Les mensonges de la guerre de l'Occident contre la Libye - par Jean-Paul Pougala

Publié le par Munsa Nzinga Kandombe

 

 

Lundi 28 mars 2011 1 28 /03 /Mars /2011 23:53

A- LES  VRAIES RAISONS DE LA GUERRE EN LIBYE

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1.     Premier satellite Africain RASCOM 1 
 
C’est la Libye de Kadhafi qui offre à toute l’Afrique sa première vraie révolution des temps modernes : assurer la couverture universelle du continent pour la téléphonie, la télévision, la radiodiffusion et de multiples autres applications telles que la télémédecine et l’enseignement à distance; pour la première fois, une connexion à bas coût devient  disponible sur tout le continent, jusque dans les zones rurales grâce au système par pont radio Wimax.

 

L’histoire démarre en 1992 lorsque 45 pays africains créent la société RASCOM pour disposer d’un satellite africain et faire chuter les coûts de communication sur le continent. Téléphoner de et vers l’Afrique est alors le tarif le plus cher au monde, parce qu’il y avait un impôt de 500 millions de dollars que l’Europe encaissait par an sur les conversations téléphoniques même à l’intérieur du même pays africain, pour le transit des voix sur les satellites européens comme Intelsat. Un satellite africain coûtait juste 400 millions de dollars payable une seule fois et ne plus payer les 500 millions de location par an. Quel banquier ne financerait pas un tel projet ? Mais l’équation la plus difficile à résoudre était : comment l’esclave peut-il s’affranchir de l’exploitation servile de son maître en sollicitant l’aide de ce dernier pour y parvenir ? Ainsi, la Banque Mondiale, le FMI, les USA, l’Union Européenne ont fait miroiter inutilement ces pays pendant 14 ans. C’est en 2006 que Kadhafi met fin au supplice de l’inutile mendicité aux prétendus bienfaiteurs occidentaux pratiquant  des prêts à un taux usuraire; le guide Libyen a ainsi mis sur la table 300 millions de dollars, La Banque Africaine de Développement a mis 50 millions, la Banque Ouest Africaine de Développement, 27 millions  et c’est ainsi que l’Afrique a depuis le 26 décembre 2007 le tout premier satellite de communication de son histoire. Dans la foulée, la Chine et la Russie s’y sont mises, cette fois en cédant leur technologie et ont permis le lancement de nouveaux satellites, Sud-Africain, Nigérian, Angolais, Algérien et même un deuxième satellite africain est lancé en juillet 2010. Et on attend pour 2020, le tout premier satellite technologiquement 100% africain et construit sur le sol africain, notamment en Algérie. Ce satellite est prévu pour concurrencer les meilleurs du monde, mais à un coût 10 fois inférieur, un vrai défi. Voilà comment un simple geste symbolique de 300 petits millions peut changer la vie de tout un continent. La Libye de Kadhafi a fait perdre à l’Occident, pas seulement 500 millions de dollars par an mais les  milliards de dollars de dettes et d’intérêts que cette même dette permettait de générer à l’infini et de façon exponentielle, contribuant ainsi à entretenir le système occulte pour dépouiller l’Afrique. 
 
2.     Fond monétaire africain, Banque centrale africaine, Banque africaine des investissements
 

Les 30 milliards de dollars saisis par M. Obama appartiennent à la Banque Centrale Libyenne  et étaient prévus pour la contribution libyenne à la finalisation de la fédération africaine à travers 3 projets phares : la Banque Africaine d’Investissement à Syrte en Libye, la création dès ce 2011 du Fond Monétaire Africain avec un capital de 42 milliards de dollars avec Yaoundé pour siège, la Banque Centrale Africaine avec le siège à Abuja au Nigeria dont la première émission de la monnaie africaine signera la fin du Franc CFA grâce auquel Paris a la main mise sur certains pays africains depuis 50 ans. On comprend dès lors et encore une fois la rage de Paris contre Kadhafi. Le Fond Monétaire Africain doit remplacer en tout et pour tout les activités sur le sol africain du Fond Monétaire International qui avec seulement 25 milliards de dollars de capital a pu mettre à genoux tout un continent avec des privatisations discutables, comme le fait d’obliger les pays africains à passer d’un monopole publique vers un monopole privé. Ce sont les mêmes pays occidentaux qui ont frappés à la porte pour être eux aussi membres du Fond Monétaire Africain et c’est à l’unanimité que le 16-17 décembre 2010 à Yaoundé, les Africains ont repoussé cette convoitise, instituant que seuls les pays africains seront membres de ce FMA.

 


Il est donc évident qu’après la Libye la coalition occidentale déclarera sa prochaine guerre à l’Algérie, parce qu’en plus des ses ressources énergétiques énormes, ce pays a une réserve monétaire de 150 milliards d’Euros. Ce qui devient la convoitise de tous les pays qui bombardent la Libye et qui ont tous quelque chose en commun, ils sont tous financièrement en quasi faillite, les USA à eux seuls ont 14.000 Milliards de dollars de dettes,  La France, la Grande Bretagne et l’Italie ont chacun environ 2.000 milliards de dettes publiques alors que les 46 pays d’Afrique Noire ont au total moins de 400 milliards de dollars de dettes publiques.  Créer des fausses guerres en Afrique dans l’espoir de trouver de l’oxygène pour continuer leur apnée économique qui ne fait que s’empirer ne fera qu’enfoncer les Occidentaux dans leur déclin qui a pris son envol en 1884, lors de la fameuse Conférence de Berlin. Car comme l’avait prédit l’économiste Américain Adams Smith en 1865, dans son soutient à Abraham Lincoln pour l’abolition de l’esclavage, «l’économie de tout pays qui pratique l’esclavage des noirs est en train d’amorcer une descente vers l’enfer qui sera rude le jour où les autres nations vont se réveiller.»

