MESSAGE AU CONGRES D’AFRICA-FEMMES PERFORMANTES - par le Professeur BWEMBA-BONG

Publié le par Munsa Nzinga Kandombe

MESSAGE AU CONGRES D’AFRICA-FEMMES PERFORMANTES

  
http://www.femmesperformantes.com/wp-content/uploads/2009/10/Logo_AFP_Seul-net1.jpg 

 

Chers Congressistes, Chères Sœurs, Chers Frères,  

Vous voici réunis pendant deux jours à Toronto au Canada, grâce à  la volonté et au dynamisme de Africa-Femmes Performantes, pour vous pencher sur un certain nombre de problèmes cruciaux qui interpellent notre Mère-Afrique à travers ses filles et ses fils dont vous êtes une représentation active et agissante, afin que la Femme Noire reprenne sa place pleine et entière au sein de notre Peuple, comme cela était le cas avant que l’Afrique et le Peuple Noire ne déchoient sous l’impérialisme de peuples étrangers. 

En effet, à l’analyse, la Tragédie de l’Histoire, qui a totalement muté le Peuple Noir, a doublement affecté la Femme Africaine. De la Mère Historique de la société, elle l’a réduite en simple objet à usages multiples : objet de plaisir, de prostitution, de folklore ... Subversion d’autant plus inadmissible, que dans l’Afrique Noire précoloniale, en sa qualité de symbole de la fécondité, de la fertilité, et de la richesse par la maternité, la femme brillait de tout son éclat : elle qui était alors la DEESSE-MERE dont le culte reposait, entre autres, sur la naissance et la fécondité.  

Mais la Déesse-Mère Noire Antique n’eut pas que le rôle de donner la vie. Elle joua également un rôle politique dans la cité ; ce fut le cas par exemple, d’Isis, d’Hatshepsout et de bien d'autres encore. Dans la société comme dans le Panthéon, le Dieu, bien que procréateur, n'occupait alors qu'une place subordonnée à la Déesse-Mère, source principale de la famille et de sa protection, force du matriarcat, dualisme harmonieux, association acceptée par les deux sexes pour mieux gérer la société. 

Cette condition ne permettait alors pas seulement à la Femme Noire de s'intéresser au gouvernement de la société. Elle en était l’élément moteur. Traitée avec égard, non recluse dans le harem, elle était l’éclat et la puissance de la Nation. C’est ainsi qu’elle tenait une place capitale qui rappelait qu'un roi orphelin de mère ne pouvait gouverner, sauf si on lui trouvait une mère sociale et symbolique, le socle de la succession au trône, grâce à l’autorité politique dont la reine-mère était seule détentrice : « Les règles successorales du Rwanda et du Burundi proclament la nécessité d'un couple royal, formé de la mère et du fils. Au Rwanda, si la mère réelle du  souverain mourait au cours du règne de son fils, on octroyait à celui-ci une mère substitutive afin de satisfaire à cette règle rigoureuse qui voulait que la mère régnât toujours de concert avec le fils. Au Burundi, un proverbe affirme qu'un orphelin ne règne pas »1, écrit si justement Luc de Heusch, qui continue par un autre exemple : « Le royaume ashanti est gouverné par une reine-mère fille de la Lune, régnant de concert avec un roi, fils du Soleil, choisi par elle dans son clan »2.   

 

Que des esprits rétifs, tiennent uniquement pour symboliques ces attributions de la Femme Noire, n’altère en rien, le pouvoir de gouverner et de régner que la Femme Africaine avait réellement dans l’Afrique Noire précoloniale. Certaines de ses figures emblématiques en ont été le témoignage : Hatshepsout, dans l’Egypte pharaonique, qui fut la première reine dans l'Histoire de l'Humanité, à régner sans aucune aide masculine, la Reine Candace du Soudan, qui, à la tête de ses troupes, s'opposa vaillamment aux armées romaines de César-Auguste, la Reine Abla Pokou de Côte d'Ivoire, qui sauva son peuple du massacre en sacrifiant son propre fils aux dieux du fleuve qui (selon la tradition orale), érigèrent un pont d’hippopotames qui se disloqua aussitôt après le passage des fugitifs, Aminatu, reine Haoussa, qui régna au 16ème siècle. 

