Succession politique au Gabon

Publié le par Munsa Mâga


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Installé par Jacques Foccart, secrétaire général de l'Élysée aux affaires africaines et malgaches de 1960 à 1974, il s'est lié d'amitié avec de nombreux dirigeants français de tous bords, et a été reçu à l'Élysée par le général de Gaulle, Georges Pompidou, Valéry Giscard d'Estaing, François Mitterrand, Jacques Chirac, et Nicolas Sarkozy. Il avait pour habitude de recevoir dans son bureau les principaux responsables politiques français et avait la réputation de faire preuve de largesses sans souci de couleur politique. C'était, estimait-il, une façon de préserver l'avenir.

Les relations d'Omar Bongo n'étaient pas très bonnes avec Giscard d'Estaing. Lors de sa présidence, il s'est ainsi offusqué auprès d'Omar Bongo du soutien financier occulte apporté à Jacques Chirac, son concurrent de l'époque à l'élection présidentielle française de 1981, par le président gabonais. Dans un document confidentiel des services secret d'Elf daté de 1977, Omar Bongo « met tous ses espoirs en Jacques Chirac et pense qu'il faut continuer à l'aider ». Toutefois, Bongo avait auparavant apporté son soutien à Giscard en couvrant, en 1977, la tentative française avortée de renverser le dirigeant béninois Mathieu Kérékou.

François Mitterrand donne, lui aussi, de sérieux gages à son homologue gabonais en renvoyant, à la demande de Bongo, son ministre de la Coopération, Jean-Pierre Cot, coupable d'oeuvrer à la fin de la « Françafrique » en tentant de déstabiliser les réseaux de Foccart. Surtout, Mitterrand sauvegardera le pouvoir d'Omar Bongo en parachutant les paras français sur Libreville lors de la révolte de 1990.

Par la suite, l'amitié de Bongo avec Jacques Chirac, palpable dès les années 1970, ne s'est pas démentie de 1995 à 2007.

Nicolas Sarkozy, quant à lui, a rencontré Bongo à l'occasion de la campagne présidentielle de 2007 afin de recueillir les bons conseils d'un homme d'expérience, à en croire le maître du Gabon. Au cours de cette campagne, Omar Bongo s'est aussi entretenu avec François Bayrou, ainsi qu'avec Jean-Marie Le Pen.

À peine élu, le 7 mai 2007, Nicolas Sarkozy l'a appelé pour le remercier de « ses bons conseils », puis l'a recu à l'Elysée, et a ordonné à tout son gouvernement de passer saluer le doyen des « amis de la France ». Deux mois plus tard, l'amitié entre Nicolas Sarkozy et Omar Bongo  se confirme, puisque c'est Libreville que le président français choisit pour clore sa première tournée africaine, le 27 juillet 2007. Il n'arrive pas les mains vides puisqu'il a obtenu, la semaine précédente, un accord sans précédent du Club de Paris qui allège d'au moins 15% la dette gabonaise. Cependant, à partir de 2008, ses relations avec l'Élysée se détériorent suite à plusieurs plaintes déposées contre lui en France et il ne cache pas sa déception vis à vis de Nicolas Sarkozy, qu'il soupçonne de vouloir le déstabiliser.

Le Gabon est militairement lié à la France par des accords de défense aux clauses secrètes ; cette dernière y stationne par ailleurs en permanence plusieurs centaines de soldats d'élite[réf. nécessaire].

Pour Omar Bongo « L'Afrique sans la France, c'est la voiture sans le chauffeur. La France sans l'Afrique, c'est une voiture sans carburant »

Il est aussi considéré comme le responsable du déplacement de Jean-Marie Bockel (secrétaire d'État à la Coopération et à la Francophonie) au poste de secrétaire d'État aux Anciens Combattants, suite aux propos de celui-ci souhaitant « signer l'acte de décès de la Françafrique » « despotique et corrompue »[15],[22],[23],[24].

Omar Bongo a été durant ses plus de quarante ans de pouvoir un des principaux relais de la politique dite de la « Françafrique », définie par François-Xavier Verschave, où s'entremêlaient raison d'État, lobbies et réseaux politico-affairistes[25],[15]. Sur ses relations avec la France, Omar Bongo répondant à une question d'un journaliste qui disait : « Monsieur le Président, il parraît que la France veut vous lâcher! », répondit : « Si la France me lâche, je lâche la France ». Comme pour dire que la relation entre le « riche » Gabon et le « colon » France était une relation d'égal à égal[26].

