PORTRAIT : IDRISS DEBY, PILE = FACE - par Zoom sur le Tchad

Publié le par Munsa Nzinga Kandombe

 

 




Le 1er décembre 2010, Idriss Deby aura bouclé 20 années de pouvoir, arrivé en claironnant le fameux
« je ne vous apporte ni or, ni argent mais la démocratie et la liberté », on peut relever qu’il n’a pas tenu parole, car la démocratie et la liberté sont encore attendus par le peuple tchadien. S’il faut résumer le cadre de vie des Tchadiens après 20 ans de pouvoir de Deby, en quelques mots, voilà les conseils ou plutôt les mises en garde données par les autorités françaises à leurs ressortissants qui vivent au Tchad ou comptent s’y rendre.


« La capitale N’djamena se caractérise par une grande insécurité, de jour comme de nuit, le moindre et banal accident de circulation dégénère en actes d’agression et de violence, ne jamais conduire soi même sa voiture, prendre un chauffeur tchadien. Ne pas sortir le soir dans les quartiers excentrés de la capitale sans verrouiller toutes vos portières. La distribution d’eau et d’électricité reste aléatoire, ne pas boire l’eau du robinet, celle-ci n’est pas potable, consommer l’eau en bouteilles capsulées. Le système médical, les hôpitaux et les soins prodigués sont aléatoires donc allez au centre médical du Consulat ou à celui de la base militaire française. Une assurance santé rapatriement est absolument indispensable.


Depuis l’annonce du retrait de la Minurcat, les déplacements vers l’EST, dans la zone d’Abéché sont dangereux car des coupeurs de route et des bandits font la loi, de nombreux enlèvements se sont produits. A partir de décembre 2010, date de retrait de la MINURCAT, ne pas se rendre à l’EST. La zone Nord, est d’accès difficile et comporte des risques graves en raison de la présence importante de mines, les routes et les quelques pistes sont en mauvais état. Pour tout déplacement hors de la capitale, vous devez avoir un téléphone satellitaire et informer l’ambassade de votre déplacement. L’approvisionnement en carburant reste aléatoire, donc en cas de déplacement, faites vos réserves, la ville de Fada se signale par une absence totale de gasoil. Faites attention, la prévalence du VIH Sida est non négligeable, au Sud du pays. Enfin, les organisations internationales à N’Djamena interdisent à leur personnel de prendre les vols de la compagnie tchadienne Air Toumai. ».


Ce sombre et hallucinant tableau de la situation du pays est l’œuvre du Ministère des affaires étrangères français, à l’attention de ses ressortissants, il est positionné sur son site Internet pour une large information.


Contemplons la vitrine de l’Afrique centrale. Ce compte rendu symbolise l’échec patent du protégé de Paris, porté à bout de bras 20 années durant. Il nous renseigne aussi sur le cynisme en politique, car finalement, en échange de son soutien inconditionnel, qu’est ce que la France a exigé de Deby ? Un Etat qui fonctionne ? Une sécurisation des biens et des personnes ? Une amélioration des conditions de vie des populations ? Un système politique démocratique ? Des libertés ? Des élections transparentes ? Rien de tout cela, on lui a tout simplement demandé de transformer le Tchad en un gigantesque souk où les entreprises françaises raflent tout, sans rien apporter en terme de développement économique. Seul un Etat anarchique dirigé par un homme sans vision et sans patriotisme économique fait l’affaire et pérennise la françafrique. Portrait de cet homme qui a fait du Tchad, un pays de cocagne, 20 ans d’exercice de pouvoir sont à notre sens, suffisants pour camper son portrait. Ce portrait grandeur nature d’Idriss Deby mettra en lumière ses multiples facettes mais qui paradoxalement s’entremêlent et se confondent de telle sorte que le Deby pile est égal au Deby face. Nous le découvrirons tel qu’il s’est révélé à l’opinion publique nationale et internationale, nous suivrons sa pratique du pouvoir pour constater qu’elle aura mis en évidence ses méthodes, sa gestion de l’appareil étatique. Les difficultés qui se sont dressées sur son chemin ont ainsi mis à nu sa détermination à utiliser tous les moyens pour conserver le pouvoir.


Le rôle et la place qu’il a donnés à sa famille, à son clan, à ses belles familles dans l’organisation de son pouvoir seront détaillés. Quelle est sa conception personnelle du pouvoir, que peut-on dire de son « discours politique », de ses ambitions. Quel visage a-t-il présenté face à ses deux parrains, la France et la Libye, comment s’est il comporté avec la classe politique tchadienne, avec ses collaborateurs, avec son gouvernement, avec les opposants armés ou non. Le personnage a-t-il évolué en 20 ans ?


Et enfin, le cadeau pour le cinquantenaire, Idriss Deby et la gent féminine, entre scandales, luxure, mysticisme et violences.

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Portrait Idriss Deby

 

Peut-on faire le portrait d’un homme politique sans parler de son physique, de son allure, de sa façon de se mouvoir, de s’exprimer ? Difficile car l’homme politique est toujours en situation de communication voire de séduction. Il mobilisera tout son art pour cet objectif. Si cette alchimie est positive c’est le charisme, l’aura, le charme qui se dégagent d’une personne qui l’aideront  dans la conquête de son public.

 


Alors, Idriss Deby est- il un homme charismatique ?


Assurément non, son visage est quelconque, il a pour le desservir un regard froid, glacial, un regard d’exécuteur comme l’a qualifié feu Jean François Verschave de l’association Survie. On peut lui reconnaitre une mise assez soignée mais le tout ne concoure pas à offrir un beau spectacle. Or la politique, c’est aussi du spectacle. Depuis quelque temps, il porte une canne, symbole de pouvoir et d’une pratique fétichiste. Il parait qu’il la porte lors des grandes cérémonies et tous les derniers samedi du mois pour pouvoir mourir au pouvoir ! Toutefois, Il ne sait pas marcher avec sa canne, ID n’a pas compris que c’est tout un art qui s’apprend, or il balance sa canne n’importe comment, pire, quand il parle à la presse ; il frappe au sol sa canne selon une cadence dont lui seul connait la fréquence.


Ces dernières années faisant honneur à son statut de roi du pétrole, il porte un « carter » bien développé. Il adopte dorénavant un look proche de celui de Papa Bonheur alias Sassou  Nguesso, président du Congo. On l’a vu dans toutes ses dernières interviews où il est apparu hyper pommadé, les cheveux colorés, à n’en pas douter, c’est la Touch Hinda. Ce qui tranche avec le style habituel des tchadiens très réticents à adopter ce genre de look, préférant en général,  garder un style sobre et naturel. Avant Hinda, on a eu droit au dentiste français transporté avec son matériel par avion spécial pour limer les dents de Deby.