Que certains de ces hauts faits puissent laisser penser qu’ils relèvent plus de la légende que de l’Histoire, n’altère en rien le fait qu’ils n’en représenteraient que plus d’intérêt au témoignage de l’autorité que l’Afrique Noire précoloniale conférait à la Femme Noire.   

N’est ce pas, en effet, la légende qui prête à Moïse d’avoir, en son temps,  sauvé le peuple juif en lui faisant traverser la « Mer Rouge» pour échapper à l’armée de pharaon ? Moïse, la Reine Pokou, ne sont de ce fait que la conjonction de deux systèmes sociaux dont la perception de la Femme est à l'antipode l'une de l'autre : le Patriarcat et le Matriarcat, représentations symboliques de deux peuples culturellement différents. 

Qu'il soit donc le moment historial ou le fin mot de la fin, le matriarcat est l'expression de la position privilégiée de la Femme Africaine dans l’Afrique Noire précoloniale. Il faut par conséquent y voir un système grâce auquel le rôle social de la Femme, dans l’histoire de l’Afrique Noire précoloniale, s’harmonisait avec celui de l'homme. 

Or, vénérée en tant que Mère dans la Société Africaine Ancienne, la Femme Noire à cause de la domination de l'Afrique Noire, a aujourd’hui perdu, à tous les niveaux, tout caractère sacré et toute considération. Et, de Charybde en Scylla, le développement des moyens de communication et l'importance prise par l’argent dans la société africaine, ont aggravé cette déchéance à laquelle s’est ajouté le fait aggravant que, par abus d'imitation des mœurs occidentales dont les villes africaines ne sont aujourd’hui que des vitrines, des femmes noires qui n'ont pas d'emploi (et c’est généralement le cas), en arrivent parfois à se prostituer, pour se procurer l'argent nécessaire à la satisfaction de leurs besoins et de leurs désirs. 

Cela fait qu’on ne peut plus parler aujourd'hui en Afrique Noire, d'un véritable culte de la Déesse-Mère, même si un profond respect reste dû à  la Femme, en tant que mère, comme cela est relaté par le sociologue français, Georges Balandier : « Parmi les sentiments naturels que ces gens conservent fidèlement, il faut distinguer le respect, la soumission, la tendresse qu'ils montrent toujours pour leur mère ... La plus grande injure qu'on puisse dire est le trop fameux : sahr sa ndel (par les parties génitales de ta mère). Ce jurement a souvent été lavé dans le sang.  Ainsi un événement en apparence sans importance me conduisait à examiner l'image que se construit de la mère le jeune enfant lébou, l'image que l'homme a de la femme »3 

Ces survivances du statut traditionnel de la Femme Noire ne peuvent toutefois pas faire oublier qu’à tous les niveaux, celle-ci a perdu aujourd’hui sa considération d'antan : politique, économique, social et militaire. Surtout plus dans les zones urbaines que dans les zones rurales qui sont restées plus longtemps à l'écart de l'évolution des mœurs constatées dans les villes, les zones rurales elles-mêmes n'échappant désormais plus totalement aujourd'hui à ce phénomène de dégradation générale. 

 

Dans presque toute l’étendue de l’Afrique Noire précoloniale, c'est le matriarcat qui fondait la société. Ainsi, c'était la Femme qui transmettait le pouvoir politique. Avec la domination étrangère, ce rôle lui a été retiré : l'ère du patriarcat venait de sonner. La femme était désormais condamnée à s’effacer devant l’homme. 

A l'heure actuelle, le bouleversement du rôle politique de la Femme Noire se manifeste particulièrement à travers l'utilisation qui en est faite par la dictature africaine au sein du parti unique. Celle-ci l’utilise dans des séances d'animation, soit à l’occasion de visites de notables où elle reste entièrement à sa disposition, soit dans les réunions du « parti »,  pour les appétits sexuels des éléments masculins du parti unique. En outre, quand parfois un poste ministériel lui est accordé, la dénomination de celui-ci n'a d'égale que son inutilité. La Femme Africaine devient alors ainsi un simple instrument de propagande politique. 

