Esclavages et abolitions en terres d'islam, de Roger Botte

Publié le par Munsa Nzinga Kandombe

 

Esclavages et abolitions en terres d'islam.

* Auteur : Roger Botte
* Editeur : André Versaille Éditeur
* Collection : L'autre Et L'ailleurs
* Parution : 25/08/2010
* Nombre de pages : 388

Résumé :

Comment la malédiction biblique de Cham (condamnation à l'esclavage et châtiment par la noirceur de l'épiderme de sa descendance) fut-elle détournée en terre d'islam afin de justifier l'esclavage des Noirs ? Le Coran a-t-il vraiment programmé la fin de l'esclavage ? Pourquoi Muhammad qui aurait pu l'interdire, comme il a prohibé l'alcool, les jeux de hasard et l'usure, ne l'a-t-il pas fait ? La suppression de l'esclavage en islam ne se serait-elle accomplie que contrainte par de fermes pressions extérieures ? Voici quelques-unes des nombreuses questions soulevées par cet ouvrage. L'auteur analyse et compare les situations en Tunisie (où le décret d'affranchissement, en 1846, précède de deux ans l'abolition en France) ; en Arabie Saoudite (où La Mecque, territoire sacré, fut longtemps un marché d'esclaves) ; au Maroc (où l'esclavage ne fut jamais formellement aboli) ; en Mauritanie (où d'anciens esclaves doutent encore de l'efficacité de l'abolition étatique et ne jugent valide que la formule religieuse d'affranchissement prononcée par le maître) et au Soudan (où l'esclavage a connu une résurgence dans le cadre de la guerre civile de 1983 à 2005). II montre encore comment, au moment des abolitions, les jurisconsultes musulmans ont déployé subterfuges, fictions légales ou ruses jurisprudentielles pour faire concorder réalité sociale et légalité divine, et comment, partout, les maîtres d'esclaves résistèrent opiniâtrement à la disparition de ce " droit de Dieu ", jusqu'à appeler au jihad. Si l'on estime qu'aucune institution du droit musulman ne peut être considérée comme abrogée, quand bien même elle serait tombée en désuétude, on comprend qu'un peu partout dans le monde musulman, des juristes ou des islamistes continuent de soutenir que l'esclavage, sous certaines conditions, est toujours permis. Loin des polémiques partisanes, Roger Botte nous donne un livre indispensable pour saisir une question qui fait largement débat aujourd'hui.


A propos de l'auteur :

Roger Botte est anthropologue et historien. Ses principaux travaux concernent l'esclavage en Afrique subsaharienne.

Sommaire :

L'ABOLITION DE L'ESCLAVAGE AU REGARD DE LA SHARI'A - TUNISIE : PREMIERE ABOLITION EN TERRE D'ISLAM - ARABIE SAOUDITE : UNE DES ABOLITIONS LES PLUS TARDIVES DU XXE SIECLE - LE MAROC : UNE ABOLITION DE FACTO TARDIVE - MAURITANIE : L'ESCLAVAGE ET L'INSURMONTABLE CONTRADICTION ENTRE LES TERMES "REPUBLIQUE" ET "ISLAMIQUE" - SOUDAN : ESCLAVAGE ET IMPOSTURE HUMANITAIRE
# LEXIQUE DE L'ESCLAVAGE DANS LE MONDE MUSULMAN DE LANGUE ARABE

Quel paradoxe que l’abolition de l’esclavage dans les pays musulmans ! La Tunisie l’a fait dès 1846, soit 42 ans avant le Brésil. Mais, en Mauritanie, il n’y a pas eu moins de quatre abolitions depuis le début du XXème siècle (1905, 1961, 1980 et 2007) ! Contrairement aux territoires esclavagistes du Nouveau Monde, l’émancipation des esclaves ne procède pas d’une décision collective : c’est dans les relations personnelles entre le maître et l’esclave qu’elle se négocie et se décide en terres d’islam. D’où les impostures des sectes évangélistes américaines, viscéralement anti-islamiques, incapables de comprendre cet impératif théologique et juridique.
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Publié dans À lire

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