Sa façon de parler, d’une voix monocorde et hésitante est particulièrement indigeste, il arrive à peine à lire sans faire de fautes, sans se reprendre, c’est pourquoi, il succombe à la tentation de se détacher de son texte et tenter une improvisation et c’est la catastrophe.

 

Que peut-on dire de sa conception du pouvoir ?

Il a eu très souvent cette phrase qui a, elle seule, peut résumer sa conception ; « je ne suis pas venu au pouvoir avec un billet d’avion Air Afrique ». Autrement dit, j’ai arraché ce pouvoir et je ne le céderai que contraint et forcé, par conséquent, ceux qui créent des partis et pensent arriver au pouvoir par les urnes, peuvent toujours courir.


Face aux attaques militaires, il a affirmé, « je mourrai au pouvoir ». Il est évident qu’il n’ira pas jusque là, dans la mesure où en 2008, plusieurs sources avaient affirmé qu’il aurait été évacué sur Libreville, pour d’autres, mis en sécurité au sein de la base française de « l’Opération  Epervier ». Dans tous les cas, ce qui est  sûr et incontesté est que ses bagages ont été faits et qu’une partie de sa famille fut évacuée, pendant que les militaires français pilonnaient les positions rebelles. Mais c’est un indice qui révèle que le pouvoir est toute sa vie et qu’il ne le lâchera pas facilement.


Ce pouvoir qui est sa raison d’être, comment l’a-t-il exercé, mais avant comment a-t-il vécu son installation dans cette station de puissance, d’honneurs et de privilèges ?

Le pouvoir, dés les premiers instants, (avant l’avènement du pétrole c'est-à-dire de 1990 à 2003) a signifié, pour lui, la possibilité d’avoir beaucoup d’argent par tous les moyens. En organisant  d’abord, un racket auprès de la bourgeoisie compradore tchadienne, en exigeant des commissions sur tout et n’importe quoi, les gens étaient effarés de constater que le président acceptait même une enveloppe de 500 000 F Cfa (762 euros). Il était quasiment insatiable, pour lui, tous les moyens sont bons, ce fut la période de la fausse monnaie qui a servi à dépouiller bien de Tchadiens, ainsi les résidences de Deby dans les provinces ont été payées par cette monnaie de singe, de même, beaucoup d’éleveurs se sont vus grugés dans la vente de leur cheptel et bétail. Il a fallu que feu Bongo s’en plaigne ouvertement à Chirac pour que la planche à billets arrête de tourner. Mais le naturel a repris le dessus, ce fut la grosse affaire des  faux dinars de Bahreïn avec des ramifications internationales, en Afrique du Sud, au Brésil, en France, au Niger. On est ensuite passé au trafic de drogue avec l’arrestation de M Aganaye, nommé au consulat du Tchad en Colombie et  porteur d’un passeport Diplomatique. Il transporta 180 kg de cocaïne  dissimulés dans une valise diplomatique à l’aéroport de Bonn, le mulet a bien entendu été lâché et purge une peine de 30 années de prison en Allemagne. Pour la petite histoire, c’est son frère M Ahmat Aganaye à qui la Belgique a octroyé la nationalité Belge pour créer le lien de compétence indispensable pour agir dans l’affaire HH.


L’accumulation effrénée de moyens financiers conduira ID à vendre les fils du Tchad au Congo pour porter au pouvoir Sassou II, puis, en RCA, ce fut l’organisation du coup de force contre Patassé moyennant finances et plaquettes de diamants sans oublier le soutien militaire apporté à Kabila contre là aussi des plaquettes de diamant. On a vu aussi la vente des passeports tchadiens par milliers en Arabie Saoudite et ailleurs, la vente de tout l’armement récupéré pendant la guerre avec la Libye. C’est son coté Mobutu.


Le pouvoir apporte l’argent et l’argent consolide le pouvoir, par la corruption en permettant  la mobilisation et l’intéressement des  groupes  pour défendre ce pouvoir. Très vite, dés son accession au pouvoir, on a vu son clan s’organiser  pour jeter les bases d’une concertation restreinte afin de faire main basse sur le pays.


 

IDRISS Deby : Le Roi Fainéant et son Bon plaisir

Les différents membres de ce clan avaient tout de suite compris que Deby était parfaitement incapable de gouverner seul et qu’il fallait s’organiser pour empêcher que les autres groupes ethniques aient la moindre chance d’accéder au pouvoir.

Idriss Deby est  une espèce de roi fainéant qui n’a pas les capacités d’étudier des dossiers et de travailler à  améliorer les conditions de vie des populations. Profiter et jouir de tout ce que le pouvoir pouvait lui procurer occupait une grande partie de son temps. Comme le titre d’un célèbre film africain, le pouvoir c’est FVVA (femmes, voitures, villas, argent), criant de vérité. Il suffit de voir le défilé de Hummers, les aventures et scandales avec les femmes d’autrui, femmes de ministres, filles de ministres, ministres femmes, femmes conseillers, sans compter tous celles que les « samsarma »  contactent après visionnage de DVD des cérémonies de mariage. Il y a eu la promesse de mariage à caractère mystique qui n’a pas été réalisée au grand dam de la famille de la jeune fille  malgré le séjour de leur fille au palais présidentiel pendant 15 jours. C’est dire que pour beaucoup de cas, le consentement des femmes est loin d’être  évident. Peut-on compter les chefs de familles tchadiennes qui ont envoyé  leur fille à l’Etranger, au Cameroun ou ailleurs pour les protéger. Plusieurs cadres se sont exilés parce qu’un jour, après la séance vidéo, le choix s’est arrêté  sur leur épouse. On a vu Idriss Deby envoyé de somptueux cadeaux à ses ex, bien que celles-ci fussent désormais dans les liens d’un mariage, provoquant rupture et désolation dans les ménages. Pour lui, seul son bon plaisir compte et il n’y a pas de ex qui tienne. En d’autres termes, les pages ne sont jamais tournées, du moins pour lui. Seul le bon plaisir du Roi Idriss compte et qui peut le contrarier ? Inutile de dire le stress dans lequel vivent les familles. C’est son coté Bokassa.


