Les Arts Martiaux Noirs (Part 1): Le couple combattant/Tambourirer

Publié le par Munsa Mâga


Le couple combattant/tambourier
Au danmyé, on peut dire que c'est le tambourier Joueurs de tambours Le Rocher du Diamant au Sud qui règle le combat. Parfois même, c'est lui qui décide de son issue. En principe, chaque combattant a son tambourier. Ce dernier rythme l'évolution de son poulain, lui donne force et énergie, par le biais de syncopes à un deux ou trois temps (défense, attaque/défense, attaque continuelle), pour déstabiliser l'adversaire.

Le malheur veut que dans un combat, un seul tambourier officie. Inégalité du combat?. Quand les anciens se lançaient des défis, parfois plusieurs semaines à l'avance, on savait déjà quel tambouyè avait été choisi.


Le rôle de l'opposant était d'entraîner son poulain à combattre contre le tambour retenu. C'est on cela que s'exprime la philosophie fondamentale danmyé. Véritable maxime populaire "ou ouèy, ou pas ouèy" (ce qu'on a cru voir n'est pas ce qui ce passe) est le fondement de cet art martial. Non pas dissimulation, comme on pourrait le croire, maie ruse afin d'obliger l'adversaire à se découvrir.

C'est la différence fondamentale qu'il y a entre le danmyé et le karaté par exemple. Dans cet art asiatique, le combattant montre sa force et arrive à intimider l'adversaire.

Au danmyé c'est différent, car toutes les ruses sont bonnes pour déstabiliser et mettre l'adversaire à terre, ce qui signifie la victoire, explique un ancien combattant.

IL N'Y AURAIT PAS DE COMBATS MORTELS

Selon un code bien précis, les combattants utilisent toutes les parties du corps. Ils peuvent frapper l'adversaire de la main ouverte ou fermée, du coude, du genou ou de la tête,mais aussi, attraper l'autre combattant pour lutter, l'immobiliser ou faire des balayages.

L'essentiel est d'immobiliser l'adversaire à terre. Rien à voir avec un divertissement champêtre. Les coups portés souvent avec une rare violence peuvent occasionner des blessures graves.
Les anciens assurent n'avoir jamais vu de combats au terme desquels un adversaire trouvait la mort.

Par contre, il est déjà arrivé que dans une ronde de danmyé, il y ait des morts. Mais là, c'était dans l'assistance et il s'agissait de combats entre supporters.

Bien au contraire, j'ai déjà vu la foule séparer les combattants, quand la lutte dépassait les bornes, assure Victor TREFLE.
TOUJOURS DEMANDER SA REVANCHE

Pourtant l'imagerie populaire garde souvenir de "Ladja à la mort" qui aurait entraîner à une époque la quasi interdiction de ce genre de manifestation. Démonstration de danmyé Toujours selon ces mêmes anciens, le terme danmyé lan mo n'aurait signifié que la rencontre de géante du danmyé, nullement le trépas de l'un d'eux.

Toujours est-il qu'à la fin du combat, qui se déroule on deux ou trois manches, le perdant demande sa «revanche» au vainqueur. Ce dernier accepte ou refuse.

C'est Peut-être là que la mort peut survenir. Mais c'est en dehors du cercle de lutte et toujours selon les anciens, la chose serait rarissime. En effet, le combat achevé, les lutteurs subissent une préparation pour «se défaire du dernier combat et préparer le suivant»; Toujours l'ésotérisme et le rapport avec les forces de la nature? Avant on parlait de «magie»; et le danmyé était marginalisé, car suspect.

De nos jours les naturalismes du feng shui ou du dao-hin, pour ne citer qu'eux, sont parfaitement intégrés par la culture occidentale.

Les pratiques cosmogoniques du danmyé procèdent donc d'une connaissance jusqu'alors négligée des rapports de l'homme et de son biotope. Là encore, la tradition orale a la réponse à ce problème: «Ca ou pa kon'nèt grand passé ou», dit le proverbe. En d'autres termes, inutile de juger ou expliquer, ce que vous ignorez.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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