Lettre ouverte à la jeunesse de la République du Kongo-Kinshasa - par Mufoncol Tshiyoyo

Publié le par Munsa Nzinga Kandombe

 


 
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Mufoncol Tshiyoyo

 

 

 

Comment devrions-nous transformer notre colère à autre chose qui ne peut ni se ramener aux marches de colère, ni aux sit-in devant les ambassades et autres institutions « internationales », ni non plus se résumer à l’écriture des simples pétitions sans lendemain aucun ni encore moins à la production des écrits dont les thèmes seraient étrangers à l’objet de ce qui constitue notre colère, c’est-à-dire l’occupation de notre terre par des forces extérieures qui assujettissent nos mères, pères, frères, soeurs, militaires, ouvriers, paysans, chômeurs, élites et masse.

Le juge Raymond Poaty, principal personnage dans le Roman Ces fruits si doux de l’arbre à pain, pouvant être considéré comme le testament politique de Tchicaya U Tam’si, écrivain congolais d’en face, louait ce que l’auteur nomme « l’esprit de révolte des jeunes ». Ce juge approuvait « hautement que les jeunes soient animés par l’esprit de révolte, tant il est certain qu’un jour leur colère sera un rempart sûr contre la montée des périls. Les vieux, [disait-il] s’essoufflent à courir sus aux prébendes. [Et] ils finissent par avoir l’âme molle des couards » (Tchicaya, 1987 :24-25).

Aimant le confort que procure la simplicité, et faute de créativité, les ainés entonnent comme et après leurs maîtres un chant devenu presque monotone, celui d’ « élections », de « démocratie », de « droits de l’homme », et d’autres parlent de « démocratie régionale » comme si l’absence de «démocratie et de tenue d’élections bloquaient ou causaient les différentes guerres d’agression que subit le Kongo, et lesquelles guerres ont fini par se traduire à l’occupation du pays. Comment et pourquoi ces ainés croient aux bobards auxquels ils se soumettent ? Le bruit répétitif serait-il tonitruant ? Et pendant ce temps, Paul Kagamé et les siens, des frères « Noirs » comme nous, portant la même couleur de peau que la nôtre, pillent, violent, tuent leurs propres frères au nom de ceux qui les instrumentalisent qui ont réussi à leur faire admettre qu’ils étaient des Tutsi, c’est-à-dire pas « Noirs », pas « frères », pas « africains », pas « voisins » de Bantous que semblons être…

«Plus de huit millions de morts ? Qui en parle ?» (Péan, 2010 : 9), Péan s’interroge dans Carnages Les guerres secrètes des grandes puissances en Afrique. Mais qui vous voulez qu’il puisse en parler si nous-mêmes, Kongolais, ne sommes pas en mesure de faire entendre notre voix différentielle là où elle devrait et doit être exprimée et respectée ? « Il ne viendrait pas, [affirme Alain Mabanckou dans Lettre à Jimmy], à l’idée de quiconque de demander au Juif d’être " non violent". Lorsqu’il bataille pour sa terre d’Israël, cet acte est salué comme un fait héroïque : " Comment voulez-vous que le Juif n’estime pas que le Noir [ici les Kongolais] mérite sa situation actuelle parce qu’il n’a jamais été assez héroïque ?" » (Mabanckou, 2007 : 121).

Pour justifier leur situation et condition de collabos, certains poussent notre jeunesse à comprendre Paul Kagamé, à pardonner et à oublier ses crimes au Kongo alors que ce sieur fait du « génocide rwandais » son fonds de commerce. Pour ceux-là, la « démocratie » signifierait que celui que l’on appelle couramment «Joseph Kabila» par la «communauté internationale» a pris «le pouvoir et que les [Kongolais, balinga, balinga te] doivent bien s’en accommoder» (Alinsky, 1971 :76).

La voie n’est ni électorale, ni démocratique, le Kongo de nos aïeux doit s’arracher par « le sang, la sueur, les pleurs ». C’est pour des raisons pédagogique et historique. « Dans la vie de toute nation, il vient un moment où il ne reste que deux choix : se soumettre ou combattre. Ce moment est arrivé », (Mandela, 1995 : 298). Et nous avons choisi notre camp : combattre pour le Kongo.
Nous lançons un vibrant appel à tous les chefs coutumiers du Kongo, détenteurs du vrai pouvoir, de donner les meilleurs de leurs garçons et filles en âge de combat, les meilleurs de leur sang, car la libération du Kongo est l’affaire de toutes les ethnies composant cet immense territoire de 2 345 000 km2. Nous allons récupérer le Kivu par la force et par notre sang pour que nos voisins comprennent une fois pour toute que plus jamais la répétition de l’humiliation que notre peuple a subit au Kivu. L’histoire semble se répéter. Et comme en 1964, la bataille du Kivu déterminera le contrôle de pouvoir à Kinshasa.

A l’instar de Laurent Gbagbo, nous chantons Soundjata Keita «SA KAFOU SAA MALEE» LA MORT VAUT MIEUX QUE LE DESHONNHEUR.
Likambo ya mabele, eza likambo ya makila

Mufoncol Tshiyoyo
Président du Rassemblement pour l’Alternative Politique en RDC,
R.A.P., Mouvement politico-militaire
mufoncol_tshiyoyo@yahoo.com, mufoncol.tshiyoyo@rap-rdc.com
GSM 004745007236

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