L’Etat, l’administration, la paperasserie, ce n’est pas son truc, il laisse volontiers des proches s’en occuper, d’où l’occupation de cet espace par les Erdimi devenant gestionnaires de fait de l’Etat Tchadien et partant comptables au même titre que Deby. La main mise sur l’administration, sur les sociétés, sur l’éducation, et le détournement massif des recettes publiques au profit exclusif  de leur clan portent aussi leur signature. Ayant de tels pouvoirs, il est normal que naissent des ambitions.

Une fois partis en rébellion, la nature ayant horreur du vide, l’espace désormais vacant est occupé par Hinda et ses conseillers car notre roi est toujours fainéant. La montée de ses fils dans le cabinet présidentiel s’explique par la perte de confiance au sein du clan et sa volonté de les préparer à bosser pour lui et protéger ses arrières. « Mettez votre nez partout et ne faites confiance à personne », les consignes sont claires. Les conseillers à la présidence et à la primature fulminent, « ses enfants sont des semi analphabètes qui ne pigent rien et veulent soi disant tout savoir et contrôler ! »

Un exemple parmi tant d’autres ; qui peut dire quand a lieu le conseil des ministres au Tchad sous Deby ? Sous le régime de HH, le conseil des ministres se tenait tous les jeudis. Sous Deby, il se tient brusquement tous les 2 ou 3 ou 5 mois, nul ne le sait.

Aussi incroyable que cela puisse paraitre, et la presse au Tchad peut en témoigner, il est resté 15 ans sans accorder une seule interview à la presse tchadienne, c’est dire qu’il a de gros problèmes. Constatons qu’après 20 ans, il  est incapable de s’exprimer sans faute et contresens. Sa capacité de comprendre exactement ce qu’on lui demande, dès que les propos sont nuancés ou font allusion à ce qui a été dit précédemment, il est perdu et ne peut pas faire face à un enchainement d’idées.

Extrait d’une récente interview  sur Africa 24, entretien commandé et préparé 150 fois par ses conseillers : le journaliste : « M le président, qu’est ce qui a changé depuis notre  dernière rencontre (datant d’un an) ?».

Eclat de rire de Deby, « mais voyons, je vis à Ndjaména, regardez autour de vous ! (allusion aux constructions).» Sourire gêné du journaliste : «  Non, non, je faisais allusion au fait que vous affirmez ne jamais faire la paix avec El Béchir ! ».


Il revendique son statut de soldat comme pour dire, je ne suis pas un intellectuel. Ce coté de sa personne déteint dans sa façon d’exercer le pouvoir, il est fasciné par les royaumes, en fait, dans sa tête, il est plus roi que président de la République. Il a crée un sultanat à son frère, la canne qu’il porte est aussi un attribut des rois. Installé au palais, il avait laissé dans les différents quartiers, ses épouses et désigné des espèces de chambellans (ou samsarma au Tchad s’occupant des alcôves du Roi en ratissant aussi large que possible), défrayant la chronique et suscitant mille commentaires dans les salons de Ndjaména. Exactement à la manière des rois administrant leur harem, sans respect des règles religieuses et des us et coutumes du pays mais uniquement  selon le bon plaisir du roi. Malgré une accalmie, les scandales continuent, récemment encore au sommet France-Afrique à Nice. A son mariage avec Hinda, celle-ci exigea plusieurs actes de lui, un communiqué officiel pour annoncer que désormais les autres n’ont pas le droit de porter le nom Itno puis l’iman de Ndjaména fut convoqué et un motard fit le tour de la ville pour déposer chez les coépouses un certificat de divorce. Après le scandale provoqué par un tel comportement, une délégation qu’il enverra, fera le même circuit pour expliquer que le certificat n’est pas valable au regard de ses traditions. Cet attrait qu’exerce sur lui, la royauté s’est encore révélé quand une cérémonie a eu lieu, au cours de laquelle Hinda a été érigée « Princesse Zaghawa » par le sultan Haggar, le tout largement médiatisé. Dans chaque ville du pays, il a construit ou en passe de construire un palais : Am djaress , Iriba, Abéché, et bientôt Moundou  imitant en cela le roi du Maroc et les monarchies du Moyen Orient.


Le pouvoir est fait de mystères, et d’imprévus aussi tous les hommes politiques se laissent tenter par les pratiques mystiques, les marabouts, la sorcellerie etc... Deby en est particulièrement friand, il dépense un argent fou à cet effet, les marabouts et féticheurs sont convoyés des 4 coins du pays et même de l’Etranger (Inde !). Ces pratiques mystiques ont parfois consisté à l’enlèvement des jeunes filles, aussi bien à Ndjaména que dans les régions. Et ceci dans le silence complice de tout le monde, une seule personne à savoir M Yorangar a eu le courage de mettre le doigt sur la plaie et sur les larmes des mères tchadiennes. Rappelons qu’il y a 2 ans lors du concours de Miss TCHAD, une des candidates avait crié sa détresse au public pour dénoncer l’enlèvement et le viol des jeunes filles tchadiennes, Depuis ce jour, ce concours est étroitement contrôlé.  Rappelons aussi, la lettre ouverte écrite par un groupe de cadres de l’ethnie Kréda qui avaient crié leur révolte face au viol massif de leurs filles par les hommes de Deby, laquelle lettre avait été publiée par le journal « l’observateur » dirigé par la journaliste Coumba Singa GALI et qui lui a valu d’être emprisonnée plusieurs mois. Selon certaines personnes, le clan présidentiel l’avait menacé elle-même de viol en cas de récidive, la journaliste a quitté le Tchad pour aller travailler au Congo. 

  Seconde partie -



L’exercice du Pouvoir : Idriss Deby, un homme violent et impulsif.


Idriss Deby fait peur, très peur même, tous ses collaborateurs tremblent car sa violence est connue de tous. C’est un homme impulsif. Peut-on compter le nombre de cadres, de ministres, qui ont reçu, soit  un coup de pied, soit le cendrier sur la tête, ou encore un coup de canne, sans compter les ordres de bastonnade. L’actuel DG du service de la communication de la présidence, M. Dieudonné Djonabaye en a fait l’amère expérience. Même les premières dames en savent quelque chose. Dans l’armée, sa violence est connue, ses dérapages nombreux.