D'après l'ancienne juge française anti-corruption Eva Joly, Omar Bongo a bien servi les intérêts de la France et des hommes politiques français, mais pas les gabonnais, soulignant que malgré un PIB équivalent à celui du Portugal, le Gabon ne construit que 5 km de routes par an et possède un des taux de mortalité infantile parmi les plus élevés au monde[27].

Relations diplomatiques

En 1973, Omar Bongo arrime le Gabon à l'organisation pétrolière OPEP afin de maximiser les rendements produits par l'industrie pétrolifère gabonaise.

À partir des années 1980, Omar Bongo, désormais considéré comme un « sage » du continent africain, met à profit son expérience politique en se proposant comme médiateur dans divers conflits, aussi bien entre États africains, qu'internes à un État particulier. Ainsi, en 1988, il organise à Libreville une rencontre entre le président angolais José Eduardo Dos Santos et le dirigeant congolais Denis Sassou Nguesso, dont les pays respectifs sont en guerre depuis treize ans, rencontre qui aboutit à un traité de paix historique. En Afrique du Sud, Bongo ne ménage pas son soutien à Nelson Mandela, alors en lutte contre le régime de l'apartheid. En 1997, il tente en vain, au Zaire, de réconcilier Mobutu et Kabila. Depuis la fin des années 1990, il oeuvre à une réconciliation entre le Tchad et le Soudan. En 2008, il parvient à mettre un terme à une guerre civile qui durait depuis plusieurs années en Centrafrique en arrachant aux belligérants un « Pacte de réconciliation nationale ». Il échoue en revanche au Congo où se déroulait une terrible guerre civile entre son ami Sassou Nguesso et son autre ami Pascal Lissouba ; sommé de choisir son camp au nom de l'amitié, il s'en sort en aidant les deux combattants, ce qui n'a pas été bénéfique à la paix.

Outre la France, Omar Bongo a également tissé des relations politiques et économiques étroites avec le Maroc (il a été très ami avec le roi Hassan II), le Congo et la Chine, et s'est lié d'amitié avec les présidents sénégalais Abdou Diouf et Abdoulaye Wade, le président éthiopien Meles Zenawi, l'ancien président malien Alpha Oumar Konaré, l'ancien président ghanéen John Kufuor, l'ex-président mozambicain Joaquim Chissano, le médiateur burkinais des Nations Unies au Darfour, Djibril Bassolé, le président burkinabè Blaise Compaoré, le Guide lybien Mouammar Kadhafi, le président tchadien Idriss Déby Itno, le président centrafricain François Bozizé, le président zimbabwéen Robert Mugabe, le président gambien Yahya Jammeh, le président togolais Faure Gnassingbé, ou encore le roi d'Espagne Juan Carlos...

En 2008, il parvient à faire élire son ami et compatriote Jean Ping à la tête de la Commission de l'Union Africaine.

Allégations de corruption

En 1997, le nom d'Omar Bongo apparaît dans l'affaire Elf, il est soupçonné d'avoir aidé le PDG d'Elf, Loïk Le Floch-Prigent, à renflouer la société Bidermann. La juge Eva Joly place sous séquestre un de ses comptes en Suisse[15].

Au cours des années 1998-1999, le Sénat américain a enquêté sur les avoirs placés aux États-Unis par le président gabonais. Son rapport révèle que le montant des avoirs d'Omar Bongo, placés sur ses différents comptes bancaires à la Citibank, à New York, de 1985 à 1997, serait d'environ 130 millions de dollars. L'argent de ces comptes qui provenaient de revenus pétroliers aurait permis de financer la campagne électorale de 1993 du président Bongo, alors candidat à sa propre succession à la tête de l'État gabonais[28].

Selon un article du New York Times du 9 novembre 2005, il aurait versé 9 millions de dollars US en 2003 sur le compte d'une compagnie de Jack Abramoff, un lobbyiste américain, afin que celui-ci lui arrange un entretien avec le président des États-Unis George W. Bush. Il déclara quelques jours plus tard que cela était un « mensonge grossier » et qu'il allait porter plainte. Cette déclaration n'a eu aucune suite[29].

