POURQUOI LA REVOLUTION AFRICAINE SERA-T-ELLE UN RITE INITIATIQUE ET UNE THERAPIE DE GROUPE QUI CREE UNE LEGITIMITE POLITIQUE HISTORIQUE?-par JP. KAYA

Publié le par Munsa Nzinga Kandombe

 

par JP. KAYA vendredi 28 janvier 2011, 07:27

 

POURQUOI LA REVOLUTION AFRICAINE SERA-T-ELLE UN RITE INITIATIQUE ET UNE THERAPIE DE GROUPE QUI CREE UNE LEGITIMITE POLITIQUE HISTORIQUE ?

 

 

INTRODUCTION

 

Un certain nombre de personnes me posent avec angoisse la question de savoir pourquoi les Africains ne peuvent-ils pas directement réaliser la Renaissance Africaine, sans passer par une Révolution Africaine qui inquiète certains? Les Révolutionnaires Africains se retrouvent ainsi dans la situation classique de celui qui possède la vérité et une vision du futur, et attire contre lui la lâcheté et la faiblesse morale des uns et des autres. Nous avons vite oublié que Cheick Anta DIOP lui même, grâce à qui nous avons réussi aujourd'hui a relever fièrement notre tête face au monde, s'est exactement retrouvé dans la situation que j'évoque. Lui aussi avait donné tous les arguments les plus irréfutables possibles à son époque pour défendre son point de vue, mais il avait en face de lui des personnes ayant atteint le point de non retour dans le processus d'aliénation. Je vais ici au, nom des Révolutionnaires Africains exposer les arguments qui nécessitent le passage obligatoire de la communauté africaine par la Révolution Africaine, avant que nous ne soyons capables de réaliser une Renaissance Africaine crédible.

 

I- LA PUISSANCE DU TRAUMATISME

 

Toute la communauté africaine actuelle, vit sous le signe d'un traumatisme négatif qui a provoqué le dysfonctionne

ment de la personnalité africaine. On sait qu'un tel traumatisme peut conduire à la destruction du moi. C'est ce que signifie exactement la crise de la personnalité africaine. Car nous en constatons ses effets dans l'histoire et dans notre vie quotidienne.

 

 La haine tribale par exemple, qui est à l'origine des drames en Afrique a été implantée dans l'inconscient des Africains. Car le système communautaire, bien qu'étant plural dans sa nature n'évolue pas dans une situation normale, vers une telle radicalisation des antagonismes. Nous avons prouvé au contraire, que sous l'action  de la Maât, l'idéologie Africaine, son évolution était inverse. Elle aboutit en effet au remplacement de la solidarité mécanique qui caractérise le système communautaire par des relations sociales que l'on ne peut que baptiser de fraternelles, car fondées sur l'élargissement de la conscience individuelle sous l'effet de la pratique de la Maât.

 

La crise de la personnalité se manifeste aussi par le mimétisme pathologique, qui à ce point laisse soupçonner une évasion de toute capacité d'invention et de créativité. On le constate dans le consumérisme aberrant que les Africains manifestent face à des produits manufacturés qu'ils sont incapables de produire, dilapidant des sommes astronomiques pour les acquérir.

 

 Evoquons encore la crise de la personnalité par exemple sur le plan intellectuel, phénomène qui a ému les africanistes eux-mêmes, qui ont pu mesurer sur pièce les ravages de la colonisation, même sur les Nègres les plus instruits, lorsqu'ils vont jusqu'à affirmer avec "l'école de la philosphie critique africaine"que la modernisation de la société africaine, pour être efficace, doit se faire par la destruction de la culture africaine elle même qui serait, d'après eux, devenue si archaïque et si surannée qu'il serait obligatoire de la déraciner de la conscience africaine pour la remplacer par la culture occidentale et la religion chrétienne, qui véhiculeraient parfaitement la rationnalité.

 

Nous avons là une premier élément qui justifie la stratégie révolutionnaire.

 

II- LA REACTION NORMALE D'UN GROUPE SOCIAL FACE A UNE IDEE NOUVELLE

 

L'action sociale, c'est à dire les relations sociales multiples que les hommes tissent entre eux dans tous les domaines tendent sur le plan psychologique à créer une mentalité conservatrice. C'est normal, car la structure sociale a besoin de durer dans le temps pour permettre aux hommes de réaliser leurs aspirations. Mais ce conservatisme devient nuisible à un moment donné car il agit comme un instinct de conservation du groupe cherchant à le protéger du changement. Or le changement fait partie du destin normal et ordinaire de tout groupe humain. Mais la foule ne pense pas, elle réagit de façon instinctive et émotive donc irrationnelle. C'est pourquoi elle se retrouve presque toujours dans une opposition radicale face aux idées nouvelles. Cette situation est aussi normale vue sous l'angle analytique de la psychopathologie, mais sur le plan social, elle est réactionnaire. Voilà pourquoi les idées révolutionnaires ne peuvent triompher que si elles sont défendues de façon radicale par leurs promoteurs. Lesquels, contre l'irrationalité dominante doivent convaincre l'infime portion de la population capable de comprendre les enjeux fondamentaux d'une époque du bien fondé de la démarche révolutionnaire.