Dans la mafia politique africaine, le statut de la Femme Africaine doit être apprécié à deux niveaux : dans les structures traditionnelles locales et dans les structures politiques nationales. 

En effet, au plan local, des vestiges du passé politique valorisant la Femme Noire, sont encore visibles dans certaines régions d’Afrique Noire, à travers l'institution de la Reine-Mère qui seule transmet les droits politiques dans les « ethnies » matrilinéaires. Des femmes assurent également encore le rôle de chef de village ou de cantons. Certains gouvernements locaux dépendent encore, pour une large part, des conseils des Anciens, dans lesquels les femmes sont représentées de manière générale, par une ou plusieurs déléguées. L'unanimité étant la règle de base dans ces structures, la Femme y détient un rôle important, puisqu'elle peut, par un avis négatif, bloquer toute prise de décision. 

Cependant, contrairement au passé, ce statut politique dans les structures traditionnelles, n’a pas subsisté avec toute sa force, la relégation de la femme au second plan dans la plupart des domaines de la vie sociale, culturelle et économique. Elle a notamment amoindri de façon notable, sa participation effective à la vie politique locale. 

Au plan national, la puissance politique de la Femme Africaine a connu ses derniers vestiges (de façon occulte) au temps des luttes contre la domination coloniale, pendant laquelle, dans certains territoires, des femmes étaient à la fois les messagères des partis anticolonialistes, des financières des campagnes électorales des nationalistes, et de leurs voyages à l'O.N.U., en qualité de pétitionnaires. Si la force politique des femmes de Guinée, dans la lutte anticolonialiste fut localement évidente, il en alla de même de celle de la plupart des femmes dans toute l’Afrique Noire, dans le combat pour la libération du continent africain. 

C’est ce passé de lutte qui est récupéré aujourd’hui par les dictatures qui sévissent sur le continent noir, et qui a été à l’origine de la création d'organisations féminines qui constituent les ailes marchantes des partis uniques, dont le but est l’embrigadement des femmes, aux fins d'exploitation de leur dynamisme. Chaque dictature africaine se fait ainsi le devoir d'avoir quelques femmes ministres, députées, conseillères municipales ... mais, dans la réalité, il ne s'agit là que d'une manifestation de récupération qui s'inscrit dans la logique des tyrans africains.  

Le ministère de la condition féminine dans lequel les Femmes Africaines sont le plus souvent cantonnées, ou le ministère des affaires sociales qu'elles occupent également souvent, n'ont d'existence que sur le papier, aucune politique de promotion de la Femme ou de protection sociale, n’existant réellement nulle part sous les dictatures africaines. Concrètement donc, la Femme Africaine est utilisée à deux fins par ces dictatures :  

          - comme danseuses, puisque les partis uniques au pouvoir créent des groupes dits d'animation politique, qui sont de véritables viviers féminins. Ces groupes de composition mixte sont chargés d'exécuter des chants et danses au cours de cérémonies officielles des fêtes du parti ou des visites de chefs d'Etat étrangers ou de personnalités politiques étrangères. « La promotion de la Femme Africaine » passe ainsi par ses exhibitions obscènes dans les rues des villes africaines ou dans les permanences des partis uniques au pouvoir. En outre, les femmes  faisant partie de ces groupes, qui sont généralement les maîtresses attitrées des « hommes politiques » du cru, sont également le plus souvent mises en demeure d’être les prostituées passagères d'hôtes officiels de ces dictatures4 

       - comme objets de prostitution : les femmes qui font partie des gouvernements ou des partis uniques africains, sont constamment l'objet de diverses sollicitations  importunes de la part des dignitaires de ces partis. La plupart du temps, leur maintien à un poste est fonction de la plus ou moins grande « compréhension » manifestée à l'égard de ces sollicitations. 

Le parti unique africain est ainsi un instrument d’imposteurs dans la vie publique comme dans la vie privée, qui a doublement confiné la Femme Africaine à deux rôles principaux sur le plan politique : d'une part, elle est réduite de manière révoltante et avilissante à la dimension congrue et humiliante d'agent de propagande ; d'autre part, elle est transformée en prostituée politique mise au service des notables du parti unique et de leurs hôtes étrangers, pour assouvir leurs appétits sexuels. Au total, le statut politique de la Femme en Afrique Noire sous les dictatures africaines est à l’image de ces dictatures.   

