Indépendance du Sud-Soudan: un cadeau empoisonné ?-par Kwanzaa Millenium

Publié le par Munsa Nzinga Kandombe

| janvier 10, 2011 at 2:57 | 

 

Alors que le référendum sur l'indépendance du Sud-Soudan se déroule dans un cadre relativement régulier avec des violences bien moindres qu'attendues et que les résultats devraient être sans surprises avec une large victoire de l'option séparatiste, chacun reste en droit de se demander si il s'agit là d'une bonne ou d'une mauvaise nouvelle, ce qui se cache derrière cette indépendance si attendue depuis  1956, date d'indépendance de la colonie Anglo-Egyptienne du Soudan.

Déjà on ne peut-être qu'attristé par la conservation dans les mains du pouvoir islamiste de Khartoum des vestiges de la civilisation Egypto-Nubienne, la perte pour le peuple noir d'un riche patrimoine archéologique maintenant à la merci de la folie arabo-musulmane. Pourtant, l'indépendance du Sud-Soudan n'est pas synonyme d'indépendance de la totalité des noirs non-arabisés du Soudan puisque la Nubie, le Darfour, le Sennar et le Kordofan resteront encore sous occupation Arabe et la politique génocidaire de Khartoum ne devrait pas prendre fin. Alors pourquoi cette faveur accordée aux Nilotiques et Soudaniques de la haute vallée du Nil ?

 

 

Il n'est pas bien difficile de répondre à cette question quand on sait que l'indépendance du Sud-Soudan a été préparée depuis Washington et les salons de l'ONU et que le territoire qui formera l'Etat provisoirement nommé sud-Soudan renferme entre 70% et 85% des réserves pétrolières de l'ancien Soudan. On le sait-aussi, les gisements de pétrole ont tous étés partagés entre les plus grandes compagnies pétrolières de la planète et une fois de plus les populations locales n'auront qu'un rôle mineur dans l'exploitation des richesses de leur sous-sol. Donc une fois de plus, la "communauté internationale" ne vient pas sauvegarder la paix ou protéger les populations mais s'assurer le contrôle des ressources fossiles et minérales qui étaient en danger sous l'empire islamiste d'Omar El-Bechir.

Cette indépendance n'est pas un cadeau désintéressé, y voir de la charité serait d'une grande naïveté, d'autant plus que le Sud-Soudan sera comme les autres Etats d'Afrique Noire à quelques exceptions près un pays très pauvre, multi-ethnique donc sans consensus ni instinct de survie national et dont le destin sera écrit dans les salons occidentaux. Quoi qu'il en soit, on peut se réjouir de voir un Etat néo-colonial démembré, quand bien même il est remplacé par un autre Etat-colonial cette indépendance pourrait bien créer un véritable appel d'air sur l'ensemble du continent provoquant un regain de détermination dans les mouvements séparatistes ethniques luttant pour l'indépendance de leur ethnie

 

source: Noir, Fier et Conscient

Publié dans Economie-Politique

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