En tant que militaire, il n’a pas la réputation d’être un homme brave mais plutôt d’être quelqu’un qui sait diriger ses hommes. Sa conception de l’armée n’a rien à avoir avec ce qu’on a pu lui enseigner à l’école militaire. L’armée est un outil de conservation du pouvoir et de défense de ce pouvoir. Elle doit par conséquent rester totalement sous son contrôle. Parmi les membres du clan, il fera princes tous ceux qui seront prêts à le défendre réellement. Ceux qui prennent des risques pour le pouvoir, auront grades, puissance et argent et seront intouchables. C’est toujours vrai. En mettant en avant le fait qu’il est un soldat, il montre par là que c’est un élément de valorisation de sa personne, à contrario, il déteste les hommes brillants et compétents.


Idriss Deby n’a jamais participé à la guerre contre la Libye, malgré toute la propagande, malgré ses propres mensonges, car Idriss Deby était en formation à l’école de guerre en France (tout un chacun peut le vérifier) pendant les plus grandes batailles pour la reconquête du Nord du Tchad occupé par les forces libyennes et les forces de Goukouni Weddeye. Mentir ne le dérange guère.


En 20 ans de pouvoir, on peut dire que l’épine dorsale de son régime repose sur deux piliers. A savoir ;  d’une part, l’élimination des opposants qui ont été littéralement broyés et d’autre part  l’accaparement total des ressources du pays au profit de son clan exclusivement. (Nous vous invitons à consulter le dossier du site Tchadantropus très complet sur cette question).
 

LES OPPOSANTS BROYES


Très tôt, ceux qui ont cru « au Vent de la Démocratie », l’ont payé cher. Les cadres du RDP (parti politique d’opposition aujourd'hui rallié au régime) comme Mamadou Bisso et ses amis ont été exécutés dans leur domicile par la garde présidentielle. Maitre Joseph Behidi, premier président de la LTDH (Ligue Tchadienne des Droits de l’Homme) a été liquidé dans la rue. Colonel Abbas KOTI Yacoub, un de ses compagnons, partis en rébellion, puis signataire d’un accord de paix parrainé par la Libye et le Soudan, est rentré au pays,  quelques jours plus tard, en plein jour, un commando l’attaqua et le tua à son domicile. Bichara Digui, cadre d’un parti d’opposition fut mitraillé dans sa voiture après un long emprisonnement.

Des centaines d’opposants refugiés au Nigéria furent achetés aux autorités nigérianes, convoyés dans des voitures et exécutés pour la plupart, parmi eux, le secrétaire d’Etat  Boukhari et Goukouni Guet, des ONG nigérianes, la presse Nigériane l’ont dénoncé, la presse française en a fait état. La FIDH saisie n’a pas bougé, Deby étant le protégé de Paris. L’actuel ministre de l’intérieur Oumar Kachallami faisait partie du lot et des rares rescapés.


Le Député Guetti Mahamat a sauté sur une mine télécommandée posée devant son domicile, même procédé pour Youssouf Togoimi, lequel a été grièvement blessé avant d’être achevé à Tripoli avec la complicité des Libyens qui refusent toujours de rendre son corps à sa famille.  Moise Kété a été abattu sur la table de négociations, Laokein Bardé a lui aussi été abattu dans son logement  lors de négociations en pleine nuit.

Le Colonel Mahamat Fadil et le capitaine Ouleda Nouri ont été extirpés d’un camp de refugiés du HCR au Niger et livrés par feu Président BaréMainassara contre un soutien militaire de Deby pour détruire la rébellion toubou et touareg du Niger.


La liste est longue et est révélatrice de l’état d’âme d’un homme en proie à une angoisse sourde. Tant qu’il n’a pas éliminé la personne qui a, à un moment donné, exprimé ses ambitions, il ne peut connaitre la paix. Il a éliminé beaucoup de gens par anticipation, si vous êtes un cadre avec une base politique, issu du Nord et exprimé des ambitions politiques, vous n’existez plus ou êtes à l’extérieur et donc en sursis. Les récentes révélations sur la mort non accidentelle d’Ahmat Lamine ALI (ministre) et Abderrahmane Dadi (coordonnateur du projet Pétrolier) en témoignent. Nous reviendrons sur cette affaire. Tous ces cas précités sont moins connus à l'étranger. En revanche, l'assassinat de M. Ibni Oumar Mahamat Saleh, liquidé on le sait aujourd'hui parce que les Français avaient pensé à lui pour le mettre au pouvoir à la place de Deby en vue d'empêcher l'arrivée au pouvoir des rebelles. Une fuite organisée par une personne de l'état major français en direction de Deby, signa l'arrêt de Ibni. C’est son coté cruel qui le rapproche d’Idi Amin Dada.


Cette obsession de faire le vide autour de lui, le pousse à ne pas former de hauts cadres dans les écoles de guerre comme il l’a été lui. Il sait que ces écoles militaires sont un cadre de recrues pour la DGSE pour d’éventuels coups d’Etat. Il ne supporte pas les hommes brillants ayant une base politique, ils constituent pour lui une menace.


Voilà pourquoi en 20 ans de pouvoir, c’est le vide autour de lui, sa sécurité c’est l’instabilité continuelle dans l’équipe dirigeante. Il a grillé près de 20 premiers ministres qui sont remerciés avant qu’ils ne puissent travailler et récolter les fruits de leur gestion que ce soit vis-à-vis de la population ou aux yeux des partenaires occidentaux. Il les empêche ainsi d’être d’éventuels concurrents.


Ces lacunes sont tellement criardes, que ceux qui travaillent avec lui le sous-estiment. Ainsi, Soubiane a cru réellement que Deby allait respecter la Constitution et ne pas se représenter. Nos frères du Sud ont cru que les Français ont mis Deby  pour leur passer le témoin par le jeu démocratique. Tom et Timane Erdimi ont cru qu’après lui, ce serait leur tour. Malgré ses insuffisances, il surveille attentivement ses « proies ».

 

 

Idriss Deby ou le reniement constant de ses engagements : un homme sans parole et sans dignité.


Comme on l’a vu, un de ces traits de caractère dominant est le reniement constant de ces engagements. C’est loin d’être un homme d’honneur, il lance un appel à la paix, vous êtes en rébellion, vous décidez de signer un accord de paix, vous rentrez, il vous fait arrêter ou mitrailler. Le dernier fait en date du mois d’octobre 2010, concerne les responsables de la rébellion qui ont quitté le Soudan pour le Qatar, ses conseillers ont négocié avec eux. C’est ainsi que plusieurs sont rentrés, 48 h après, il les arrête. Devant l’indifférence générale des soi disant ONG des droits de l’homme et même de la communauté internationale présente au Tchad, octroyant de fait un permis de tuer à Idriss Deby. Comment s’étonner alors que le recours aux armes soit la seule voie pour exprimer une contestation ?