 

 C'est ainsi que je vais démontrer ici aux hommes de bonne volonté , qu'en rapport avec la particularité de notre histoire, la Révolution Africaine apparait bien comme un rite initiatique qui doit permettre au milliard des membres qui composent la communauté africaine de subir un choc inverse au choc négatif qu'ils ont hérité des traumatismes engendrés par leur passé chaotique . Ce choc est le vrai détonateur de la Renaissance Africaine, comme on le verra.

 

III- L'IMPENSE DU RITE

 

Un rite est un mécanisme sociologique, qui agit sur la conscience sociale, comme un électro-choc, pour permettre à l'agent social, la prise en charge psychologique de la capacité de passer d'une classe, d'un groupe, d'une catégorie à une autre. Le choc délivré par le rite peu ainsi libérer l'énergie réfoulée dans le psychisme d'un individu, pour lui redonner une issue normale. Ainsi, le rite peut se comprendre comme une cérémonie d'ouverture de porte dans les Initiations de l'Egypte Pharaonique.

La Révolution Africaine est ainsi dans mon esprit un rite suprême d'ouverture d'une prorte colossale qui avait été fermée par toutes agressions dont la communauté africaine fut victime.

 

La psychopathologie confirme le fait que, tous les traumatismes ne produisent pas le même effet. Certains engendrent des effets négatifs et d'autres des effets positifs. Par son gigantisme, par son enjeu qui est de détruire la société post-coloniale, par son ojectif qui est de redonner aux Africains la liberté de disposer d'eux mêmes et de leurs ressources, par son idéal qui est de transformer radicalement les relations individuelles des Africains et collectives de la communauté africaine avec les autres peuples et le reste du monde, la Révolution Africaine produira un véritable choc cosmique d'une valeur équivalente à plusieurs milliards de bombes atomiques, et qui produira sur la personnalité sociale africaine un choc positif et salutaire qui va libérer toute l'energie refoulée dans l'Homme Noir, tout en le libérant de toutes ses frustrations, de ses complexes recoltés au cours d'une histoire où il avait un rôle inexistant.

 

La Révolution Africaine s'impose ainsi comme un choc et un traumatisme qui aura des conséquences positives et par lequel la communauté africaine doit passer obligatoirement, pour se recontruire mentalement. C'est en cela qu'elle est un  rite initiatique. C'est un évènement unique, que personne ne doit rater.

 

IV- LA RELATION DE PROPORTIONS INVERSES ENTRE CE QUI EST ACQUIT ET CE QUI EST DESIRABLE

 

Il y'a une dimension morale essentielle dans la nature du choc que je viens de décrire ci-dessus. En effet, pour oser parler de Révolution, pour décider en suite de passer à l'action, dans un environnement socio-politique dominé par un régime politique autoritariste, voir dictatorial, et même totalitaire, qui pour durer dans son action utilise deux armes préférentielles: la corruption et la violence, il faut donc non seulement de l'audace, mais des convictions profondément enracinées dans l'âme. 

 

Il y'a donc une psychologie de la Révolution et du Révolutionnaire, qui implique le don de soi, et le sens du sacrifice.

 

Or si la Révolution telle que je viens de le rappeler ci-dessus, dans notre cas particulier, celui de communauté africaine, est un vrai rite cosmique d'ouverture de porte, mais aussi un choc qui aura des effets positifs incalculables, alors, elle devient une norme sociale pour la génértaion actuelle des Africains.

A l'époque actuelle, un Nègre qui veut oeuvrer pour la Renaissance Africaine, doit d'abord être révolutionnaire. Car ainsi, il exprime, les qualités morales qui lui permettront d'être un veritable artisan de la Renaissance Africaine. Mais que peut-on attendre et espérer d'un trouillard, qui est incapable de prendre la parole sur la place publique, et exiger la liquidation de la société postcoloniale, qui est la synthèse et la projection de la médiocritisation de la communauté africaine? La réponse est évidente: Rien.

 

 La situation actuelle impose donc comme une règle, mieux encore comme une norme pour chaque Kamite, de devenir Révolutionnaire, avant de prétendre être artisan de la Renaissance Africaine.

 

 

V- RAPPORT ENTRE REVOLUTION ET LEGITIMITE POLITIQUE HISTORIQUE

 

 

 C'est par ailleurs le fait d'avoir été révolutionnaire aujourd'hui, qui donnera le droit, et la légitimité politique de mettre en oeuvre la Renaissance Africaine. 