 
3.      Unions régionales comme frein à la création des Etats Unis d’Afrique

 


Pour déstabiliser et détruire l’Union Africaine qui va dangereusement (pour l’Occident) vers les Etats-Unis d’Afrique avec la main de maître de Kadhafi, l’Union Européenne a d’abord tenté sans y parvenir la carte de la création de l’UPM (Union Pour la Méditerranée). Il fallait à tout prix couper l’Afrique du Nord du reste de l’Afrique en mettant en avant les mêmes thèses racistes du 18-19ème siècle selon lesquelles les populations africaines d’origine Arabes seraient plus évoluées, plus civilisées que le reste du continent. Cela a échoué parce que Kadhafi a refusé d’y aller. Il a compris très vite le jeu à partir du moment où on parlait de la Méditerranée en associant quelques pays africains sans en informer l’Union Africaine, mais en y invitant tous les 27 pays de l’Union Européenne. L’UPM sans le principal moteur de la fédération africaine était foirée avant même de commencer, un mort-né avec Sarkozy comme Président et Moubarack, le vice-président. Ce qu’Alain Juppé tente de relancer, tout en misant sur la chute de Kadhafi, bien sûr. Ce que les dirigeants africains ne comprennent pas est que tant que ce sera l’Union Européenne qui finance l’Union Africaine, on sera toujours au point de départ, car dans ces conditions, il n’y aura pas d’effective indépendance. C’est dans le même sens que l’Union Européenne a encouragé et financé les regroupements régionaux en Afrique. Il était évident que la CEDEAO qui a une Ambassade à Bruxelles et qui tire l’essentiel de son financement de l’UE, est un obstacle majeur contre la fédération africaine. C’est ce que Lincoln avait combattu dans la guerre de sécession aux Etats-Unis, parce qu’à partir du moment où un groupe de pays se retrouvent autour d’une organisation politique régionale, cela ne peut que fragiliser l’organe central. C’est ce que l’Europe voulait et c’est ce que les Africains n’ont pas compris en créant coup sur coup, la COMESA, l’UDEAC, la SADC et le Grand Maghreb qui n’a jamais fonctionné, encore une fois grâce à Kadhafi qui lui l’avait très bien compris.

  


4.     Kadhafi, l’Africain qui a permis de laver l’humiliation de l’apartheid

  


Kadhafi est dans le cœur de presque tous les Africains comme un homme très généreux et humaniste pour son soutien désintéressé à la bataille contre le régime raciste d’Afrique du Sud. Si Kadhafi avait été un homme égoïste, rien ne l’obligeait à attirer sur lui les foudres des occidentaux  pour avoir soutenu financièrement et militairement l’ANC dans sa bataille contre l’apartheid. C’est pour cela qu’à peine libéré de ses 27 ans de prison, Mandela décide rompre l’embargo des Nations Unies contre la Libye le 23 Octobre 1997. A cause de ce même embargo aérien, pendant cinq longues années, aucun avion ne pouvait atterrir en Libye. Pour y arriver, il fallait prendre un avion pour la Tunisie; arriver à Djerba et continuer en voiture pendant cinq heures pour  Ben Gardane, passer la frontière et remonter en trois heures de route par le désert jusqu’à Tripoli. Ou alors, passer par Malte et faire la traversée de nuit, sur des bateaux mal entretenus jusqu’à la côte libyenne. Un calvaire pour tout un peuple, juste pour punir un seul homme. Mandela décida de rompre cette injustice et, répondant à l’ex président américain Bill Clinton, qui avait jugé cette visite «malvenue», il s’insurgea : «Aucun Etat ne peut s'arroger le rôle de gendarme du monde, et aucun Etat ne peut dicter aux autres ce qu'ils doivent faire». Il ajouta : «Ceux-là qui hier étaient les amis de nos ennemis, ont aujourd’hui le toupet de me proposer de ne pas visiter mon frère Kadhafi, ils nous conseillent d’être ingrats et d’oublier nos amis d’hier ». En effet, pour l’Occident, les racistes d’Afrique du Sud étaient leurs frères qu’il fallait protéger. C’est pour cela que tous les membres de l’ANC étaient considérés des dangereux terroristes, y compris Nelson Mandela. Il faudra attendre le 2 Juillet 2008 pour que le Congrès américain vote une loi pour  rayer le nom de Nelson Mandela et de ses camarades de l’ANC de cette liste noire, pas parce qu’ils avaient compris la bêtise d’une telle liste, mais parce qu’on voulait faire un geste pour les 90 ans de Nelson Mandela.  Si les Occidentaux sont aujourd’hui repentis de leur soutien d’hier aux ennemis de Mandela et sont vraiment sincères lorsqu’ils lui baptisent des rues et des places à son nom, comment continuer à faire la guerre à celui qui a permis la victoire de Mandela et son peuple, Kadhafi ? 
 
B- CEUX QUI VEULENT EXPORTER LA DEMOCRATIE SONT-ILS DES DEMOCRATES ? 
 