En janvier 2008, le journal Le Monde révèle la liste des biens mal acquis supposés en France du président gabonais et de sa famille ... plus de 33 appartements et hôtels particuliers équivalent à plus de 150 millions d'euros. Ces informations sont issues de l'enquête de la police française qui faisait suite à la plainte déposée en mars 2007 à Paris par trois associations françaises (Survie, Sherpa et la Fédération des Congolais de la Diaspora) pour recel de détournements de fonds publics


 


 







 












Omar Bongo avec George W. Bush


Cette plainte est d'abord classée sans suite, puis rebondit sous une nouvelle forme en décembre 2008. Le 5 mai 2009, la doyenne des juges du pôle financier de Paris, Françoise Desset, juge recevable cette plainte déposée en mars 2007 par Transparency International France et l'Association SherpaDenis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville) et Teodoro Obiang (Guinée équatoriale) soupçonnés de posséder en France des biens immobiliers financés par de l'argent public détourné. Cette décision est prise contre l'avis du parquet qui disposait de cinq jours pour faire appel, ce qu'il a effectivement fait visant Omar Bongo et deux autres chefs d'États africains

Le 13 février 2009, Omar Bongo Ondimba voit certains des comptes bancaires qu'il détient en France saisis par la justice française, conformément à une décision de la cour d'appel de Bordeaux. Cette décision intervient suite à une affaire d'escroquerie aux dépens d'un chef d'entreprise français. Ce dernier, en différent commercial avec le président gabonais, a été emprisonné au Gabon en 1996, et sa famille a dû verser une somme de plus de 450 000 euros à M. Bongo pour le faire libérer, versement « indu et soumis à restitution » selon la justice française. Suite à ces deux précédentes affaires le gouvernement gabonais a accusé la France de mener une « campagne pour déstabiliser » le pays[36],[15]. Bongo s'est en effet senti trahi car il a bénéficié en France, durant des décennies, d'une forme d'immunité.

Le 30 mars 2009, ouverture d'une enquête sur des comptes qui appartiendraient à Édith Bongo, épouse d'Omar Bongo et fille de Denis Sassou Nguesso, décédée le 14 mars 2009, soupçonnée d'avoir servi de prête-nom à Omar Bongo et Denis Sassou Nguesso auprès de plusieurs établissements bancaires, afin de dissimuler des capitaux provenant de détournements de fonds publics à Monaco, enquête qui fait suite au courrier de l'association Sherpa au prince Albert II et au procureur de Monaco demandant l'ouverture d'une information judiciaire et le gel des avoirs financiers à Monaco d'Édith Bongo.

Famille 

En octobre 1959, il épouse Patience Dabany, une jeune chanteuse de quinze ans qui lui donnera deux enfants : Ali Bongo et Albertine Amissa Bongo (1964–1993). L'aînée, Pascaline Bongo Ondimba, est le fruit d'une idylle avec Louise Mouyabi Moukala, fille d'un ancien chauffeur du général de Gaulle, Mouyabi Moukala. Diplômée de l'École nationale d'administration française, Pascaline Bongo Ondimba est sa directrice de cabinet et épouse de Paul Toungui, ministre d’État chargé des Affaires étrangères. Ses fréquents déplacements à Paris et à New York lui valent d'être cataloguée, à tort ou à raison, « gestionnaire de la fortune paternelle ». Son fils aîné, Ali Bongo, est ministre de la Défense du Gabon depuis 1999. Il est pressenti comme étant le successeur naturel de son père, bien qu'il soit réputé impopulaire auprès de son peuple.

Le 4 août 1990, Omar Bongo a épousé Édith Sassou Nguesso, la fille aînée du président congolais Denis Sassou Nguesso. De cette union naquirent deux enfants : Omar Denis Junior Bongo Ondimba et Yacine Queenie Bongo Ondimba.

Au fil de près de quarante années de pouvoir ininterrompu, Omar Bongo a placé sa famille au cœur de l'État, elle est de fait omniprésente dans le gouvernement gabonais comme dans l'administration, l'économie ou les médias.



LA SUITE NOUS LA CONNAISSONS TOUS!!!

Cellule Françafrique : Omar Bongo « ami » de la France





Au pouvoir depuis 40 ans...

A été réélu le 27 novembre 2005 avec 79,18 % des suffrages selon les résultats officiels. L’opposition a dénoncé des fraudes massives, constatées lors du scrutin. Le Gabon est militairement lié à la France par des accords de défense aux clauses secrètes. Plusieurs centaines de soldats d’élite français y stationnent en permanence. Le Gabon est un petit pays qui a du pétrole. Résultat : le PIB / habitant est élevé pour l’Afrique (5 500 $ par an). Mais le pays suscite les convoitises. De l’aveu de l’ex-président d’Elf, le gouvernement du Gabon se confond pratiquement avec Elf. Pour le plus grand profit d’une minorité (clan au pouvoir, actionnaires d’Elf, partis politiques français…). Et le malheur d’une majorité de la population gabonaise, qui n’a même pas de quoi se soigner.



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