Liquider les opposants et empêcher l’émergence d’un homme susceptible de le remplacer, accaparer toutes les ressources publiques au profit du clan, mais surtout appauvrir les autres, les humilier totalement, la pratique du viol des jeunes femmes participe de cette politique de soumission des autres. Cette arme est utilisée pour dire aux autres groupes ethniques « Nous sommes là !».

Toujours dans cette obsession qui l’habite, à savoir veiller à ce qu’aucune personnalité tant militaire que civile n’émerge, on peut faire le constat que parmi ceux qui sont arrivés au pouvoir avec lui, il a fait le vide. Soubiane est enfermé dans un placard, on voit mal comment il pourra en sortir. Maldom est décédé dans des circonstances troubles, tout le monde se rappelle, avec quelle précipitation, il a été enterré. Mahamat Ali Abdallah est surveillé comme du lait sur le feu. Sa trajectoire en dents de scie le prouve amplement, il fut plusieurs fois ministre, puis ambassadeur du Tchad en France ; au moment de l’entrée des rebelles à Ndjaména en 2008, lui seul était visible. Ses relations avec les Zaghawa du Soudan lui ont assuré protection. Toujours est-il que Deby s’en méfie, il le dérange d’où son maintien à distance ; aujourd’hui, après 20 ans, il n’est que conseiller à la présidence. Autant dire qu’il est à la « fourrière ». Pour Deby, il ne peut y avoir un numéro 2 dans son régime, d’où la tournure familiale qu’a pris son régime, gage de sécurité et de pérennité, selon sa philosophie du pouvoir.


Parlant des frères Erdimi , il a déclaré au micro de RFI « ils ont essayé de m’assassiner…. » des mots forts et excessifs mais qui illustrent parfaitement ses états d’âme, à savoir que toute personne qui exprime des ambitions équivaut pour lui à une tentative d’assassinat contre sa personne. C’est aussi la preuve qu’il ne conçoit son départ du pouvoir que par sa disparition physique, telle est la conception de celui qui a, parait-il, apporté la démocratie et la liberté au peuple tchadien.


Le clan est le bras exécutant du pouvoir, tous les gros scandales ont été montés par le clan. Depuis la rébellion des Erdimi, les cercles du clan se sont restreints, désormais, il faut porter la particule « Itno » pour être dans le saint des saints. Ainsi, le régime clanique et familial tourne sur lui-même, isolé de la population, ne pouvant mobiliser les Tchadiens, et avoir des soutiens non achetés ; d’où l’élargissement des cercles du pouvoir et de la mangeoire aux membres de ses belles familles. On est bien mieux entre soi.


Son discours politique


De manière triviale, on présente souvent le soldat comme étant quelqu’un qui n’a rien dans la cervelle, se contentant d’obéir tout en étant un bon vivant. Deby n’a aucun discours politique parce qu’il n’a pas d’idées propres. Il navigue entre incohérences, mensonges et une espèce d’autosatisfaction. Impulsif, il l’est en politique ; ainsi, parfois il se lance sans avoir la moindre capacité de discernement, par exemple : il a décidé de donner le nom d’une rue à Goukouni WEDDEYE, pourtant celui-ci est encore vivant, du jamais vu ! Il déclare souvent que si les gens ne l’aiment pas, c’est parce qu’il est intransigeant avec la souveraineté du Tchad ! Parfois, on se demande, s’il comprend le sens de certains mots. La plupart des gens qui travaillent avec lui sont parfaitement au courant de ses lacunes ; ils en tirent profit en s’organisant malicieusement pour développer un discours de griot et détourner massivement les deniers publics. Listez le nombre de proches de Deby qui sont devenus milliardaires en quelques années. Faites la liste de ceux qui ont des biens immobiliers à l’Etranger, vous en serez édifiés.

Pourquoi le pays va mal et est dernier en tout ? Parce que les Tchadiens ont compris qu’un clan a mis le pays en coupe réglée et pompe injustement, au vu et au su de tous, toutes les ressources du pays. Beaucoup de responsables disent « on s’en fout de ce type, on essaye d’en profiter au maximum, c’est tout ! ». Il a dernièrement déclaré dans une espèce de show médiatique à la télé, ne pas être au courant de l’existence de barrières douanières, de multiples taxes prélevées sur les marchandises entre les villes, exemple : du poste de douane de Ndjamena à Massaguet , il y a 13 barrières douanières ; ainsi, pour un sac de riz importé du Cameroun et convoyé à Massaguet, le commerçant paie donc 13 fois la douane sur une distance de 80 km ! Pour comprendre jusqu’où va l’indécence, le cynisme d’Idriss Deby, il faut savoir que ses propres sœurs et leurs enfants contrôlent la douane, que les barrières sont le fait des membres du clan, ce que tous les Tchadiens connaissent et vivent au quotidien. Des membres de la famille et du clan qu’il a lui-même nommés à ces postes.


Il a osé dire « les gens ont abusé de ma patience pendant 20 ans » au sujet des barrières et du prélèvement de multiples taxes. Cela veut dire qu’il était parfaitement conscient de tous les abus, qu’il a patienté et fermé les yeux parce que cela l’arrangeait et ce pendant 20 longues années. Il faut le faire et surtout oser le dire. A l’approche des élections, un discours purement électoraliste et démagogique à souhait sur la cherté de la vie a lieu en ce moment. Il retombera de lui-même, une fois les résultats, connus d’avance, proclamés. Il affiche une grande satisfaction quand il convoque au palais l’ensemble de la classe politique comme récemment, pour changer les dates des élections, et décide sans débat d’adopter par acclamations sa proposition, et le plus incroyable, c’est qu’il se lève, applaudit, félicite tout le monde, pleinement satisfait.


Il ose dire que tout le monde doit cultiver, que lui-même et ses proches ont des champs, qu’ils n’achètent plus le mil au marché et qu’il a même réussi à avoir un surplus par rapport à ses besoins. Lui et ses proches s’emparent de terres gratuitement, avec les milliards détournés achètent des tracteurs, importent le reste sans payer la douane. L’eau leur est donnée gratuitement, la main d’œuvre bon marché, et pour couronner le tout pas d’impôts à payer. Ce sont les gentlemen farmer dont la télétchad vante tant les exploits, ils s’appellent Saleh Deby, Issakha HAGGAR, Brahim Mahamat TOLLI et autres, sans oublier bien sûr Idriss Deby himself. Comment manquer à ce point de respect aux pauvres paysans !