Et si la Libye de Kadhafi était plus démocratique que les USA, la France, la Grande Bretagne et tous ceux qui font la guerre pour exporter la démocratie en Libye ? Le 19 Mars 2003, le président Georges Bush lance les bombes sur la tête des Iraquiens sous prétexte d’y exporter la démocratie. Le 19 Mars 2011, c’est-à-dire 8 ans plus tard jour pour jour, c’est le président français qui lance ses bombes sur la tête des Libyens sous le même prétexte de leur offrir la démocratie. Monsieur Obama, Prix Nobel de la Paix 2009 et président des Etats-Unis d’Amérique, pour justifier qu’il procède à un déferlement de missiles Cruise de ses sous-marins sur la tête des Libyens, a dit que c’était pour chasser le dictateur Kadhafi du pouvoir et y instaurer la démocratie.

 
La question que tout être humain doté de la moindre capacité intellectuelle de jugement et d’appréciation  ne peut s’empêcher de se poser est: ces pays comme la France, l’Angleterre, les USA, l’Italie, la Norvège, le Danemark, la Pologne dont la légitimité pour aller bombarder les Libyens se base sur le seul fait de s’être autoproclamés «pays démocratiques» sont-ils réellement démocratiques ? Si oui, sont-ils plus démocratiques que la Libye de Kadhafi ? La réponse, sans équivoque est NON, pour la simple et bonne raison que la démocratie n’existe pas.  Ce n’est pas moi qui l’affirme, mais celui-là même dont la ville natale, Genève, abrite l’essentiel du commandement des Nations Unies. Il s’agit bien entendu de Jean-Jacques Rousseau né à Genève en 1712, qui affirme dans le chapitre IV du Livre III de son très célèbre «Contrat Social» que : «Il n'a jamais existé de véritable démocratie, et il n'en existera jamais».  Pour qu’un état soit véritablement démocratique, Rousseau pose quatre conditions selon lesquelles la Libye de Kadhafi est même de loin plus démocratique que les Etats-Unis d’Amérique, la France et tous les autres qui prétendent lui exporter la démocratie, à savoir :
 

1.     Dimension de l’Etat : Plus un Etat est grand, moins il peut être démocratique. ¨Pour Rousseau, l’Etat doit être très petit pour que le peuple soit facile à rassembler et que chaque citoyen puisse aisément connaître tous les autres. Avant donc de faire voter les gens, il faut s’assurer que chacun connaisse tous les autres sans quoi voter pour voter est un acte dénué de tout fondement démocratique, c’est un simulacre de démocratie pour élire un dictateur. La structure de l’organisation de l’Etat libyen se fonde sur une base tribale qui regroupe par définition le peuple en de petites entités. Le sentiment démocratique est plus présent dans une tribu, dans un village que dans une grande Nation, parce que le fait que tout le monde se connaisse et que la vie tourne autour des mêmes points communs apporte une sorte d’autorégulation, d’autocensure même pour peser à chaque instant, la réaction ou la contre-réaction des autres membres sur  les opinions qu’on peut avoir. Sous cet angle, c’est la Libye  qui répond le mieux  aux exigences de Rousseau, ce qui n’est pas les cas des Etats-Unis d’Amérique, de la France ou de la Grande Bretagne, des sociétés fortement urbanisées où la majorité des voisins ne se disent même pas bonjour et donc ne se connaissent pas, même vivant côte à côte pendant vingt ans. Dans ces pays, on est passé directement à l’étape suivante : « le vote » qu’on a malignement sanctifié afin de faire oublier que ce vote est inutile à partir du moment où je m’exprime sur l’avenir d’une nation sans en connaitre ses membres.  On est ainsi arrivé jusqu’à la bêtise du vote des citoyens vivant à l’étranger.  Se connaitre et se parler est la condition essentielle de la communication pour le débat démocratique qui précède toute élection. 
 
2.     Il faut la simplicité des mœurs et des comportements pour éviter  que l’on passe l’essentiel du temps à parler de justice, de tribunal pour trouver des solutions aux moult querelles d’intérêts divers qu’une société trop complexe fait naitre naturellement.  Les Occidentaux se définissent comme des pays civilisés, donc aux mœurs complexes et la Libye comme pays dit primitif, c’est-à-dire aux mœurs simples. Sous cet angle, encore une fois, c’est la Libye qui répondrait mieux aux critères démocratiques de Rousseau que tous ceux qui prétendent lui donner des leçons de démocratie. Dans une société complexe, les trop nombreux conflits sont résolus par la loi du plus fort, puisque celui qui est riche évite la prison parce qu’il peut se permettre un meilleur avocat et surtout, orienter l’appareil répressif de l’Etat contre celui qui vole une banane dans un supermarché, plutôt que le délinquant financier qui fait crouler une banque. Dans une ville comme New York où 75% de la population est blanche, 80% des postes de cadres sont occupés par des Blancs et ils ne sont que 20% de la population carcérale. 
 
3.     L’égalité dans les rangs et dans les fortunes.   Il suffit de voir le classement Forbes 2010 pour voir quels sont les noms des personnes les plus riches de chacun des pays qui jettent des bombes sur la tête des Libyens et voir la différence avec le salaire le plus bas dans chacun des mêmes pays et faire de même pour la Libye pour comprendre qu’en matière de redistribution de la richesse du pays, c’est à la Libye d’exporter son savoir-faire à ceux qui la combattent et non le contraire. Même sous cet angle, selon Rousseau, la Libye serait plus démocratique que ceux qui veulent pompeusement lui exporter la prétendue démocratie. Aux Etats-Unis 5% de la population possèdent 60% de la richesse nationale. C’est le pays le plus déséquilibré, le plus inégal du monde. 
 