SUR LE PLAN ECONOMIQUE  

Le travail étant l’une des principales activités économiques d'une société, la place qu'il occupe dans la vie de l'individu est non négligeable. Aussi, convient-il d’évaluer la place que la Femme Africaine tient d'une part, dans le travail rémunéré, communément reconnu comme la branche noble de l'économie, et d'autre part, dans le travail non-rémunéré, souvent nié par le système économique capitaliste, notamment la tenue du ménage par la femme en centre urbain, et sa responsabilité dans les travaux de la ferme en zone rurale. 

L'économie des pays sous-développés en général, et celle de l'Afrique Noire en particulier, sont caractérisées par la prépondérance de structures politiques et administratives sommaires, d'un secteur agricole traditionnel, archaïque, à côté duquel se développent des centres d'activités autour d’une industrialisation embryonnaire. C'est dans cet environnement interlope que s’évalue l'apport de la Femme Africaine dans « l’économie nationale ». 

Il est généralement admis que toute collectivité ayant le souci de la justice sociale doit offrir à ses membres, sans distinction de sexes notamment, les mêmes chances de promotion individuelle. Or, dans l'Afrique Noire contemporaine aux ordres de l’Occident, aucune politique concrète n'est mise en œuvre pour permettre, tant à la Femme qu’à l’Homme Noirs, de connaître l’épanouissement individuel. Tout pour les sbires et les clients de la dictature et tout pour ces suppôts, telle est la devise de la société africaine noire sous la dictature. 

Aliénée, la Femme Africaine en est à chercher des compensations dans des gadgets occidentaux ; notamment la lecture de romans-photos (surtout par celles qui savent lire), le port du manteau, même de fourrure, sous les tropiques5, le port de perruques occidentales, l'usage de détergents pour s'éclaircir la peau, du rouge à lèvres... Cette transformation en sex-symbol européen, phénomène dont l'origine est urbaine, commence à envahir petit à petit la campagne où il provoque un exode massif de femmes vers la ville. 

Quelle chance de promotion individuelle la société africaine offre-t-elle à  la Femme ? L'étalon qui peut permettre de mesurer cette chance est l'école. Dans l'Afrique Noire contemporaine,  le diplôme, de manière générale, est devenu le moyen essentiel de promotion sociale. Or, le sous-développement et la politique de démission nationale des dictatures africaines, empêchant une grande partie des Africains d'accéder à l'enseignement, le sort fait à la Femme Noire dans ce domaine se situe à deux niveaux : 

               - Au niveau de la famille : en règle générale, le garçon est scolarisé  et peut poursuivre  ses études plus loin que la fille ; 

        
  • Au niveau de la politique gouvernementale, la dictature africaine tout en clamant sa volonté de sortir la femme Noire de son statut discriminatoire, ne mène aucune politique réelle qui permette d'atteindre cet objectif.
 

C’est ainsi que la relégation de la Femme Noire au second rôle a trouvé son expression la plus achevée sous le système d’Apartheid qui a sévi longtemps en Afrique du Sud : « Dans le système juridique sud-africain, les femmes africaines dépendent des Africains, lesquels n'ont aucun droit. Le code du Natal  impose aux femmes le statut de mineure à perpétuité. Quel que soit son âge, son degré d'éducation, son niveau économique, une femme ne peut ni posséder, ni hériter, ni signer un contrat, ni obtenir un crédit. Elle sera toujours placée sous la tutelle de son père, de son mari ou d'un autre parent masculin  ... les possibilités de formation offertes aux africains en général sont très limitées : pour les filles, elles se bornent à l'enseignement ménager. Au reste, dès qu'elles sont mariées, les femmes ne peuvent être employées ni dans la fonction publique, ni dans les universités tribales.....

      Plus de 60 % des africaines qui ont une activité  économique travaillent comme domestiques ou comme ouvrières agricoles dans des secteurs ou n'existent ni salaire minimum, ni garantie contre le chômage »6. 