Il a une imagination fertile et diabolique, quand il s’agit de trouver les moyens pour se débarrasser de personnes qui se sont opposées à lui, ou de gens susceptibles d’être des concurrents. Passons en revue ses sinistres méthodes : on a eu le commando à domicile, puis l’attaque dans la rue, l’achat d’opposants au Nigeria, le troc d’opposants au Niger, l’assassinat sur la table de négociations, le saut sur des mines télécommandées à distance, l’empoisonnement et l’accident d’avion provoqué par un tir . Au micro du journaliste ELKABBACH, il déclara au sujet de la retraite des rebelles de Ndjaména « nos forces sont en train de les poursuivre et j’espère qu’on pourra mettre la main sur lui (Timane ERDIMI)  ». Comment peut-on faire confiance à un type qui s’exprime ainsi en laissant éclater au grand jour ses méthodes assassines ?


Avoir à la tête de notre pays un homme qui n’a aucune vision propre aucun nationalisme, peut constituer un danger car le devenir du pays et de ses populations ne peut en aucun cas être une préoccupation pour lui, seul son maintien au pouvoir le préoccupe. Se sachant détesté - puisqu’il l’a reconnu lui-même « je sais que vous ne m’aimez pas » a-t-il laissé échapper à la télévision quand la population avait accueilli les rebelles avec des cris de joie et pillé toutes les résidences des membres de sa famille - il est plus que jamais insensible, sourd et aveugle à la détresse des populations. Interdiction d’utiliser du charbon, de couper du bois, d’utiliser les sachets en plastique. Du jour au lendemain, ces mesures ont été imposées à la population. On a vu les familles, acheter massivement de la bouse de vache séchée, ou mélanger du sable et du gravier et le surchauffer. Des choses absolument invraisemblables qui ne pouvaient se produire dans un pays normal. Sa cruauté est légendaire, il l’a largement démontré quand il a fait bombarder le marché central par ses hélicoptères, arrêter et torturer les opposants, donnant carte blanche à ses hommes pour exécuter et violer à souhait.


Tous les travailleurs qui ont fait des grèves ont fait les frais de sa folie. Par exemple, une grève avait paralysé le service des urgences des hôpitaux, il a donné des ordres pour que personne ne discute avec les grévistes, et ce des mois durant, la capitale tchadienne peuplée d’environ 2 millions de personnes a vécu plusieurs mois sans aucun service d’urgence ! Totalement désemparées, les populations traversaient le fleuve Chari pour se rendre au Cameroun voisin et faisaient des queues interminables pour se soigner. Cette situation de folie totale a suscité un reportage des medias camerounais. Dans son entourage, on se félicite de son attitude. Deby pouvait bomber le torse car il a maté et pour longtemps les syndicalistes.

 


Idriss DEBY et le piège ethnique


Il est profondément ethniciste, pour lui, sa survie au pouvoir, entendez celle de son clan, passe par la division et la zizanie qui doivent exister ou être créées au sein des autres groupes.  Il a ainsi crée de multiples chefferies dans chaque groupe ethnique important, engendrant de facto de grandes divisions ; à contrario, l’homogénéité règne au sein de son clan rassemblé autour d’une chefferie usurpée par son frère. Lors des réunions du clan, il se signale par la tenue d’un discours sectaire et haineux envers les autres groupes ethniques. Voilà un homme qui est à la tête de ce pays depuis 20 ans, qui a eu les milliards du Pétrole et comment a-t-il raisonné ? Comment a-t-il travaillé ?


Un exemple.

Ati n’est-elle pas autrement plus importante qu’Amdjaress, (hameau de moins de 50 personnes considéré comme le village natal de Deby et doté d’ infrastructures de rêve, lieu de villégiature et de bombance pour le roi fainéant), en terme de population, de richesses, de contribution au PIB, ATI est 100 fois plus importante qu’Amdjaress, et bien, qu’est-ce qu’il y a à ATI ?, il n’y a rien du tout, la télévision tchadienne embarrassée, n’a pas pu promener sa caméra pour nous montrer ce que le régime MPS a réalisé. C’est aujourd’hui, 20 ans après que Deby a promis écoles, hôpitaux, université, etc… C’est cela son côté ethniciste.


Un autre exemple, il a clairement refusé de faire réparer l’unique château d’eau de la ville de Faya Largeau en panne depuis 17 ans !


A l’heure où les populations du Kanem sont décimées par le choléra puisqu’on a compté officiellement plus de 1240 cas dont plus d’une centaine de morts. Sans perdre son temps avec ces histoires ,Deby et sa cour se sont déplacés à Amdjaress pour s’amuser et offrir des cadeaux de plus de 80 millions à de jeunes chameliers ayant gagné une course de chameaux .Comme on dit au Tchad « ce qui ne te touche pas personnellement ou ne touche tes proches, touche du bois » .


Sur l’ensemble des forces de la rébellion qui ont rallié, une sélection ethnique est faite minutieusement pour enrôler et positionner certains, et larguer d’autres, jugés indignes de confiance.


Le groupe consultatif de la Banque Mondiale sur le projet pétrolier a bien relevé le choix ethnique opéré par l’équipe de Deby dans les réalisations des infrastructures, « contribuant ainsi à entretenir et à créer des divisions inter-communautaires et d’importantes frustrations dans un pays qui demeure encore fragile ».


4EME ET DERNIÈRE PARTIE


IDRISS DEBY ET SES PARRAINS LIBYENS ET FRANÇAIS


Conserver le pouvoir pendant 20 ans a un secret. Il le dit souvent à ses proches parents : « On peut faire ce qu’on veut, l’essentiel est d’obéir aux ordres de la Libye et de la France. » Soumission et obéissance aux parrains, hier, aujourd’hui et demain. L’arabisation au forceps est financée par la Libye. La cession des milliers d’hectares de terres arables au franc symbolique à la même Libye prouve que le schéma de transformation avant fusion est bien en marche. Quant à la France, il suffit de relire le dossier sur les intérêts français au Tchad (rubrique zoom sur) pour savoir que ses intérêts sont énormes. Idriss Deby en bon soldat rend de multiples services, par exemple, récemment encore le bombardement des rebelles centrafricains, à Birao ,défendant ainsi les intérêts français dans ce pays, etc…


L’argent du pays est à lui, il en dispose comme il veut, l’arme de la corruption est largement utilisée, tous ses conseillers sont effarés de voir les mallettes distribuées à des officiels français, hommes politiques et militaires, histoire de consolider les liens et de motiver encore plus ses défenseurs. Constatons qu’il fait tellement bon vivre aux côtés de Deby que l’Ambassadeur de France part et revient, sans compter celui de l’Union Européenne qui sans cesse demande à rester (7ième année, record absolu !). Après les présidents à vie, voici venue l’ère des ambassadeurs à vie. C’est cela aussi la françafrique.