4.     Pas de luxe. Pour Rousseau, pour qu’il y ait la démocratie dans un pays, il ne faut pas qu’il y ait de luxe parce que selon lui, le luxe rend nécessaire la richesse et cette dernière devient la vertu, l’objectif à atteindre à tout prix et non le bonheur du peuple. «Le luxe corrompt à la fois le riche et le pauvre, l'un par la possession, l'autre par la convoitise ; il vend la patrie à la mollesse, à la vanité ; il ôte à l'Etat tous ses citoyens pour les asservir les uns aux autres, et tous à l'opinion». Y a-t-il plus de luxe en France ou en Libye ? Ce rapport d’asservissement des employés mêmes des entreprises publiques ou semi-publiques, qui sont poussés au suicide pour des raisons de rentabilité, et donc de possession de luxe d’une des parties, est-il plus criant en Libye ou en Occident ?

 


Le sociologue Américain C. Wright Mills a décrit en 1956 la démocratie américaine comme  «la dictature des élites». Selon Mills, les Etats-Unis d’Amérique ne sont pas une démocratie parce qu’en définitive, c’est l’argent qui y parle dans les élections et non le peuple. Le résultat de chaque élection y est l’expression de la voix de l’argent et non la voix du peuple. Après Bush père et Bush fils, pour les primaires républicaines de 2012, on parle déjà de Bush benjamin. En plus, si le pouvoir politique se base sur la bureaucratie, Max Weber fait remarquer qu’il y a 43 millions de fonctionnaires et militaires aux Etats-Unis qui commandent effectivement le pays, mais qui n’ont été votés par personne et qui ne répondent pas directement au peuple de leurs activités. Une seule personne (un riche) est donc votée mais le vrai pouvoir sur le terrain est tenu par une caste de riches qui ne résulte purement et simplement que de nominations comme les ambassadeurs, les généraux de l’armée etc.

 
Combien de personnes dans les pays autoproclamés «démocratiques» savent qu’au Pérou la Constitution interdit un deuxième mandat consécutif au président de la république sortant ? Combien de personnes savent qu’au Guatemala, non seulement le président sortant ne doit plus jamais se présenter comme candidat à cette fonction, mais qu’en plus à aucun degré de parenté, aucun membre de sa famille ne pourra plus prétendre à cette fonction ?  Combien savent que le Rwanda est le pays qui intègre politiquement le mieux les femmes au monde avec 49% de parlementaires femmes ? Combien savent que dans le classement de la CIA 2007, sur dix pays les mieux gérés au monde, quatre sont Africains ? Avec la palme d’or à la Guinée équatoriale, dont la dette publique ne représente que 1,14% de son PIB.

 


La guerre civile, les révoltes, les rebellions sont les ingrédients d’un début de démocratie, soutient Rousseau. Parce que la démocratie n’est pas une fin, mais un processus permanent pour réaffirmer les droits naturels des humains que dans tous les pays du monde (sans exception) une poignée d’hommes et de femmes, confisquant le pouvoir du peuple, l’oriente pour se maintenir aux affaires. On trouve ici et là des formes de castes qui usurpent le mot «démocratie», qui doit être cet idéal vers lequel tendre et non un label à s’approprier ou un refrain à vanter parce qu’on est juste capable de crier plus fort que les autres. Si un pays est calme comme la France ou les Etats-Unis, c’est-à-dire sans aucune révolte, pour Rousseau cela veut tout simplement dire que le système dictatorial est suffisamment répressif pour empêcher toute tentative de rébellion. Si les Libyens se révoltent, ce n’est pas une mauvaise chose. C’est prétendre que les peuples acceptent stoïquement le système qui les opprime partout dans le monde sans réagir qui est très mauvais. Et Rousseau de conclure : «Malo periculosam libertatem quam quietum servitium» (Traduction : s'il y avait un peuple de dieux, il se gouvernerait démocratiquement. Un gouvernement si parfait ne convient pas à des hommes»). Dire qu’on tue les Libyens pour leur bien est un leurre. 
 
C- QUELLES LECONS POUR L’AFRIQUE ? 
 
Après 500 ans de relations de dominateur et de dominé avec l’Occident, il est dès lors prouvé que nous n’avons pas les mêmes critères pour définir le bon et le méchant. Nous avons des intérêts profondément divergents. Comment ne pas déplorer le «oui» de trois pays africains au sud du Sahara (le Nigeria, l’Afrique du Sud et le Gabon) pour la résolution 1973 inaugurant la nouvelle forme de colonisation baptisée «protection des peuples», validant la théorie raciste que les Européens véhiculent depuis le 18ème siècle selon laquelle l’Afrique du Nord n’a rien à partager avec l’Afrique subsaharienne, l’Afrique du Nord  serait ainsi plus évoluée, plus cultivée et plus civilisée que le reste de l’Afrique. Tout se passe comme si la Tunisie, l’Egypte, la Libye, l’Algérie ne faisaient pas partie de l’Afrique. Même les Nations Unies semblent ignorer la légitimité de l’Union Africaine sur ses états membres. L’objectif est d’isoler les pays d’Afrique subsaharienne afin de mieux les fragiliser et les tenir sous contrôle. En effet, dans le capital du nouveau Fond Monétaire Africain (FMA), l’Algérie avec 16 milliards de dollars et la Libye avec 10 milliards de dollars contribuent à eux tous seuls pour près de 62% du capital qui est de 42 milliards de dollars. Les premiers pays d’Afrique subsaharienne et les plus peuplés, le Nigeria et l’Afrique du Sud, arrivent très loin derrière avec 3 milliards de dollars chacun. 
 