 

Qu'est-ce à dire? Il n'est pas mauvais de penser à la Renaissance Africaine, de vouloir la Renaissance, de la reclamer, mais il est mieux de créer les conditions de sa réalisation, par la Révolution Africaine. Ceux qui veulent comme dans la fable courir comme le lapin ou le lièvre: "en criant partout la Reanaissance,

la Renaissance, la Renaissance", sans avoir rien fait, sans avoir fait la moindre chose pour préparer le chemin par lequel celle-ci pourra en toute sécurité marcher progresser et s'épanouir, vont se retrouver une fois la Révolution Africaine accomplie, face à un problème de légitimité morale et puis politique. En effet, qui aura le droit et le pouvoir de mettre en oeuvre la Renaissance Africaine, une fois la société post-coloniale liquidée? Quelque chose me dit que se seront les Révolutionnaires eux-mêmes. Qui ayant accumulé la confiance nécessaire au cours du processus révolutionnaire, ayant usé leur neurones à concevoir l'architecture de la nouvelle société, se retrouveraient naturellement en position de force pour imposer leur vision de la nouvelle société africaine.

 

Ici s'exprime en majesté la loi fondamentale de la MAAT elle même: la loi des causes et des conséquences qui veille à la justice immanente du Cosmos.

 

VI- POURQUOI NE DOIT-IL PAS Y AVOIR RENAISSANCE AFRICAINE AVANT UNE REVOLUTION AFRICAINE PREALABLE ?

 

D'où cette formule qui parcourt ma théorie de la Révolution Africaine: le KARISME: Il n'y a pas de Renaissance Africaine, sans Révolution Africaine préalable. C'est une formule qui tire sa légitimité de la signification symbolique profonde de la Révolution Africaine comme on l'a vu plus haut. Ce qui implique que:

 

Nous devons nous méfier de tout individu qui réclame la Renaissance Africaine, sans expliquer que la communauté africaine a besoin avant d'y arriver d'un choc thérapeutique. L'attitude de celui qui veut la Renaissance tout de suite sans se donner les moyens de la préparer peut s'expliquer soit par l'ignorance. Il n'aurait pas consacré assez de temps à réflechir et à méditer sur la situation de la communauté africaine. Mais il peut se rattrapper. Car l'erreur est humaine. Mais cette attitude peut aussi cacher une absence de qualités morales.

Notre Nègre-Robot, est un couard, un peureux, un trouillard, et bien d'autres choses encore. Dans ce cas il a besoin de cours intensif dans une ECOLE DE LA MAAT. Mais bien pire notre Nègre-Robot, peut tout simplement cacher de mauvaises intentions anti-kamites, pour satifaire ses appétits immédiats. C'est grave, c'est un ennemi de notre Peuple. Il ne peut et ne doit pas dans ce cas nous servir de modèle. 

 

 Dans tous les cas celui qui veut réaliser la Renaissance Africaine tout de suite, va entraîner toute la communauté africaine dans une erreur irréparable. Car, tout laisse à penser que pour lui la Renaissance Africaine se ramène à réaliser quelques actions matérielles d'éclat. Ce que l'économie du développement appelait autrefois l'apparence du développement. Mais toutes ces actions aussi remarquables soient-elles, ne modifient pas la logique sociale de la postcolonie. Ces actions ne détruisent pas l'univers mental de la société post-coloniale, et moins encore l'idéologie de la société postcoloniale: la politique du ventre. Cette "modernisation" ne résoudra pas la question des antagonismes ethniques. Tant que la logique sociale de la société post-coloniale reste en place, vouloir réaliser la Renaissance Africaine dans ces conditions est non seulement impossible, mais c'est se rendre coupable de trahison majeure envers la commumauté africaine qui a besoin de se tirer d'affaire de façon claire et définitive. Car une société se construit d'abord sur la base de principes, de croyances, de valeurs, de normes, de rôles, puis de nouvelles institutions.

 

C'est pour cette raison que l'Histoire a prévu la manifestation d'un mécanisme particulier de changement social qu'on appelle REVOLUTION. Toute société évolue et doit changer, et le mécanisme ultime de ce changement est la Révolution. Celle-ci est donc un fait social qui a sa raison d'être et sa légitimité.

 

 Nous avons besoin pour la période qui s'ouvre devant nous: des élites, des savants, des militants incarnant parfaitement la mentalité pharaonique, par leurs qualités morales supérieures, par leur esprit d'entreprise, par leurs connaissances scientifiques mises au service de la Revolution et de la Renaissance Africaine, par leur esprit de conquérant, qui est l'esprit de prise de risque maximun pour réaliser un idéal suprême. La Révolution Africaine.

 

 

VIE, FORCE, SANTE.

 

 

JP. KAYA

 

 

 

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