La corruption donne des résultats tangibles, les officiels français et européens se sont mobilisés dans la gestion de l’affaire IBNI pour d’une part, limiter l’indignation internationale et sauver l’image de leur protégé et d’autre part , confier le dossier à la francophonie, un des bras exécutants des magouilles françaises dans le pré carré français, en vue de préparer un classement sans suite du dossier.

 

Dépenser sans compter pour sauver son pouvoir. Obéir et être docile et prêt à rendre toutes sortes de services, et surtout, surtout, ne jamais parler d’intérêt du Tchad, de développement du pays. Idriss Deby connait la leçon par cœur, il la récite tous les matins en prenant sa bouillie préférée. C’est son coté Bongo.

On lui demande d’être franc-maçon pour intégrer un monde de réseaux, gage de maintien au pouvoir. Il le fera sans états d’âme, et d’ailleurs, relevons que selon la presse française, Tom et Timane Erdimi étaient devenus eux-mêmes franc maçons au cours de la même cérémonie. A notre sens, c’était déjà là, le premier jalon qu’ils ont posé vers la conquête du pouvoir, Deby ne l’avait certainement pas compris à l’époque.

 

IDRISS DEBY ET HISSEIN HABRE


Il est intéressant de relever certaines attitudes d’Idriss DEBY vis-à-vis de HH, un homme qu’il a trahi. On peut réécrire l’histoire dans tous les sens qu’on veut, une constante demeure, le traitre c’est lui ! Et comme on dit au Tchad, « On a peur que de ce que l’on a fait », d’où sa stratégie d’élimination de tout concurrent potentiel.  A titre de comparaison, du jour où il a pris le pouvoir, HH n’a jamais prononcé un mot sur son prédécesseur le Général Malloum ni chercher à lui créer des problèmes jusqu’à son départ.


Idriss DEBY et ses parrains libyens et français ont besoin sans cesse d’accuser HH de tous les maux de la terre pour que leur poulain puisse exister et surtout pour éternellement faire diversion et mettre un voile sur leurs ignominies, leurs nombreuses carences et sur leurs échecs cuisants dans tous les domaines : économique (le Tchad, dernier du peloton), politique (démocratie de pacotille, absence de liberté d’expression, élections frauduleuses, absence de liberté de création de vrais partis politiques d’opposition); échec de la politique de réconciliation nationale, l’existence d’une paix achetée ou échangée avec le Soudan ne signifie en aucun cas que la paix règne désormais dans le cœur des Tchadiens.


Entretenir, organiser et financer des attaques contre une personne pendant 20 ans, prouve à suffisance que la politique de l’autruche est un doux refuge pour beaucoup. Le document « Tchad, Eden des Rapaces » a été écrit par des cadres qui sont au Tchad, qui témoignent sur les réalités qu’ils vivent. Réalité crue qui normalement devrait servir de catalyseur pour les Tchadiens en vue de se dresser contre ce système Deby. Mais, les parrains sont là pour organiser la diversion, pour la financer, pour camoufler la face hideuse d’un régime impopulaire et criminel.


Quelques jours après son arrivée au pouvoir, Deby déclara sur RFI : « je suis heureux d’avoir retrouvé vivants tous nos éléments faits prisonniers. » On assistera par la suite aux délires mensongers de toutes sortes qu’il a eu à sortir comme pour combler un mal être très fréquent chez les traitres.


On peut trouver là l’explication de la mise à l’écart de nombreuses personnalités du régime de HH qui le connaissent bien. N’est-ce pas Kassiré qui disait « Idriss DEBY est le plus mauvais élève de HH ». Calomniez HH pour pouvoir exister, totalement incapable de se construire après 20 ans de pouvoir ; il nous parle de renaissance, de l’an 1 de la renaissance du Tchad !  C’est reconnaître que pendant 20 ans, Deby et sa clique ont mis en cendres le pays. Peut-on renaitre de ses cendres ? Tel le phénix, cet oiseau imaginaire.


20 ans après le départ de HH du pouvoir, ID vit toujours dans la même névrose, incapable de rassembler les Tchadiens et de développer le pays. Il a offert plusieurs centaines de milliards à Abdoulaye Wade et à son équipe, leur octroyant toutes sortes de marchés dans le cadre des infrastructures, pour que ceux-ci continuent à créer des problèmes à HH. Sacrifiant ainsi les intérêts nationaux au profit de ses propres peurs. Manifestement lui et ses parrains ont toujours peur de HH .


HH ne vivait pas dans la hantise d’éliminer tous les gens qui étaient susceptibles de le remplacer. Il avait une ambition pour son pays et essayait d’y travailler. Idriss Deby, en revanche, est une espèce de pantin mis en place par la Libye et la France pour servir leurs intérêts avant tout.

 

Par rapport à la Libye, à Kadhafi, il en a une peur bleue. Tout faire pour ne pas déplaire à Khaddafi et surtout exaucer ses souhaits. Il va sans dire qu’aujourd’hui, après avoir œuvré pendant 20 ans à le maintenir au pouvoir, en aidant, à l’élimination de toutes les rebellions soit par des ralliements achetés, soit par des négociations qui se sont révélés être des traquenards (assassinats d’Abbas Koty, de Youssouf Togoimi , fuite forcée de Mahamat Nour , ralliement de responsables en rébellion et de Goukouni Weddeye.), Idriss Deby peut-il, sans faire rire, parler de souveraineté, quand la paix intérieure de son régime est assurée par la Libye. Pendant 20 ans, Khaddafi s’est investi personnellement et financièrement pour le maintenir au pouvoir. Pourquoi ? Et quel en est le coût ? Quelle est la contrepartie attendue par Khaddafi ? Pour Khaddafi, maintenir Deby au pouvoir est important, car, il lui faut préserver coûte que coûte tous les jalons qu’il a posés dans le cadre d’une transformation radicale du Tchad. En 20 ans, Kadhafi a beaucoup progressé, islamisation et arabisation au forceps largement financées par lui. Aujourd’hui, une seconde phase est amorcée par la main mise sur les terres du Sud, sur la Cotontchad , sur certaines sociétés ; le retour de Goukouni participe aussi de ce coup d’accélérateur. Bien sûr, on pérore quotidiennement sur la laïcité du Tchad alors que beaucoup d’actes sont posés, visant clairement à limiter la liberté religieuse. Le fait qu’on éprouve le besoin de clamer sans arrêt la laïcité de l’Etat tchadien prouve à suffisance qu’il y a problème.