C’est très inquiétant de constater que, pour la première fois de l’histoire des Nations Unies, on a déclaré la guerre à un peuple sans avoir exploré au préalable la moindre piste pacifique pour solutionner le problème. 
 
L’Afrique a-t-elle encore sa place dans une telle organisation ? Le Nigeria et l’Afrique du Sud sont disposés à voter OUI à tout ce que l’Occident demande, parce qu’ils croient naïvement aux promesses des uns et des autres de leur donner une place de membre permanent au Conseil de Sécurité avec le même droit de veto. Ils oublient tous les deux que la France n’a aucun pouvoir de leur attribuer le moindre poste. Si elle l’avait, il y a belle lurette que Mitterrand l’aurait faite pour l’Allemagne de Helmut Kohl. La reforme des Nations Unies n’est pas à l’ordre du jour. La seule manière de compter, est la méthode chinoise : tous les 50 pays africains doivent quitter les Nations Unies. Et s’ils doivent y retourner un jour, ils devraient ne le faire que s’ils ont obtenu ce qu’ils demandent depuis longtemps, un poste pour toute la fédération africaine, sinon rien.

 


Cette méthode de la non-violence est la seule arme de justice dont disposent les pauvres et les faibles que nous sommes. Nous devons tout simplement quitter les Nations Unies, car cette organisation de par sa configuration, de par sa hiérarchie est aux services des plus forts.
Nous devons quitter les Nations Unies afin de marquer notre réprobation de cette conception du monde basée uniquement sur l’écrasement du plus faible. Tout au moins ils seront libres de continuer de le faire, mais pas avec notre signature, pas en rappelant que nous sommes d’accord alors qu’ils savent très bien qu’ils ne nous ont jamais interrogés. Et même quand nous avons donné notre propre point de vue, comme la rencontre de samedi 19/3 à Nouakchott avec la déclaration sur la contrariété à l’action militaire, ceci a été passé tout simplement sous silence pour aller accomplir le forfait de bombarder  le peuple africain.

 


Ce qui arrive aujourd’hui est le scénario déjà vu auparavant avec la Chine. Aujourd’hui, on reconnaît le gouvernement Ouattara, on reconnaît le gouvernement des insurgés en Libye. C’est ce qui s’est passé à la fin de la deuxième guerre mondiale avec la Chine. La soit disant communauté internationale avait choisi Taiwan comme unique représentant du peuple chinois en lieu de place de la Chine de Mao. Il faudra attendre 26 ans, c’est-à-dire le 25 octobre 1971 avec la résolution 2758*, que tous les Africains devraient lire, pour mettre fin à la bêtise humaine. La Chine est admise, sauf qu’elle a imposé et obtenu d’être membre permanent avec droit de veto, sous peine de refus d’adhésion. Cette exigence satisfaite et la résolution d’admission entrée en vigueur, il faudra attendre un an pour que le 29 septembre 1972, le ministre chinois des Affaires Etrangères donne sa réponse par une lettre au Secrétaire Général des Nations Unies, non pas pour dire Oui ou Merci, mais pour faire des mises au point, en garantie de sa dignité et de sa respectabilité. Qu’est-ce que l’Afrique espère obtenir des Nations Unies sans poser un acte fort pour se faire respecter ? On a vu en Côte d’Ivoire un fonctionnaire des Nations Unies se considérer au-dessus d’une institution constitutionnelle de ce pays.

 

Nous sommes entrés dans cette organisation en acceptant d’être des serfs, et croire que nous serons invités à table pour manger avec les autres dans les plats que nous avons lavés est tout simplement crédule, pire, stupide. Quand l’UA reconnaît la victoire de Ouattara sans même tenir compte des conclusions contraires de ses propres observateurs envoyés sur le terrain, juste pour faire plaisir à nos anciens maîtres, comment peut-on nous respecter ? Lorsque le président sud-africain Zuma déclare que Ouattara n’a pas gagné les élections, et change à 180° après un tour à Paris, on peut se demander ce que valent ces dirigeants qui représentent et parlent au nom d’un milliard d’Africains.
La force et la vraie liberté de l’Afrique viendront de sa capacité à poser des actes réfléchis et à en assumer les conséquences. La dignité et la respectabilité ont un prix. Sommes-nous disposés à le payer ? Si non, notre place reste à la cuisine, aux toilettes pour garantir le confort des autres.


Jean-Paul Pougala, le 28 mars 2011

 

Jean-Paul Pougala est un écrivain d’origine camerounaise, directeur de l’Institut d’Etudes Géostratégiques et professeur de sociologie à l’Université de la Diplomatie de Genève en Suisse

 

*http://fr.wikisource.org/wiki/R%C3%A9solution_2758_de_l%E2%80%99Assembl%C3%A9e_g%C3%A9n%C3%A9rale_des_Nations_unies

Publié dans Economie-Politique

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Dominique 12/04/2011 12:27



"Directeur de l’Institut d’Etudes Géostratégiques et professeur de sociologie à l’Université de la
Diplomatie de Genève en Suisse"





Deux titres bien ronflants et deux institutions qui n'existent pas à Genève, voilà pour la crédibilité de
Monsieur Pougala et de son article...





