Théophile Obenga, Le sens de la lutte contre l’africanisme eurocentriste : Extraits

Publié le par Munsa Nzinga Kandombe

 

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« Les africanistes doivent réaliser, même si c’est douloureux pour eux, qu’ils ont perdu tout pouvoir et tout contrôle sur les élites africaines pourtant éduquées et formées par eux. C’est ainsi la vie. Il faut s’y faire.
Nous combattons le diktat intellectuel, l’hégémonie culturelle, l’arrogance humaine des africanistes, qui ne connaissent pas plus l’Afrique et ses problèmes que les Africains eux-mêmes. Nous combattons le sentiment de supériorité des africanistes, éternels donneurs de leçons. Surtout, leur racisme, apparent ou caché.
 
Nous refusons catégoriquement les qualificatifs de mépris, de dédain, de non-respect que les africanistes ne cessent d’inventer pour les coller, par la force, à notre existence : hier « primitives », aujourd’hui « afrocentrisme ». La dignité africaine demande de parler de « Panafricanisme », d’ « Unité africaine », de « Renaissance africaine », sans caricature. Ce sont des idéaux, des objectifs politiques, économiques, culturels, historiques jugés bons et nécessaires par nous et pour nous. […]
 
C’est ce racisme viscéral que nous combattons, pour le triomphe du respect mutuel, de la dignité humaine et de la coopération fructueuse. Nous devons avancer, et non ressasser, à longueur d’années, les vieux clichés de l’anthropologie coloniale, les images mentales des époques de la traite négrière pratiquée par toutes les philosophies, toutes les religions et toutes les nations européennes.
La vérité triomphera et, avec elle, ce sera la fin des arrières-mondes africanistes. L’homme faible ne reviendra plus, en plein midi, tel un zombie éprouvé. » 

Théophile Obenga, Le sens de la lutte contre l’africanisme eurocentriste, page 107 et 112. Éditions Khepera / L’Harmattan, 2001.
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" The Africanists have to realize, even if it aches for them, even if they lost any power and any control over the African elites nevertheless educated and trained by them. It is so the life. It is necessary to be made there.
We fight the intellectual diktat, the cultural hegemony, the human arrogance of the Africanists, who do not know more Africa and its problems than Africans themselves. We fight the feeling of superiority of the Africanists, eternal sermonizers. Especially, their racism, visible or hidden.

We refuse categorically the qualifiers of contempt, disdain, failure to respect which the Africanists stop inventing to stick them, by the strength, on our existence: yesterday "primitive", today "afrocentrism". The African dignity asks to speak about "Pan-Africanism", about " African Unity ", about the African Renaissance ", without caricature. They are ideals, seen fit and necessary political, economic, cultural, historic objectives by us and for us. [...]

It is this visceral racism that we fight, for the triumph of the mutual respect, some human dignity and the fruitful cooperation. We have to move forward, and not keep rehearsing, for years, the old pictures of the colonial anthropology, the mental images of the periods of the slave trade practised by all the philosophies, all the religions and all the European nations.
The truth will triumph and, with her, it will be the end of the rear-worlds Africanists. The weak man will not return any more, at midday, such a proven zombie. " 

Théophile Obenga, Sense of the fight against the eurocentrist africanism, page 107 and 112. Publishing Khepera / Harmattan, on 2001.


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