Michaëlle Jean, gouverneure du Canada, voit les violences faites aux femmes comme un signe tangible de l’insécurité à l’Est de la RDC

Publié le par Munsa Nzinga Kandombe

Kinshasa, 22/04/2010 / Politique

Avis tranchant de la gouverneure générale du Canada, Mme Michaëlle Jean, en visite à Goma auprès des victimes de la guerre dont elle a déploré la tragédie en déclarant que « Les violences constituent un signe tangible de l’insécurité dans l’Est de la RDC »

Avant de terminer sa mission officielle en RDC, la gouverneure générale du Canada a visité les victimes des violences sexuelles à Goma. Pour elle, ce fléau constitue un signe tangible de l’insécurité dans l’Est de la RDC.

Après l’étape de Kinshasa, la gouverneure générale du Canada, Michaëlle Jean, s’est rendue, le mardi 20 avril à Goma. Au chef-lieu de la province du Nord-Kivu, Michaëlle Jean s’est entretenue avec le contingent canadien de la Monuc. Ce, avant de procéder à une visite de réconfort aux déplacés de guerre et aux femmes victimes des violences sexuelles à l’hôpital Heal Africa de Goma.


Pour ce qui est des violences faites aux femmes dans cette partie de la RDC, la gouverneure générale du Canada a appelé, mardi à Goma, « à une mobilisation de la communauté nationale et internationale pour mettre un terme à ce genre de pratiques ».


Avant de faire remarquer : « Ces actes constituent les grands indices de souffrances dans la population ». A ce sujet, la gouverneure générale a déclaré : « Tout le monde doit être de la partie pour que cela cesse. C’est en renforçant les initiatives locales et nationales qu’on pourra arriver à un résultat. Tout le monde ensemble ! C’est-à-dire: les citoyens, la communauté, la Société civile, le gouvernement, la communauté internationale ».


Cependant, Michaëlle Jean a apprécié les efforts des autorités congolaises dans la lutte contre ce fléau. C’est le cas, à titre illustratif, de la campagne gouvernementale dénommée « Je dénonce et je dis non », menée par le ministère congolais en charge du Genre, de la Femme et de l’Enfant.


De son côté, Mme Marie-Ange Lukiana, ministre du Genre, de la Famille et de l’Enfant considère la déclaration de la gouverneure générale « comme un grand soutien du Canada aux efforts du gouvernement congolais dans la lutte contre ce fléau ». Et d’ajouter que c’est aussi un signal fort pour le Genre de voir que les femmes du monde, à quelque rang que ce soit, s’élèvent pour venir soutenir les efforts que la République démocratique du Congo est en train de déployer.


Par ailleurs, la gouverneure générale a indiqué : « Le fléau des violences faites aux femmes et aux enfants constitue un signe tangible de l’insécurité dans l’Est de la RDC et, particulièrement, au Nord-Kivu ». Une insécurité qui, à ses yeux devrait également cesser pour que cette province, jadis touristique, retrouve ses lettres de noblesse, a-t-elle également souhaitée. Après Goma, Michaëlle s’est rendue à Kigali (Rwanda), dernière étape de sa tournée dans la région des Grands Lacs.


Vingt cas de viol enregistrés chaque semaine au tribunal de Grande instance de Mbuji-Mayi


Le tribunal de Grande instance de Mbuji-Mayi enregistre chaque semaine une moyenne de vingt cas de viol à l’égard des femmes et jeunes filles, a déclaré à la presse Charles Fuamba, officier de la section droit de l’homme de la MONUC/Mbuji-Mayi. Il a fait savoir que cette situation est due au fait que dans la province, il y a très peu de considération de la femme, entraînant ainsi des cas de manage précoce de plus en plus fréquents qui atteignent des proportions inquiétantes.


Charles Fwamba dénonce le fait que beaucoup de parents n’attachent pas d’importance à la scolarisation des jeunes filles, sous prétexte d’être respectueux des coutumes rétrogrades qui lèguent la femme à la position procréatrice seulement. Pour lutter contre ce fléau, il préconise une  forte sensibilisation des différentes couches des populations autour de la loi portant infraction sur des cas de violences sexuelles.


Le Potentiel/Acp

Publié dans Economie-Politique

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