De la fumisterie



ROMIAL GAETAN CHIJOU MAMA 11/04/2011 11:16



Bjr à tous,


Je trouve intéressant le débat qui est d'une aquité brûlante. La question de l'impérialisme occidental pour moi doit être relativisé dans la mésure où les responsabilités sont partagées de par et
d'autres. C'est légitime de défendre ses intérêts qui soient géostratégiques ou autres et c'est également inadmissible de faire croire qu'on ne peut rien faire pour défendre les notres. Faite la
rémarque et vous constaterez que chaque fois qu'un régime politique est menacé dans sa stabilité (affaire des biens illicites, charniers.....) il y a une lévée de bouclier, des sorties
médiatiques musclées et autres pour réaffirmer l'autonomie ou mieux l'indépendance et la souveraineté des Etats Africains. De telles protestations sont aussi possible dans les secteurs
économiques, sociaux et culturels afin d'arrêter au pire et rationaliser au mieux la saignée des ressources du continent. la vrai question ne serait pas celle de savoir si les Etats
africains ont véritablement compris la logique des Rélations Internationales telles qu'elles fonctionnent entre pays mûrs? autrement les dirigeants et partant les africains aiment ils
vraiment leurs pays?


Au démeurant on ne saurait ne pas faire le parallèle des Afriques telles qu'elles ont été façonnées suivant les différentes sphères d'influence (afrique arabe, francaise, portugaise.....) pour en
fait reconnaître que tous ne sont pas malheureusement au même pied d'égalité du point de vue des valeurs. Panafricanisme ou nationalisme ne sont pas des obstacles en soit si les dirigeants
partagent réellement le souci de l'intérêt général dans leurs faits et gestes. La vulnérabilité des Etats africains pour ma part decoulerait de leur faiblesse politique et du peu de légitimité
palpable. Une Afrique qui compte c'est avant tout une région politiquement consolidée, qui a des ressources militaires dissuasives, des populations dynamiques et laborieuses, une diaspora
patriote digne des robins de bois qui se rend compte de son rôle décisif et des dirigeants en phase avec leurs administrés. Le développement véritable tant recherché depuis 50 ans est à ce prix
et comme le dit si bien le professeur Pougala, la dignité et la respectabilité ont un prix!


cordialement



Alber Owusu-Afriyie 08/04/2011 23:01



Merci pour cet article qui est sensé ouvrir les yeux des Africains à la réalité de la politique mondiale. Mais quelle a été ma desception à la fin de l'article en apprenant que l'auteur de
l'article est professeur dans une université européenne alors que nos universités en Afrique manquent cruellement des professeurs. Combien d'intellectuels africains acceptent de rentrer en
Afrique après leur formation en Europe? Je croirai à tout ce que l'auteur dit s'il fait sa valise et rentre au Caméroun demain car son pays a plus besoin de lui que l'Europe.



Munsa Nzinga Kandombe 09/04/2011 12:12



Nous sommes d'accord mon frère, la diaspora mondiale doit impérativement revenir en Terre Mère pour rebâtir le Continent.



Eliane Colpart 05/04/2011 18:50



Je suis française et j'ai trouvé votre site en réponse à la question suivante : quelles sont les vraies raisons de la guerre en Libye ? Je trouvais une trop grande similitude entre "les bonnes
raisons" de notre président et celles de W, Bush en son temps. Votre article est éloquant!!! Je vous conseille le livre de Franck Biancheri "Crise mondiale - en route pour le monde d'après", il y
parle de l'Afrique et du Monde de façon intéressante. Nous, en tant que simples citoyens, sommes bernés tout comme vous, par nos élites corrompues et dévoyées. Il faudrait une conscience
planétaire de la réalité. L'égoïsme occidental n'a d'égal que sa bêtise et son aveuglement. Alain Peyrefitte avait écrit "quand la Chine s'éveillera...", il serait bon que quelqu'un écrive "QUAND
L'AFRIQUE S'EVEILLERA". Pourquoi les peuples africains ne font-ils pas la Révolution comme leurs frères tunisiens, égyptiens ? Qu'ont-ils à perdre ? J'aimerais beaucoup comprendre pourquoi ils
n'essaient pas de renverser leurs dictateurs, de nationaliser les multinationales qui les pillent de leurs richesses. Attention, à ce propos j'ai le sentiment que la Chine entreprend un nouveau
type de colonisation (vous avez tellement de richesses). Y a-t-il une conscience de ce phénomène ? Où sont vos jeunes élites ? Ont-elles toutes succomber au chant des sirènes occidentales et
perdues elles aussi leur âme où vont-elles se réveiller et rendre l'Afrique aux Africains ? Inondez l'Occident et la France (pays des Lumières !!!!) en particulier, de vos informations, faites
l'assaut de nos médias, utilisez vos compatriotes expatriés, bougez, faites du bruit. Je suis persuadée que l'opinion publique française vous suivra, nous détestons notre président, il représente
tout ce que nous haïssons.


Une question me taraude depuis des années, pourquoi l'Afrique ne s'est-elle pas réveillée avant ?