La restauration du statut culturel de la Femme Africaine, se trouve par conséquent posée dans la transition de la société africaine néocoloniale à une société souveraine. Elle commande une politique culturelle de désaliénation générale, devant concourir à la restitution au Peuple Noir de sa confiance fracassée par l’occupation étrangère de l’Egypte pharaonique d'abord, les razzias négrières ensuite, et enfin, les colonisations d'hier et d'aujourd'hui. 

Aussi, le renouveau culturel du Peuple Noir se pose, en équation d'un nécessaire recul par rapport à certaines normes occidentales aujourd'hui admises comme panacée universelle, non pour leur efficience ou pour leur efficacité, mais bien par complexes d'infériorité généralement manifesté  pour tout ce qui est occidental.  

En effet, s'il est vrai que la culture est l'âme d'un peuple, comme les racines sont la base de la puissance de l'arbre, l'Afrique Noire ne peut engager aucune stratégie de développement véritable, et encore moins son processus de libération, tant qu'elle n'aura pas maîtrisé son propre environnement culturel ; ne pas s’atteler à cette tâche particulièrement vitale, l’expose depuis longtemps déjà à prêter le flanc à tous les négricides de la planète et à demeurer éternellement le continent de prédilection d'expérimentation de toutes les fausses valeurs élaborées en Occident notamment.  

A l’évidence, l’ostracisme particulièrement ignominieux qui frappe aujourd'hui la Femme Africaine du fait de l'Homme Africain aliéné, conduit à la déposséder de son aura de Mère de la Société. Tout  se passe en effet comme si, pour l'Homme Africain, sa sortie du monde de l'enfance et son entrée dans le « club des adultes », procède, préalablement, par la mise à mort de la Mère, pour une revanche sur la Femme. L'on assiste alors ici à un rituel matricide mettant en lumière des individus imbibés de la culture européano-sémitique.  

A aucune époque de l'Histoire de l'Afrique précoloniale, les brimades qui affublent la femme du péché originel, n'apparaissent dans la philosophie nègre. Traitant  de la cosmogonie nègre égyptienne attestée par les textes des pyramides (2600  av. J.C.), Cheikh Anta Diop7 note qu'Osiris et Isis, symbolisaient le couple humain de la fécondité, géniteur de l'humanité (repris par le judéo-christianisme sous la forme d'Adam et d’Eve), cependant qu'à leur opposé de couple fécond, se trouvait symbolisant la stérilité,  Seth et Nephtys, : « Ici, précise Cheikh Anta Diop, pas de notion de péché originel ; le mal est introduit par les hommes et non par les femmes »8. Pas de pessimisme, ni de misogynie, typiques des sociétés nomades.  

L'étude théorique du statut de la Femme dans les Sociétés Africaines Antiques et précoloniales, permet ainsi de relever des signes évidents de la déchéance de celle-ci, aujourd’hui, d'abord du fait des razzias négrières, puis de la colonisation et, enfin, de la néocolonisation. Cette régression qui a été, en partie introduite dans l'organisation socioculturelle de l'Afrique Noire, a relégué la Femme Africaine à une situation de double exploitée ; notamment par l'aggravation de l'aliénation de l'Afrique subsaharienne par le cycle infernal des valeurs étrangères. Le modèle qui prévaut aujourd'hui en Afrique Noire dans la perception des sexes, se signale par conséquent comme le corollaire logique de cette déchéance.  

Alors, de même que l'Homme Africain doit se libérer de la domination étrangère, de même, pour sa propre survie en tant que Culture et en tant que Société, doit-il restaurer la Femme Noire dans sa dignité perdue, pour la reconstruction, ensemble, d'une Afrique Noire libre participant au développement de valeurs nécessaires à l'épanouissement du Peuple Noir. A cet égard, ils auront alors, l'un et l'autre, à innover, selon leur propre génie, pour la Renaissance du Peuple Noir. 

Filles et Fils d’Afrique, accourus de tous les continents pour vous pencher à Toronto, au Canada, sur le Destin à reconstruire de votre Mère, je vous salue. 

Humblement.

http://www.bwemba-bong.info/img/1.jpg

BWEMBA-BONG

Membre du Cercle SAMORY (CESAM)

Groupe de Réflexion sur la Culture Africaine

pour la Renaissance du Peuple Noir


Commenter cet article