Aujourd’hui, les dés sont jetés avec des moyens extraordinaires, une classe politique partagée entre démission et participation active pour permettre l’aboutissement du projet libyen, car, lui assurant le pouvoir et d’énormes privilèges à moindres frais et pour longtemps. Est- ce un hasard, si aujourd’hui, tout autour de Deby à des postes sensibles, on retrouve tous les hommes liges de la Libye, ceux qui ont défendu au prix de la vie de milliers de Tchadiens l’allégeance à Khaddafi. Beaucoup de Tchadiens croient que leur salut viendra de la France, que celle-ci ne laissera pas la transformation du Tchad s’opérer sous ses yeux. C’est pourtant déjà fait, les autorités françaises d’aujourd’hui ont changé, le devenir des peuples n’est plus une préoccupation majeure, si tant est qu’il l’a jamais été ; seuls les marchés l’intéressent pour maintenir la croissance de son économie. On peut dire qu’aujourd’hui le partage du Tchad entre la Libye et la France apparait très clairement. Les entreprises françaises font main basse sur l’essentiel des ressources financières, tous les secteurs où il ne faut réaliser aucun investissement, le reste est à Khaddafi, qui peut à sa guise modeler notre pays tant sur le plan culturel, social qu’économique et la France s’en fout royalement, et c’est tellement vrai que toutes ces mutations au forceps sont habilement voilées et camouflées par la formidable diversion que constitue l’affaire HH largement financée par la Libye et la France.


20 ans après le départ de HH du pouvoir, on peut dire que OUI, le Tchad a changé, exactement comme l’ont voulu ceux qui ont organisé le départ de HH. Bien sûr, les leçons de la raclée historique reçue ont bien été retenues, et c’est pourquoi les méthodes devaient changer pour que la Libye puisse atteindre ses objectifs.


20 ans après, deux hommes Idriss DEBY et Goukouni WEDDEYE se trouvent réunis autour d’un dénominateur commun : leur allégeance à Khadhafi. Goukouni a été le cheval de Troie que Khadhafi a utilisé pour sa première offensive sur le Tchad ; fidèle allié et serviteur obéissant, il est toujours et demeure aujourd’hui encore, au service de la Libye. Son retour aux côtés de Deby a été voulu et organisé par Khadhafi. Idriss DEBY, quant à lui, a permis, par sa traitrise, à Khaddafi de renverser son plus grand ennemi sur terre. Deby, fidèle obligé de la Libye, lui doit tout et, à son tour, il a permis et contribue à la transformation du Tchad selon la vision de Khaddafi  sur tous les plans. Les 2 plus grands serviteurs de la Libye se trouvent, aujourd’hui, réunis pour accélérer le déroulement des phases à venir. Goukouni n’est guère dépaysé, il retrouve tous ses anciens potes autour de Deby, un plus pour lui. Qui sera celui qui va mettre la touche finale, dans un avenir pas très lointain, à  « l’espace vital de la Libye, ce territoire qui regorge d’eau, denrée inestimable et qui manquera très bientôt à la grande Jamahiriya  » selon le livre vert de Khaddafi ? L’adhésion très prochaine du Tchad à la Ligue Arabe confirmera ce que l’on peut appeler le virage vers un autre Tchad façonné par la Libye, la renaissance du Tchad  ? L’ambassadeur de la Libye au Tchad M GRENE Saleh Grène a récemment déclaré : « Le Tchad n’est pas un pays négro –africain. Plus de 85% de sa population est arabe et non négro africaine. » Cette affirmation fausse démontre l’assurance des autorités Libyennes quant à leurs capacités aujourd’hui à concrétiser leur domination sur le Tchad. L’Autre grand projet de Kaddafi est d’acheter la ville de Faya Largeau pour la transformer en une grande ferme agricole et orienter ses réalisations vers la satisfaction des besoins de la Libye. C’est pourquoi, les populations seront déplacées hors de l’oasis qui regorge d’eau vers le désert où une autre ville sera « construite », l’édification d’une nouvelle ville a déjà été annoncée par Deby, le projet a été présenté comme s’inscrivant dans les projets du « fou constructeur » pour s’exprimer comme Constant Némale, patron d’Africa 24 ; la face cachée de l’iceberg relève encore du secret d’état.


Les tchadiens comprendront mieux pourquoi Idriss Deby et son parrain Khaddafi s’intéressent à semer la division entre les groupes ethniques dans cette région en s’appuyant sur ceux qui travaillent dans les plantations pour en faire demain les ouvriers de la grande ferme que deviendrait la ville de Faya laquelle changera de nom à cet effet. La division des populations rendrait plus facile la vente de Faya à la Libye.


Devant la montagne de problèmes de toutes sortes qui interpellent quotidiennement les tchadiens dans leur globalité, une partie de la presse tchadienne financée et équipée par l’un des parrains de Deby, se réfugie dans l’affaire HH pour d’une part, masquer leur corruption mais aussi leur fuite en avant devant les questions brûlantes qui les interpellent. La fin de l’affaire HH, signifierait pour eux le retour sur terre ….tant redouté.


Pour terminer ce portrait par une note moins déprimante, faisons la remarque suivante : Idriss Deby a accompli le pèlerinage à la Mecque au tout début de son règne, mais par une alchimie mystérieuse et extraordinaire, personne n’a jamais entendu quelqu’un dire « El Hadj Idriss Deby ». La greffe n’a pas pris, il y a des faits qui valent mille discours, et il est vrai aussi que les voies du TOUT PUISSANT sont impénétrables.


Pour compléter ce portrait, nous avons confié à deux graphologues (un européen et un africain), une lettre écrite par Deby afin qu’il nous décrypte le personnage. Une fois, Le travail achevé, nous vous ferons connaitre leurs conclusions. La comparaison sera très intéressante.

Publié dans Objectivité

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