Très cordialement



Munsa Nzinga Kandombe 09/04/2011 12:26



Bonjour,


Beaucoup d'africains actifs et très conscients sont à l'oeuvre sans pour autant faire la une des médias (qui ne font que conditionner l'opinion publique). La libération de l'Afrique ne se
fera pas du jour au lendemain, il faut du temps, car toute précipitation serait préjudiciable. La Révolution Africaine est en  gestation...






moi même 04/04/2011 19:05


Je commencerai mon propos par présenter mes excuses au Professeur Jean-Paul Pougala pour les paroles irrévérencieuses tenues par moi concernant son article « les mensonges de la guerre de
l’Occident contre la Libye » sur le blog de Munsa Nzinga Kandombe. Le sujet traité déchaine les passions et je n’en suis pas immunisé mais lorsque la raison l’emporte, il devient impératif de
reconsidérer nos actes et propos afin que le débat puisse rester constructif. De plus, sa qualité et son statut en font un spécialiste des relations internationales, ce que je ne suis pas encore et
ce, malgré des efforts continus. Je m’excuse aussi auprès des abonnés de ce blog pour ledit acte indigne d’un chercheur. Cet article que je présente est une analyse faite de celle du Professeur
Pougala. J’y propose une autre lecture des évènements saillants qu’il relève. A – Les vraies raisons de la guerre ??? 1. Rascom 1 L’histoire retiendra que la contribution libyenne était de loin la
plus significative de cet ambitieux projet. Elle symbolise parfaitement la lutte pour la vraie indépendance. Sur ce point je partage votre point de vue. 2. FMA, BCA, BAI Ce sont des institutions
importantes destinées à garantir la souveraineté des économies africaines face à la prédation du capitalisme occidental. Le financement libyen pour la mise sur pied de ces structures a toujours été
fortement perceptible et louable. Cependant, approchons un peu plus de la personnalité du « guide » pour comprendre ou du moins opérer une relecture de cet activisme débordant. Kadhafi est l’un des
éminents précurseurs du terrorisme d’état. En effet, la Libye a commanditée les attentats de Lockerbie et du DC-10 d'UTA. De plus, sa politique étrangère fortement expansionniste pousse le « guide
» à annexer la bande d’Aouzou en 1973 et son soutien militaire au dictateur sanguinaire Idi Amin Dada en 1979 est assez abject pour être relevé. Plus récemment, Kadhafi a porté personnellement le
projet des états unis d’Afrique. L’idée est bien évidemment séduisante. Cependant, si le projet n’a pas abouti ou pas encore aboutie, il a suffi que Kadhafi se voie confier la présidence de l’UA
pour s’auto proclamer « rois des rois d’Afrique », un titre ronflant qui en dit long sur la mégalomanie du « guide » et de sa volonté avérée de prendre le commandement solitaire des futurs « Etats
Unis d’Afrique ». Le panafricanisme tel qu’en envisagé par le colonel est appréciable mais comporte alors un agenda caché qui à terme, arrimera les souverainetés africaines à la volonté politique
de Tripoli. Je soulignerai à peine les frasques de ses fils ainsi que celles de son héritier (eh oui la Libye est une monarchie comme de nombreux états et républiques africains) qui promet « des
rivières de sang ». Si depuis quelques années déjà, le colonel était redevenu « fréquentable », l’occident a toujours rêvé déboulonner ce vieux briscard dont la forte personnalité et les énormes
moyens faisaient obstacle au projet impérialiste. C’est Kadhafi qui leur fournit lui-même le prétexte pour intervenir en Libye. En massacrant ses opposants libyens, il a fourni le prétexte rêvé.
Sachant que la lutte contre Al quaeda assure la sympathie des occidentaux, il a alors qualifié ses adversaires politiques de « terroristes au service de la nébuleuse ». Les vraies raisons de la
guerre ? Kadhafi a été pris dans la tourmente de l’effet domino et y a opposé –on s’y attendait- une réponse sanglante. Les puissances impérialistes ont sauté sur l’occasion pour évincer un rival
de longue date. Il est évident que les richesses libyennes sont un enjeu de première importance dans ce conflit mais la protection de celles-ci ne demande pas qu’on veuille à tout prix séculariser
son pouvoir en massacrant des libyens qui souhaitent votre départ. On peut dire alors qu’il l’a bien cherché, le vilain colonel. L’article parle aussi de l’Algérie qui serait inscrit en suivant sur
l’agenda guerrier des puissances occidentales. Le seul fait de soulever cela, revient à éliminer tout le peuple algérien dans le combat pour l’alternance politique dans ce pays. Si les algériens
sortent réclamer le départ de leur prince et que celui-ci riposte par les armes, l’Occident interviendra militairement. Dira t on pour autant que les occidentaux veulent chasser le président pour
s’emparer des richesses du pays ? Cela reviendrait à nier le sacrifice populaire. Interrogeons nous d’abord sur le contenu que nous donnons à la citoyenneté ainsi qu’à la souveraineté. La première
leçon est que ces concepts appartiennent uniquement au peuple, pas à un « guide aussi éclairé soit il », pas à la communauté internationale aussi vertueuse soit elle. 3. Unions régionales comme
frein à la création des états unis d’Afrique ??? Cette idée est très discutable. A propos de l’Union Pour la Méditerranée (UPM), Kadhafi n’y est pas allé à cause de la présence d’Israël au sein de
l’organisation. Il craignait et à juste titre une normalisation des relations entre les pays arabes et l’Etat hébreu. De plus, il voulait intégrer non pas tout les pays africains mais les pays
