghana on retrouve les peuples Gur que sont les Lobis, les Mossis ou encore les Dagombas. Pour finir, au centre de l’Afrique on retrouve la quatrième partie du groupe Voltaïque, ici appelé Andamawa-Ubangien étendue en République Centrafricaine, au centre du Cameroun et au nord des deux Congos, représenté notamment par les ethnies Gbaya, Zande et Banda, on remarque également que certains groupes de pygmées parlent ce qui semble être un créole né de la rencontre entre d’anciennes langues pygmées et les langues des conquérants Kamites. Autre Particularité, les peuples Voltaïques ont longtemps servi de rempart à l’islamisation des régions tropicales d’Afrique.

Village Mundang fortifié, Cameroun

Les peuples Benue-Congo occidentaux

Un Asen du Dahomey (système d'idéogrammes en relief)

En orange sur la carte, ces peuples occupent la partie humide de l’Afrique occidentale, christianisés pendant la colonisation, leur héritage spirituel est très présent dans les religions noires d’Amérique, au point que l’on pratique plus le Vaudou en Haïti qu’au Bénin par exemple. Une branche se distingue tout particulièrement du reste du groupe, il s’agit de la branche Kwa, comprenant les Akans (Ashantis, Baoulés, Anyins…) les Ewe et les Fons du Dahomey. La branche principale comprend des peuples tels que les Yorubas, les Edos, les Igbos ou encore les Nupe. Tous ces peuples ont depuis longtemps une tradition administrative très perfectionnée ce qui aujourd’hui les conduit à un certain sens du nationalisme notamment les Igbos, enfants terribles du pouvoir Nigérian.

The Gods Are Not To Blame, pièce de théatre Yoruba par Ola Rotimi

Les peuples Benue-Congo orientaux

Femme Gikuyu

Cette très grande aire linguistique se divise en deux parties, la première en beige sur la carte est la branche mère, celle qui comprend différents peuples tels que les Kalabaris (Ibibio-Efiks) les Tivs, ou encore les Bamoun et Bamileke elle représente un véritable capharnaum ethnique duquel ressort la grande famille Bantoue représentée en vert foncé.

Les peuples Bantous occupent la quasi-totalité de l’Afrique noire sub-équatoriale malgré leurs nombreux traits communs, les différences entre ces peuples sont nombreuses et on peut les regrouper selon des aires gographiques. Au nord Ouest on retrouve les Beti-Fangs, les locuteurs du Lingala et les Sawas (Dualas, Bassas…)  formant un groupe assez distinct au sein de l’ensemble Bantou. Autre groupe assez distinct, l’esemble Bantou Austral comprenant les Ngunis (Xhosas, Zulus, Swatis) les Sotho-Tswanas est Shonas ainsi que les Tswa-Rongas (Tsongas). Le groupe Bantou principal se retrouve encore divisé en différentes parties (10 au total) les plus grands peuples sont les Bakongos ou Kongos aux Congos et en Angola, les Makhuwas au Mozambique, les Nyanjas au Mozambique et au Malawi, les Balubas ou Lubas au Congo-Kinshasa, les Nyankore en Ouganda, les Gikuyu au Kenya etc. Sans oublier la culture Swahili avec ses emprunts arabes unifiant l’Afrique Orientale Bantoue.

Femmes Xhosas

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francine 20/11/2010 00:00



il manque les pigmés parmis les pigmés il ya des differences languistique je crois et certains rwandais sont tres petit et beaucoup de martiniquais aussi ya t'il un rapport ethnique entre
eux?


il ya aussi bokou de nom luba eu afrik du sud or vous avez situés les luba que au congo ...à part ça ct tres interressant