arabes. En effet, l’Allemagne avait imposé au président français la participation de tous les états européens même ceux non riverains à la méditerranée. L’ambition française était de compenser le
déclin de sa diplomatie par la création d’une organisation dans une région qui relevait de sa sphère d’influence traditionnelle. Elle aurait alors accentuée sa pénétration dans les pays d’Afrique
du Nord tout en offrant à la Turquie un succédané à son adhésion à l’UE. Kadhafi n’adhère pas dans des organisations régionales s’il ne peut à terme imposer son leadership, or les prétentions
françaises et le rôle de l’Egypte (seul pays arabe à avoir signé des accords de paix avec l’état hébreu et assurant la coprésidence de l’UPM) ne rentraient pas dans cette logique. A propos des
unions régionales, elles sont à mon avis décisives et le futur de l’Afrique unie dépend en grande partie d’elles. L’UE est aujourd’hui l’exemple le plus achevé d’union régionale mais si on
s’attarde sur son processus de maturation, on se rend compte qu’elle débute avec quelques états seulement (9membres en 1973). Elle se structure autour de certains projets précis (Communauté
européenne du charbon et de l’acier CECA, Organisation européenne de coopération économique OECE, l’association de libre échange AELE, la politique agricole commune PAC…) En Afrique, le mimétisme
institutionnel a fait que l’UA et d’autres organisations régionales soient des alliances à visées exclusivement politiques. Elles ne disposent pas d’un socle réellement communautaire du fait des
conflits qui opposent les différents pays qui les constituent, du fait des différentes communautés nationales entre elles. On a donc des conflits entre les états membres et des conflits entre les
communautés à l’intérieur de ces états. Des institutions comme la CECA ont permis le rapprochement entre les ennemis héréditaires qu’étaient la France et l’Allemagne, en Afrique le constat est tout
autre, les ressources d’un pays ne servent pas à conforter les unions régionales mais a financer le leadership d’un état sur tout les autres (la Guinée équatoriale et l’affaire BEAC par exemple). A
l’observation, chaque sous région possède un géant dont on ne peut nier la capacité de nuisance sur les autres (le Nigéria en Afrique de l’Ouest, l’Afrique du sud en Afrique australe, l’Egypte en
Afrique du Nord, et le Kenya en Afrique de l’Est. Le géant de l’Afrique centrale la RDC s’est écroulé et le Cameroun fait office de puissance de substitution). Comment l’union du Maghreb arabe UMA
peut il fonctionner de manière optimale s’il n’intègre pas le puissant voisin qui est l’Egypte, pays du proche orient qui à signé un traité de paix avec Israël ? Comment la CEMAC peut elle
atteindre sa plénitude si la RDC et l’Angola se saisissent SUBJECTIVEMENT comme appartenant à l’Afrique australe et le Burundi et le Rwanda comme appartenant à l’Afrique de l’est ? Ce problème
identitaire des sous régions est hautement déstabilisant pour les organisations régionales qui se sont constituées autour des débats politiques et non autour des enjeux économiques, énergétiques ou
stratégiques. (Cf Professeur Jean Vincent Ntuda Ebodé, professeur à l’université de Yaoundé II in Enjeux Janvier – Mars 2002, Fondation Paul Ango Ela). L’UA n’atteindra sa plénitude que si elle se
reforge de l’intérieur par des organisations sous régionales stables et fortes. Dans le cas contraire, l’unité de l’Afrique sera toujours compromise de l’intérieur par les conflits sous régionaux.
La CEDEAO à mon avis semble celle qui est la mieux institutionnalisée mais reste toujours victime des querelles entre les états membres et les différentes communautés nationales. 4. Kadhafi qui a
permis de laver l’humiliation de l’Apartheid ??? Il me tient à cœur de rappeler que les américains et les anglais ont toujours été contre le régime de l’apartheid sous le fond et la forme (les
anglais n’ont-ils pas été chassés par les Boers d’Afrique du sud ?). Le soutien qu’ils ont apporté à ce régime s’explique par des enjeux géostratégiques liés à la guerre froide. Les puissances
occidentales avaient crainte de voir l’ANC pro communiste accéder au pouvoir et en faire profiter l’URSS, rival séculaire. Avec la chute du communisme en 90-91 et l’uni polarisation du monde sou


moi même 01/04/2011 12:38



L'intention de cet article est louable mais il reste trop simpliste et sans aucune références pour défendre l'argumentation. Je suis étudiant camerounais en science politique et je doute
sérieusement du statut professionnel de Mr Pougala parceque j'y vois un tas d'inepties dissimulés derrière une volonté panafricaniste au demeurant admirable.



Munsa Nzinga Kandombe 01/04/2011 15:47



Il est regrettable de constater que le scepticisme envahisse la conscience de la jeune génération qui est sensée être l'Avenir du continent... Il est évident que les université en Afrique
à l'heure actuelles ne sont certainement pas formatées pour que vous saisissiez la véritable source de l'instabilité politique dont l'Afrique est la proie.


Pourriez-vous, je vous prie, me décrire ce que vous qualifiez "d'inepties" et développer votre point de vue ?


Merci.



Leopold Fernand NGOUMOU 30/03/2011 10:12



Lorqu'on lit cet article on a les larmes aux yeux car on comprend jusqu'à quel point nos dirigeants continuent à vendre l'Afrique et sont incapable de reconnaître tous les bienfaits de quelqu'un
coe KADHAFI